Marina Tome, La lune en plein jour

Marina Tome, La lune en plein jour
  • Théâtre de la Huchette
  • 23, rue de la Huchette
  • 75005 Paris
  • St-Michel (l.4, RER B et C)
Itinéraire
Billets de 22,00 à 40,00
À l'affiche du :
13 janvier 2020 au 6 avril 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 20:00
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La lune en plein jour est une ode à cette formidable et inépuisable capacité d’adaptation de l’être humain. J’écris pour trouver la réponse à une question mais depuis quelques temps je ne savais même plus quelle était la question…

Je savais juste que j’avais envie de revenir à mes projets, après avoir collaboré aux projets des autres pendant des années, je voulais revenir à des questionnements plus personnels.

Cultiver mon jardin intérieur. C’est en participant à un atelier d’écriture en langue espagnole, qui est ma langue maternelle puisque je viens d’Argentine, que j’ai commencé à écrire ce texte sans savoir au départ que ce serait un spectacle. Pourtant au fur et à mesure, l’idée d’en faire mon prochain spectacle s’est imposée. Impératif.

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28 janv. 2020
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« La lune en plein jour » de Marina Tomé mise en scène par Anouche Setbon au théâtre de La Huchette est une symphonie du nouveau monde, aux notes gracieuses, éclairée par une servante présente à la genèse et au crépuscule de ce conte.

Sur l’air d’une valse lente partie de Pologne, digne de Chopin, qui se transformera en tango argentin, Marina Tomé nous raconte la vie de sa lignée, où les générations se succèdent toujours avec cet appétit de savoir, de connaître les racines de ces voyages qui ont forgé la dynastie : de la Pologne à l’Argentine en passant par la France c’est un continuel va-et-vient à y perdre haleine, pour y gagner en vie.

Un texte qui n’est pas sans me faire penser à l’histoire que j’ai vue récemment avec « Les passagers de l’aube » ayant pour sujet l’EMI : l’expérience de la mort imminente.

C’est une miraculée qui ce soir sur scène nous dévoile avec pudeur l’intimité de sa vie, de son parcours, de sa reconstruction : son identité.
Un texte mettant aussi en exergue la résilience dont Boris Cyrulnik, fervent vulgarisateur, ne pourrait qu’être conquis : mettre des mots sur les épreuves pour en sortir vainqueur.

Renaître de sa souffrance, une souffrance à multiples tiroirs, celle de l’exil de sa famille fuyant les pogroms de la Pologne puis de la dictature militaire de l’Argentine, ou celle de cette adolescente qui se voyait, le temps d’une fraction de seconde, mourir à 17 ans dans un accident de mobylette.

La vie ne tient qu’à un fil, celui des rencontres, des mains qui se tendent pour surmonter les épreuves de la vie, celui de la chaleur humaine, celui de l’écoute, du partage.

Tout commence avec cette petite fille qui demande à sa maman de lui raconter, pour la énième fois, l’histoire de la famille, sans jamais se lasser de l’écouter. Et cette maman, le sourire aux lèvres qui ne la quittera jamais, accepte sans rechigner de partager encore et encore avec sa fille l’épopée familiale.
Une petite fille qui grandira entre la France, terre d’accueil, et l’Argentine, terre d’une langue souveraine, à la recherche d’un équilibre.
Les années passent laissant derrière elles des questions auxquelles les réponses viennent au détour des rencontres, des témoignages, construire le chemin de la renaissance.
La lumière de vie est au bout du tunnel même si son épiglotte lui joue régulièrement des tours depuis son accident et ponctue avec humour et poésie ce récit qui n’engendre pas la mélancolie : être positive avant tout, elle y travaille, elle y travaille.
Au-delà des « peutes » et « peutes » qu’elle rencontre, elle s’est fabriquée sa résilience pour avancer vers cette lune en plein jour : son ode à la vie.

Marina Tomé est une personne fondamentalement positive à l’énergie débordante. Elle à qui on avait dit qu’elle ne remarcherait plus après son accident…
Mais après de la rééducation et encore de la rééducation, elle a brisé le cercle infernal de l’immobilisation pour, dans une douce légèreté, courir et danser sur ses deux jambes : merci la vie !

Dans un décor d’Oria Puppo où les caisses en bois aux arêtes renforcées, signe de nombreux voyages, s’amoncellent sur les pas de Marina, les lumières de Jean-Luc Chanonat tour à tour crues, douces, plongent l’artiste dans un bain de confession libérateur.
Anouche Setbon a une fois de plus dans sa mise en scène extrait la sève du texte pour lui en révéler toute sa saveur et sa texture. Délicatement sur la musique attentionnée de Michel Winogradoff, elle conduit Marina Tomé sur les pas du parcours de sa résilience pour en effacer ses blessures.

Un seul en scène étonnant pour un vivifiant voyage sur les rives de la réconciliation avec la vie.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor