La réunification des deux Corées (MC93)

La réunification des deux Corées (MC93)
De Joël Pommerat
  • MC93, Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
  • 9 Boulevard Lénine
  • 93000 Bobigny
  • Bobigny - Pablo Picasso (l.5)
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Invité par l’Institut Français à travailler avec les acteurs de la compagnie Theaterworks à Singapour, Jacques Vincey choisit La Réunification des deux Corées de Joël Pommerat, une pièce tragicomique qui décline la thématique la plus universelle qui soit : l’amour.

En montant le texte en anglais, avec des interprètes aux origines chinoises, malaises et indiennes, Jacques Vincey donne une nouvelle résonance aux mots de Joël Pommerat.

Qu’est-ce qui nous rassemble et qu’est-ce qui nous différencie dans notre besoin d’amour, ici et là ?

Combinant raffinement de l’épure et goût du baroque, il explore les vertiges de cette déchirure originelle qui nous pousse, partout dans le monde, les uns vers les autres, en quête d’une réunification consolatrice.

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29 nov. 2018
9/10
32 0
The reunification of the two Koreas is not obvious !
Finally like Taxes and Love. Too !
That's the Pommerat's Philosophy...

La réunification des deux Corées, c'est un peu comme la fin des contributions directes et l'Amour.
C'est un truc qui ne va pas de soi...

Joël Pommerat nous démontre brillamment ce postulat, et ce depuis cinq ans maintenant, depuis la création de cette pièce aux Ateliers Berthier.

Suite à une proposition faite par le directeur artistique de la troupe TheatreWorks, basée à Singapour, Jacques Vincey, par ailleurs Directeur du CDN de Tours, a créé là-bas cette version en Anglais.

Les vingt séquences de la pièce ont donc été traduites par Marc Golberg, (un sacré boulot pour restituer la langue si particulière de l'auteur...), à qui j'ai posé la question suivante : est-ce que la traduction française de la traduction anglaise, pour les sur-titres, « retombe » sur le texte initial de Pommerat ?

A son grand regret, il m'a répondu par la négative, me précisant que paradoxalement, ceci ne gênait pas du tout l'auteur. Donc, tout va bien...

Neuf comédiens de plusieurs nationalités (chinoise, indienne, malaise) interprètent les quelque cinquante-deux personnages de l'œuvre, répartis dans ces vingt séquences.
Ces petits morceaux de vie nous proposent magistralement de constater que l'amour, ça ne va pas de soi.

Parfois drôles, hilarants, même, parfois graves, ces instantanés démontrent le besoin et les difficultés associées qui poussent des êtres les uns vers les autres, à la recherche d'une hypothétique réunification.

Comment se plonger d'un point de vue dramaturgique dans une autre réalité géographique, culturelle et linguistique ?
Comment oublier et faire oublier aux spectateurs la version française, et notamment celle de la création, en 2013 ?
Tel est le défi relevé haut la main par le metteur en scène.

Ici, toutes les différentes actions vont se dérouler sur un véritable tatami bleu, un lieu de « lutte » amoureuse, un espace de « combat » relationnel.

Les comédiens nous attendent assis au lointain, dans l'ombre, les garçons en marcel blanc, les filles en caraco de la même couleur.
Des comédiens en tenue « virginale », que Jacques Vincey va pouvoir modeler à sa guise.

Ils se changeront eux-mêmes, abandonnant autour du « ring » leur costume une fois chaque séquence terminée. Comme une mue dramaturgique.

On rit, on vibre, on frémit, on est bouleversé. C'est parfois surréaliste, étrange ou absurde.

L'amour quoi...

Souvent, chaque scène comporte une fin ouverte. A nous de faire le boulot pour imaginer la fin, visualiser la suite ou penser à ce qui va arriver aux personnages.

Tous les comédiens sont excellents, et ce dans tous les registres.
J'ai néanmoins eu une petite préférence pour Ebi Shankara, souvent hilarant, dépassé par les événements, et Zelda Tatiana NG, stupéfiante de présence scénique et de charisme.
Mais tous accrochent de bien belle manière le public.
Il me faut également mentionner Alexandre Meyer à la guitare, qui accompagne subtilement tout ceci. De plus, c'est lui qui d'un coup de mailloche sonore et très amplifié, annonce la fin de chaque séquence.

Et si la réunification avait bien lieu ?
C'est ce que la fin du spectacle nous suggère en fin de compte, par le biais d'une très jolie scène, à la fois simple, émouvante et très marquante.
Et s'il ne fallait pas désespérer de l'amour ?

Cette Réunification a un double mérite : comme la version française, elle nous tend un impitoyable miroir (impossible de ne pas se projeter dans ce qui est dit ou montré, impossible de ne pas se reconnaître ou penser à des événements vécus par des proches ou des amis), tout en nous donnant la singulière impression de redécouvrir la pièce.

C'est un spectacle de très belle facture qui nous est proposé à la MC 93, pour hélas très peu de représentations...
Une réunification réussie de Bobigny et de Singapour, en quelque sorte...
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor