La peau d'Élisa

La peau d'Élisa
De Carole Fréchette
  • Manufacture des Abbesses
  • 7, rue Véron
  • 75018 Paris
  • Blanche (l.2)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment
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« Je suis la jupe qui colle a la peau, je suis la peau sous la jupe, je suis la bretelle qui glisse sur l’epaule, je suis l’epaule soyeuse sous le coton, je suis les cheveux fous sur la nuque, je suis la nuque sous les doigts d’un homme ».

Une femme seule, assise devant nous. Avec delicatesse, elle raconte des histoires d’amour. Elle insiste avec minutie sur tous les details intimes : les mains moites, le souffle court, la peau qui fremit sous les doigts.

Elle parle avec febrilite, comme si elle etait en danger, comme si son cœur, sa vie, sa peau en dependaient. Peu a peu, elle revele ce qui la pousse a raconter et livre le secret insense qu’un jeune homme lui a confie, un jour, dans un cafe. 

 

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28 janv. 2018
9,5/10
19 0
La peau d’Elisa
De Carole Fréchette par Mama Prassinos
La scène est dépouillée juste un miroir dans lequel se reflète un banc et dans un coin une jeune femme qui nous interroge du regard, elle nous sourit, que veux t’elle nous dire?...
« Ah, oui »
« Ça s’est passé à ST Gilles quand je portais des pantalons péruviens et des ceintures larges avec des clochettes... »
« Les entendez-vous les clochettes » nous voici hypnotisés.
Elisa nous raconte des histoires d’amour avec élégance et douceur. Nous sommes happés. Nous partons en voyage dans des lieux et des endroits précis à la rencontre de Sigfried, Ginette, Jan, Anna…
C’est émouvant, drôle, plein de poésie.
« Il avait décapoté l’appartement, comme sa petite auto. Il m’a dit : C’est le ciel, je te le donne. »
Elisa dépeint avec sensualité et délicatesse, les premiers regards qui déclenchent des étincelles, les frissons qui transpercent le corps, le sang qui vous monte aux joues, le cœur qui s’emballe, l’odeur de l’autre qui vous émeut et la peau, cette peau que l’on a envie de caresser, ce corps que l’on a envie de posséder.
Mais Elisa vieillit, sa peau se flétrir, elle pleure… Elle rencontre un jeune homme qui lui confie un secret. Un magnifique secret d’amour.
C’est magnifique, Mama Prassinos est émouvante, elle nous envoute.
Julien Lecannellier est attachant et son secret nous émeut.
Je sors et je n’ai qu’une envie réentendre, relire, apprendre, ce texte de Carole Fréchette.
9/10
21 0
Élisa est déjà là, sur le plateau, digne et patiente. Le temps que nous nous installions, elle reste debout au fond, côté jardin, derrière un banc et proche d’un grand miroir. Il émane d’elle comme une empathie étrange. Un regard vif et placide à la fois, Des yeux qui balayent, une attitude un rien fébrile. Tout semble en hâte de commencer le moment de se confier, de nous dévoiler l’urgence de ses propos.

Puis tout à coup, elle s’exprime. Elle semble poursuivre la conversion avec nous, interlocuteurs complices et silencieux, avec qui elle s’entretenait et s’entretient encore comme si de rien n’était, comme si une interruption avait suspendu malencontreusement le fil de notre échange.

Élisa raconte sans cesse des émois d’amour, des débuts d’histoires ou des bribes qui reviennent par à-coup. Elle parle de Sigfried, d’Anna, de Jan, de Ginette, d’Edmond et d’autres sans doute, qui pourraient être nous. Elle nous fait tant ressentir ces contacts, ces vibrations ou ces attirances que nous les faisons nôtres, par truchement, par projection, par désir peut-être.

« …Si vous étiez une femme dans un café, une femme qui a peur pour sa peau, et si un jeune homme vous avait dit ce qu’il m’a dit, est-ce que vous l’auriez cru ? Non ? Moi, je suis sûr que oui… »

Quel est ce secret insensé confié dans un café ? Provient-il du fond de la mémoire troublée d'un passé ou du bord surnaturel d’un fantasme ? Peu importe d’où il vient et ce qu’il est car il emporte avec lui la poésie de la sensualité, celle du contact intime et impudique de l’abandon amoureux d’un rituel bienfaisant.

Carole Fréchette écrit ce texte en 1998, à partir d’un recueil d’histoires vraies, survenues il était une fois dans une ville précise. Son écriture nous cueille, l’interpellation permanente du spectateur captive. Elle sait nous emporter dans les choses simples d’un récit comme si elle nous le contait en confidence, cherchant que son écho nous parle. Une belle et précise écriture de l’intimité qui dévoile la sincérité des sentiments, de ses troubles comme de ses joies.

Mama Prassinos met en scène le spectacle et interprète magnifiquement Élisa, avec Julien Lecannellier dans le rôle du jeune homme aux apparitions sporadiques et bien jouées. Le jeu de Mama Prassinos est remarquable, dense et troublant. L’intensité puissante et délicate qu’elle met dans son personnage nous saisit, nous convainc et nous sourit. Des frissons d’amour nous traversent, légers ou pénétrants tant l’interprétation est incarnée et les émotions vraies.

Un très beau temps de théâtre, sensible et profond qui laissent nos désirs à nos pensées et nos souvenirs à nos rêves, les nourrissant avec délicatesse.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor