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La guerre des salamandres

La guerre des salamandres
  • Maison des Métallos
  • 94, rue Jean-Pierre-Timbaud
  • 75011 Paris
Itinéraire
Billets de 5,00 à 15,00
Evénement plus programmé pour le moment
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La Guerre des salamandres est une folle épopée (1935) de Karel Čapek – auteur tchèque connu aussi pour être l’inventeur du mot « robot ».

À la lisière de Jules Verne et de la science-fiction à la Orwell, le spectacle nous emmène à la rencontre d’étranges créatures aux qualités presque humaines, des salamandres, exploitées par l’Homme dans une économie mondialisée.

Entre récit et représentation, théâtre d’objets, marionnettes et théâtre forain, Robin Renucci nous immerge dans une aire de jeu pleine de vie et d’aventure, répondant au foisonnement du roman. Les sept acteurs des Tréteaux de France sont tour à tour comédiens, bruiteurs, chanteurs, et forment un choeur qui rythme la pièce tout en évoquant l'univers marin et les progrès des technologies.

Avec La Guerre des salamandres, Karel Čapek nous adresse avant l’heure un message écologique, une charge féroce contre la folie humaine d’un progrès sans limites où l’homme est prêt à sacrifier son environnement et son humanité pour son profit et sa mégalomanie.

Note rapide
7,8/10
pour 3 notes et 3 critiques
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1 critique
Note de 4 à 7
33%
2 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
27 oct. 2018
6,5/10
1 0
Robin Renucci et Samuel Poncet proposent une mise en scène très ingénieuse et réfléchie. Ils mélangent le théâtre d'objet, les ombres chinoises, les projections cinématographiques... donnant de la consistance à cette aventure singulière.

Les sept comédiens incarnent avec précision la quarantaine de personnages. Et lorsqu'il n'est pas sur scène et juste derrière le rideau de délimitation, il devient manipulateur de marionnettes, bruiteur, chanteur... Entre eux, on sent une connivence sincère qui les poussent à exceller dans leur rôle. Et le fait que des spectateurs étaient sur liste d'attente prouve que le bouche à oreille à bien fonctionner. Comment ne pas être émerveillé par cette scénographie avec ce plateau surélevé, formant une estrade. Au dessus, figure une énorme loupe qui selon les inclinations se transforme en lumière ou en écran. Et sous l'estrade, tiroirs, escaliers, fauteuils apparaissent au besoin de l'histoire.

Quelle élégance dans la précision des détails qui donne toute la force au spectacle.
21 oct. 2018
9/10
4 0
Jusqu’à présent, je n’avais vu ni mise en scène de Robin Renucci ni pièce des Tréteaux de France. J’entendais les critiques flatteuses à propos de cette Guerre des Salamandres. Je savais que c’était l’adaptation d’une pièce tchèque d’un auteur inconnu de moi, qu’il y avait un soupçon d’anticipation, mais je ne savais absolument pas à quoi m’attendre.

Je fus cueilli par cette pièce. Par son charme rétro-futuriste, par son propos très actuel (ma question est la suivante : y aurait pas des répliques ajoutées selon l’actualité ? Genre la phrase sur les journalistes ?), par l’inventivité de la mise en scène, de la scénographie et par cette troupe. Parlons de cette troupe. Je ne connaissais aucun des acteurs présents sur scène et ils se sont tous révélés exemplaires. On voit qu’ils maîtrisent leur sujet mais on constate surtout l’écoute et le coeur qu’ils y mettent. On ressent de la solidarité entre eux – ce qui devrait être la norme, soit dit en passant – et une envie commune et du plaisir.

La pièce m’a fait penser aux Naufragés du Fol Espoir par le Théâtre du Soleil. On y devine effectivement la filiation avec Jules Verne mais surtout cet esprit de troupe qui nous fait applaudir à tout rompre.
18 oct. 2018
9,5/10
40 0
Nous sommes tous des salamandres !

Les salamandres, c'est cette étrange espèce sous-marine découverte par la Capitaine Van Toch, du côté de l'île de Ta-Na-Ma-Sa.
Une espèce présentant des caractéristiques finalement pas si éloignées de l'espèce humaine.

Van Toch va présenter sa découverte au magnat Max Bondy, PDG d'un gigantesque trust à la fois mondial et tentaculaire.

Bondy, c'est un capitaine d'industrie sans scrupules, un représentant du capital mondialisé, allié aux politiciens complices.
Il n'aura de cesse d'exploiter cette espèce, l'asservir et la réduire en esclavage.

Bien entendu, la révolte et la guerre arriveront, provoquant des bouleversements géopolitiques puis une catastrophe planétaire aboutissant à l'extinction de la race humaine. Ni plus ni moins.

Tout ceci ne vous évoque rien ?

Ecrit en 1936, ce roman du Tchèque Karel Capek (celui-là même qui inventera le substantif « robot »), ce roman résonne furieusement avec l'actualité la plus brûlante.
Comment ne pas comparer cet asservissement des salamandres avec l'exploitation éhontée des ressources terrestres, le dérèglement climatique menant inéluctablement à la destruction de notre planète ?

Ce roman d'anticipation, cette œuvre de science-fiction, cette fable d'une terrible force prophétique est glaçante.

Evelyne Loew a adapté pour les Tréteaux de France ce livre pour en tirer une œuvre chorale dans laquelle sept (excellents comédiens) vont interpréter pas moins de trente-huit rôles.
Oui, vous avez bien lu, trente-huit personnages !

La mise en scène de Robin Renucci est basée sur une scénographie comportant trois pôles.
Une chaire, côté jardin, accueille l'auteur-narrateur, qui présente et fait avancer l'action.
Côté cour, un miniscule salon cosy, où trois personnages verront se concrétiser, impuissants, la catastrophe finale.
Au centre du plateau, un peu en retrait, une très grande table ronde, qui sert également d'estrade. Comme une scène elle-même sur le plateau.

Cette table ronde accueillera notamment une pathétique conférence des nations, impuissantes à réagir.

Au dessus de cette table, est suspendu un grand disque mobile qui servira parfois d'écran, sur lequel seront diffusées des images d'inondations qui ne sont pas sans évoquer les terribles scènes vues ces jours-ci en boucle sur les chaînes d'info plus ou moins continue.

Renucci a demandé énormément à ses comédiens. Les sept n'arrêtent pas !
Multipliant les interprétations, les changements-éclair de costumes (coup de chapeau aux habilleuses en coulisse,) et les nombreuses entrées-sorties, ils réalisent un impressionnant travail scénique.
Quel boulot, quelle énergie !
Il faut d'ailleurs parfois se pincer pour réaliser qu'il n'y a pas véritablement trente-huit comédiens sur scène.

Tous vont nous faire beaucoup rire, un rire qui deviendra de plus en plus jaune !

Le metteur en scène a parfaitement rendu crédible la progression du drame qui se joue, en rendant les personnages complètement dépassés. Les acteurs excellent à nous dépeindre la fatalité programmée, ainsi que la complicité plus ou moins sciemment assumée.

Il faut au passage mentionner les splendides costumes et les perruques très années 30 de Jean-Bernard Scotto. Là aussi, de la belle ouvrage.

Le théâtre politique (au sens noble du terme) qu'affectionne la compagnie des Tréteaux de France fait une nouvelle fois mouche.
On ne pourra pas dire que nous n'étions pas prévenus !

Ah ! Une dernière chose...
Les salamandres, on ne les verra jamais. Ou plus exactement, nous ne les verrons que trop.
Les salamandres, c'est nous, les spectateurs, éclairés dans les moments cruciaux par une lumière noire nous rendant fantômatiques.
Le parti-pris fonctionne à la perfection.

Au sortir de la Maison des Métallos, personne n'en mène large.
Le message prophétique et apocalyptique est bien compris.

C'est un important spectacle qu'il faut aller voir, et qu'il faudrait faire voire à bien des responsables politiques.
Comprenne qui veut, comprenne qui peut !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor