La révolte

La révolte
  • Théâtre Les Déchargeurs
  • 3, rue des Déchargeurs
  • 75001 Paris
  • Chatelet (l.1, l.4, l.7, l.11, l.14)
Itinéraire
Billets de 10,00 à 26,00
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Il y a des heures où tient toute la vie et qui sonnent tous les adieux !

Élisabeth, femme du banquier Félix, tient les comptes depuis plus de quatre ans.

Un soir, celle qui a triplé dans l’ombre la fortune de son mari lui crie sa révolte, pour la première et la dernière fois. Elle quitte son mari, le laissant stupéfait d’être abandonné.

Elle part vivre enfin selon ses principes. Pourtant, quatre heures plus tard, elle revient, anéantie par l’impossibilité de suivre l’idéal auquel elle croyait.

 

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10 déc. 2017
7,5/10
13 0
La révolte
1870
Élisabeth et son époux ne vivent et ne travaillent que pour faire augmenter leur capital.
Élisabeth va prendre conscience qu'il y a autre chose que l'appât du gain dans la vie.
Elle va se révolter pour retrouver sa liberté et vivre ses idéaux mais son éducation, ses principes, son époque nous sommes en 1870 vont mettre un frein à cette résolution.

C'est un peu dépassé 150 ans plus tard où beaucoup de femmes s'assument et qui refusent l'assujetissement à leur époux.

Toutefois Dimitri Storoge et Maude Wyler sont émouvants et nous font re-découvrir la magnifique écriture de Villiers de l'isle Adam.

C'est un moment de plaisir.
3 déc. 2017
7,5/10
23 0
Subir c’est renoncer à soi jour après jour. Telle est la leçon à tirer de cette pièce très bien interprétée par Maud Wyler et Dimitri Storoge.

Écrite par Villiers de l’isle Adam, elle fait encore écho de nos jours. Elisabeth, consciencieuse dans son travail, est l’épouse de Félix dont elle a triplé la fortune en 4 ans de vie commune. Ce soir, elle crie sa révolte, sa rage d’avoir accepter cette vie et son espoir de se retrouver. Prête à laisser enfant et argent, Elisabeth explique sa souffrance à son mari choqué, qui ne prend pas conscience de la douleur de cette dernière, convaincu qu’il est le mari idéal et sans reproche. Rattrapée par son passé, sa vie, effrayée par l’inconnu « le possible » Elisabeth pars puis revient....

Cette pièce traduit le poids de l’éducation, de nos choix, la difficulté d’être une femme bourgeoise mais surtout une femme.
16 nov. 2017
7/10
17 0
« La révolte »... aguiché par la présence de la lumineuse Maud Wyler, déjà appréciée, notamment, dans le Cyrano avec Philippe Torreton et surtout dans le film « Deux automnes trois hivers » avec un certain Vincent Macaigne.

A entendre le texte de la pièce, il ne parait pas qu’il date de la fin du XIXe siècle, tellement la langue et le propos (l’émancipation), sont actuels. Avec une économie de moyens et d’effets, la mise en scène donne la part belle aux deux acteurs émérites : la salle Vicky Messica du théâtre des Déchargeurs permet d’être au plus près d’eux et de guetter chacune de leurs expressions et de leurs respirations avec la confirmation du talent de Maud Wyler, juste et captivante.

« Que deviennent nos rêves devant cette bonne vieille réalité ? » : une phrase qui résonne encore dans ma tête et me fait frissonner (il faudrait également que j’augmente la température de mon chauffage électrique).
8 nov. 2017
8/10
24 0
Elisabeth entre dans la pièce, elle est vêtue d’un tailleur sobre, d’une jolie blouse, mais rien de superflu, elle semble bien grave, s’assied à un bureau design. Félix son mari la suit, lit son journal, se sert un verre. Elisabeth l’observe mais continue son travail d’écriture.

Félix est content, grâce à sa femme, sa fortune augmente, il est très satisfait de sa « comptable » ! Quitte à ne pas avoir d’états d’âme envers les plus faibles. Depuis quatre ans, elle tient les comptes, et point d’orgue lui a donné une délicieuse petite fille ! Il songe à leur vie mondaine, ils pourraient en effet sortir au théâtre, rire un peu, mais pas n’importe quoi bien sûr.

Elisabeth sans broncher, fait signer les papiers, puis demande à son mari un moment d’attention. Il n’en revient pas, elle veut partir, quitter leur foyer, leur enfant. Pourquoi ?

Il la secoue, elle argumente tout ce qu’elle a dans le cœur et l’esprit. Il en est estomaqué, comment peut elle réagir de cette façon, en plus il n’aurait plus de comptable pour gérer la fortune ! c’est trop, mais Elisabeth est déterminée, elle veut reprendre sa liberté, de toutes façons elle n’a jamais aimé Félix, elle a été mariée, c’est tout.

Elisabeth partie, Félix s’effondre, et tout son monde avec lui. Avec le départ d’Elisabeth il aura pris conscience de son attitude, mais aussi de l’emprise de son éducation. Il a été élevé ainsi et ne comprend pas ce qui lui arrive.

Pourtant elle reviendra, par manque de courage, peur de l’inconnu.

La mise en scène très recherchée de Salomé Broussky, l’interprétation étonnante et au sommet de Maud Wyler, au bord de la crise de nerfs, Dimitri Storoge n’est pas en reste, il a le mauvais rôle mais on a pitié de lui.

Une excellente adaptation d’une pièce qui fit scandale à sa sortie et on comprend pourquoi.
En cette fin de 19ème siècle, Villiers de l’Isle-Adam étonne avec cette pièce LA RÉVOLTE, tant il éperonne la bourgeoisie quiète et repue de ses certitudes.

Créé et joué cinq fois seulement en 1869, ce drame bourgeois dénonce avec force et cynisme la domination masculine, le patriarcat liberticide au sein de la famille qui maintient sous son joug femmes et enfants et la prédominance de l’argent dans la réussite sociale, familiale et personnelle.

Élisabeth, l’épouse de Félix, soumise jusqu’alors à sa condition va suspendre tout à coup son destin le temps d’une conversation suivie du départ du logis et de son retour quelques heures après.

Cette révolte, cette rupture, cette désillusion d’une femme touchant l’émancipation du bout des doigts, caressant la liberté pour s’approcher du bonheur, nous laissent cois et frustrés. Nous aurions tant voulu qu’elle ne revienne pas.

Idéaliste de la première heure, Villiers de l’Isle-Adam écrit ici un texte ciselé, incisif et percutant. La froide démonstration de l’injustice dans l’inégalité de la condition féminine face à l’homme, au droit et aux habitus, est criante de vérité et résonne aujourd’hui encore avec acuité. Il dépeint chez ses personnages les émotions derrière leurs postures, décrivant d’une ironie noire les empêchements implacables et les renoncements meurtris. Le symbolisme de son écriture laisse poindre le rêve exalté, le désir de liberté et le droit au bonheur, nous faisant espérer en vain un autre avenir pour Élisabeth.

La rébellion de l’épouse cingle le mari, dans un apparent respect des convenances d’une relation polie et policée, dénuée d’amour. La révolte de la « femme » porte l’espoir pour toutes celles qui ont combattu et combattent pour vivre libres. Élisabeth nous fait espérer par son départ l’exemple, l’exception, la nouvelle chance. Élisabeth nous montre par son retour, malheureuse et soumisse à nouveau, la puissance de la morale et le poids de l’éducation qui rendent difficiles la résistance et le combat.

La mise en scène de Salomé Broussky donne à la représentation du texte toute sa force, centrant notre attention sur les personnages, leur déroute, leur errance et leur insupportable retour dans le rang.

Dimitri Storoge joue Félix avec une étonnante soumission en forme de faiblesse, nous éloignant de l’époux dominateur attendu par le passé du couple et la situation de rupture.

Maud Wyler joue Élisabeth avec un adroit froid glaçant, à l’aune de la détermination de cette femme rebelle mais privée des forces nécessaires. Les rêves d’illusions se voient dans ses yeux. La tension qui monte est palpable, son émotion rentrée dans le renoncement se lit dans son corps jamais relâché.

Un beau texte qui surprend par sa force, l’espérance qu’il transporte et sa résonance aujourd’hui.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor