La fonction de l'orgasme

La fonction de l'orgasme
  • Théâtre de la Reine Blanche
  • 2bis, Passage Ruelle
  • 75018 Paris
  • La Chapelle (l.2)
Itinéraire
Billets à 25,00
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

À partir des théories de Wilhelm Reich, grand psychanalyste et agitateur d'idées, Constance Larrieu, Didier Girauldon et Jonathan Michel inventent un spectacle en forme de revue comique et intrigante.

Techniques, schémas, textes théoriques sont agrémentés de témoignages de sexologues, de psychanalyste et... d'un gigolo.

On étudiera la dimension biologique, sociologique, psychologique et fonctionnelle de l'orgasme.
On en mesurera les effets positifs, on cherchera des preuves, on évaluera sa capacité d'épanouissement. 
Mais ce gai savoir ne reste pas longtemps théorique, la conférencière, seule en scène, devient cobaye. 

Et par-delà le thème, c'est une personne qu'on va suivre, une créatrice qui nous fait vivre les joies et les difficultés de son entreprise... à la recherche du plaisir théâtral.

Note rapide
6,8/10
pour 3 notes et 3 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
2 critiques
Note de 4 à 7
67%
1 critique
Note de 8 à 10
33%
Toutes les critiques
14 mai 2019
7/10
2 0
Un petit bijou de spectacle, une comédienne seule en scène pour une exégèse de l'orgasme, basée sur le livre, écrit en 1927, du psychanalyste Wilhem Reich, élève de Freud et dissident des dogmes du maître. Beaucoup d'humour entre la conférence, le documentaire, la fiction théâtrale et la performance. Il s'agit d'une expérience portant sur l'envie de transmettre une réflexion éminemment positive et humaniste...
8 mai 2019
6,5/10
3 0
Constance Larrieu décide de se lancer dans un défi de taille : faire découvrir l'homme, son oeuvre et ce que nous savons sur l'orgasme de nos jours.

Les non-spécialistes ne connaissent pas le nom de Wilhelm Reich. Très vite la comédienne nous prévient de son objectif de spectacle : "il faut que cela soit jouissif". L'orgasme c'est l'affaire de tous et de toutes. "On est toutes des bombes. Il faut juste trouver le détonateur". Voilà, elle a mis le public en de bonne condition avec une dose d'humour. "Nous sommes tous ici pour parler de l'orgasme".

Avec sérieux, folie et bonne humeur, elle nous plonge dans une pseudo-conférence avec des références scientifiques et des témoignages, garants de la véracité des dires. Mais cela n'empêche pas de mettre de l'extravagance pour bien illustrer ces propos. Quoi de plus naturel d'être dans une tenue moulante pour parler sur une musique très sensuelle du déroulement d'un acte sexuel ou de montrer une orgie de ballons! Attention, c'est chaud.

Un spectacle en trois parties où se mélangent les projections, les costumes, les quelques accessoires et tout cela sur une peau de bête à poil et un petit support pour s'asseoir. La compagnie Jabberwock qui trouve un équilibre assez juste entre les références à l'oeuvre et notre société actuelle. Le plaisir et l'orgasme est possible à tous. Les freins à ce plaisir sont nombreux et pas insurmontable. Pour cela, il faut que chacun puisse s'épanouir, se sentir bien, lâcher prise et avoir confiance dans l'autre. Un beau message d'espoir que prend à coeur la compagnie.

La fin se termine dans une ambiance enfumée avec Constance Larrieu levant le bras avec un néon de couleur. Elle indique le chemin à suivre avec conviction, force, revendication et jouissance. Sans jamais tomber dans la vulgarité ou le racolage facile.
8 mai 2019
9,5/10
27 0
Si l'on m'avait dit un jour que ma cuirasse caractérielle (ai-je seulement jamais su que j'en possédais une...), si l'on m'avait dit que cette cuirasse-là serait mise en avant devant tous les spectateurs d'un très remarquable spectacle à la Reine-Blanche !

La "cuirasse caractérielle", c'est l'un des nombreux termes qu'utilise le psychanalyste Wilhelm Reich, assistant d'un certain Sigmund Freud, dans son ouvrage paru en 1927, « La fonction de l'orgasme ».
Cette somme scientifique a été adaptée sur scène pendant une heure et quart par Constance Larrieu, avec Didier Girauldon et Jonathan Michel, les membres de la compagnie Jabberwock.

Ce qu'elle nous propose est un véritable tour de force, une performance artistique.
Un spectacle « scientifico-philosophico-politico-humoristique » !
Une pseudo-conférence consacrée à ce sujet d'importance qu'est l'orgasme.

Le ton est donné dès notre arrivée dans la salle, avec projetés au lointain des éléments d'études récentes qui prouvent que le fait de connaître de multiples orgasmes est très bénéfique pour la santé mentale et physique des individus.
Puis, un petit film noir et blanc très drôle nous montre la comédienne nous présentant la genèse de son projet.

A l'issue de cette projection, la conférencière arrive sur scène, pantalon/tailleur orange, chignon sévère, et s'installe sur un petit podium-escalier bleu de trois marches.
La conférence commence.

Où est le théâtre là-dedans, me direz-vous ?
Il est omniprésent.
Notamment dans le décalage entre le texte scientifique assez austère, parfois un peu ardu, et la façon dont nous le dit Melle Larrieu.

D'une façon subtile, espiègle, maligne, avec des regards en dessous, un sourcil qui se lève parfois, est elle absolument drôlissime.
Jamais graveleuse, jamais pesante, bien au contraire, elle dit certes les choses, appelant un clitoris un clitoris, un pénis un pénis, mais avec un ton léger, parfois badin, clair, compréhensible et très spirituel.

La comédienne possède une sacrée vis comica.
La suite du spectacle va nous le prouver, avec une scène d'anthologie.
Dans un slow langoureux, sous des lumières de boîte de nuit, elle va nous détailler d'une voix très sensuelle, avec des poses suggestives, la courbe scientifique de la montée du plaisir.
La courbe et le slow suivent la même progression, le décalage entre le fond et la forme est jubilatoire !

Nous aurons droit également à des interviews, avec en particulier un psychanalyste, une thérapeute, un professeur de médecine qui nous fait bien rire avec son franc-parler, tous concernés par le sujet.
Sans oublier un certain spécialiste de l'orgasme. Je vous laisse découvrir, mais ce que fait la comédienne de son témoignage et des courriels échangés entre eux est absolument hilarant !

Deux « cobayes » sont pris à partie de façon à la fois judicieuse, drôle et très bon enfant. (Ma cuirasse caractérielle, donc...)
La pornographie est également abordée de manière on ne peut plus intelligente, avec une autre petite vidéo hilarante.

Et puis la dernière partie sera politique.
Parce que le sujet l'est éminemment, politique.
Constance Larrieu rappelle, un sabre laser à la main, que l'orgasme et le plaisir sexuel avec sa recherche associée font peur à beaucoup d'hommes, ce qui conduit dans certaines cultures à la volonté et à la pratique d'asservissement total des femmes.

Cette angoisse conduit également à bien des dictatures et bien des fascismes, nous prouve-t-elle.
D'ailleurs, entre parenthèses, la livre de Reich fut interdit par le pouvoir nazi.
D'ailleurs, la page Facebook du spectacle fut quant à elle censurée très récemment. Si si, je vous assure !

On l'aura compris, ce sujet n'est pas anodin. La comédienne nous prouve que seule la conscience du vivant, et au passage une vraie éducation sexuelle mais aussi sensuelle, permettrait probablement de nous prémunir contre ces formes d'autoritarismes absolutistes.

Le message est à la fois sain, salutaire et pédagogique.

Il faut absolument aller découvrir ce spectacle à la Reine-Blanche, ce lieu qui associe Théâtre et Science.
Constance Larrieu nous instruit, nous amuse énormément et nous fait réfléchir.
C'est un moment de théâtre qui fait vraiment du bien.
Les applaudissements sont nombreux, les « bravo » fusent !
Un spectacle jouissif !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor