• Classique
  • Théâtre 14 Jean-Marie Serreau
  • Paris 14ème

La double inconstance

La double inconstance
De Marivaux
Mis en scène par Philippe Calvario
Avec Guillaume Sentou
  • Guillaume Sentou
  • Philippe Calvario
  • Roger Contebardo
  • Sophie Tellier
  • Luc-Emmanuel Betton
  • Maud Forget
  • Alexiane Torres
  • Théâtre 14 Jean-Marie Serreau
  • 20, Avenue Marc Sangnier
  • 75014 Paris
  • Porte de Vanves (l.13)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 25,00
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Tout avait commencé par un pacte d’amour. 

Deux amants, Sylvia et Arlequin voulaient protéger leur passion. Mais le jeune prince, cousin éloigné d’Edouard aux mains d’argent, tombe fou amoureux de Sylvia.

La loi de son pays interdit de la prendre par la force, alors avec l’aide de trois complices : Flaminia, Trivelin et Lisette ; il met en place un jeu dangereux pour la séparer d’Arlequin pour toujours.  « Ne songeons qu’à détruire l’amour de Silvia pour Arlequin » prononce Flaminia au début de la pièce. 

S’engage alors un véritable stratagème qui va conduire à une double inconstance : celle de Sylvia pour le prince et celle d’Arlequin pour Flaminia. 

On pense aux liaisons dangereuses : Flaminia en Merteuil complice et le Prince en Valmont mélancolique. 

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La critique de la rédaction : 7.5/10. Un très beau classique.

Le Prince veut conquérir le cœur de Sylvia mais cette dernière aime Arlequin. Son amour va pourtant être mis à mal par l’intelligence, la ruse et les manœuvres de Flaminia.

Malgré quelques passages bavards, le texte de Marivaux est savoureux, plein de bons mots, d'une fine analyse de la nature humaine. Il parle de la vanité, de l’inconstance des sentiments, de manipulation avec beaucoup de justesse.

Le décor et les lumières donnent du cachet. La mise en scène apporte elle de l’originalité, quelques petites surprises à la pièce.

Nous avons aimé le jeu des acteurs, particulièrement celui de Guillaume Sentou avec ses acrobaties et son énergie.

Une belle façon de découvrir l’œuvre de Marivaux !

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3 critiques
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Toutes les critiques
5 avr. 2019
8/10
3 0
« La double inconstance » de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux dans une mise en scène de Philippe Calvario au théâtre 14 : fichtre, diantre, un Marivaux drôlement troussé dans un éclairage végétal à la tragédie naissante.

Dans une musique qui aura tout au long de la pièce son importance, une musique qui servira de tempo à tous ces désirs, ces passions qui se dessinent tout au long de cette journée découpée en trois actes ; l’héroïne de cette comédie, si l’on peut l’appeler ainsi, Sylvia, apparaît dans un fracas qui nous sort de cette douceur qui se mettait en place.
Sylvia au cœur pur, amoureuse d’Arlequin, est retenue dans le palais du Prince, qui l’a fait enlever pour l’épouser. L’officier du palais, Trivelin, tente de la convaincre du bien fondé du désir du Prince. Mais cette dernière n’a que faire de sa demande, elle ne le connaît pas et aime Arlequin. Elle ne veut voir que son amour : Arlequin.
Devant tant d’obstination, Flaminia au service du Prince, avec ses poches remplies de stratagèmes, envoie sa sœur Lisette pour séduire Arlequin, mais elle échoue lamentablement.
C’est donc Flaminia qui va tenter de séduire Arlequin pour le détourner de son amoureuse Sylvia et détruire leur relation fusionnelle.
Mais entre-temps la situation se complique, puisque le Prince, s’étant fait passer pour un simple officier, aura réussi à séduire Sylvia qui ne sera pas restée indifférente à ses charmes. Mais jusqu’à quand cette ruse restera cachée, car si le Prince souhaite réellement épouser Sylvia, il faudra bien un jour se découvrir.

Ici règne dans ce palais, le royaume de la manipulation : le Prince via Flaminia, Lisette et Trivelin n’a qu’un seul but, détourner Sylvia d’Arlequin et réciproquement. Seule Flaminia dont les ruses n’ont plus de secret pour ces intrigues de palais réussit dans son entreprise. Trivelin est complètement dépassé par les évènements ou aveuglé par son amour pour Flaminia.
Quant à Lisette, la pin-up des temps modernes, elle est à cent lieues de posséder les stratagèmes pour réussir dans une telle aventure.

Deux mondes s’opposent, symbolisés par ce décor à deux niveaux.
Celui du monde rural, pauvre, paysan, en bas de l’estrade, sur le sol, avec Sylvia et Arlequin à qui on peut faire miroiter beaucoup de plaisirs et celui de la cour, où la corruption, la coquetterie et l’argent sont les moteurs d’une vie instable, perché sur une estrade avec en prolongement un mur végétal rempli de lierre aux accents de serpents, symboles du péché, complice de ces intrigues.

L’amour éternel en opposition à l’amour éphémère, un couple uni qui séparé en donne deux. Une inconstance amoureuse qui se double, d’où le titre.
Une pièce qui se veut être une comédie mais qui dans les mains de Philippe Calvario prend une couleur qui tend vers une noirceur, une gravité, comme dans un conte fantastique.

Posséder ce que l’on n’a pas, user de tous les subterfuges pour arriver à ses fins : mais une fois arrivés au but, sommes-nous satisfaits ? Ne voulons-nous pas toujours plus ? Une course qui devient une obsession dans ce jeu de dupes, dont le vainqueur ne sera certainement pas celui que l’on attendait, si vainqueur il y a.

Sophie Tellier dans sa robe fourreau d’un vert éclatant, en rousse flamboyante, incarne avec beaucoup de conviction cette Flaminia manipulatrice à souhait. Sa sœur Lisette, son opposée, dans les traits d’Alexiane Torres à la voix grave, donne une touche d’exotisme avec sa robe aux couches de tissus impressionnantes et ses talons perchés : des costumes de Coline Ploquin très remarqués.
Le Prince dans la peau de Luc-Emmanuel Betton, aux accents d’un Farinelli endiablé, joue dans une belle musique, avec sincérité et assurance, son amour pour Sylvia.
Il est accompagné de Trivelin, ce soir Philippe Calvario, un brin mystérieux, réfléchi, à la recherche du compromis satisfaisant pour les deux parties. Un regard qui ne laisse pas indifférent.
Maud Forget est une Sylvia qui a les pieds sur terre ; une naïveté de premier abord qui laisse place à un caractère bien trempé, déterminé dans ses choix de vie jusqu’à l’explosion de ses convictions.
Enfin notre Arlequin joué par Guillaume Sentou confirme son talent de comédien après ses passages remarqués dans « Edmond » et « Intra Muros ». Il est un Arlequin rempli de vie, d’une agilité digne de son patronyme. Son œil rieur et sa bonne humeur donnent un peu de légèreté dans cette mise en scène un peu sombre au rythme langoureux.

Un Marivaux dépoussiéré, iconoclaste qui vaut le détour !
25 mars 2019
8/10
3 0
Double espace de mise en scène pour une terrible machination. Un avant scène avec du sable, un simple tronc d'arbre et quelques marches pour aller dans l'espace surélevé.

Une séparation qui peut représenter une strate sociale car Silvia n'est qu'une simple paysanne et va franchir un seuil important. Sur l'estrade, on voit un magnifique mur recouvert de lierre qui permet aux comédiens un jeu subtil de va et vient sur scène montrant la grande ingéniosité du scénographe Alain Lagarde. Impossible de ne pas rester captivé par l'histoire qui nous emporte.

Luc-Emmanuel Betton, Roger Contebardo, Maud Forget, Sophie Tellier, Guillaume Sentou et Alexiane Torrès brillent par leur investissement dans leur rôle, leur énergie, leur folie, leur passion qui nous les font tous aimer pour leur force et leur faiblesse. Une complicité étonnante qui renforce le machiavélisme de l'histoire. Les costumes sont d'une grande beauté avec le mélange des styles et époques surtout avec les robes de Flaminia et de Lisette. La robe jaune flamboyante montre la vulgarité alors que la robe verte Belle époque sublime l'élégance allant jusqu'au détail de mettre des vraies morceaux de plume de paon. Arlequin ressemble plus à titi parisien jusqu'à dans sa façon de se déplacer.

Un incroyable travail de la costumière Coline Plonquin qui vaut vraiment le coup d'oeil. Et pour englober l'ensemble, il faut parler du fantastique travail sonore de Christian Chiappe et de Guillaume Leglise. Bien souvent on ne se rend pas compte de la musique, mais ici elle accompagne et souligne les moments importants et contribuent à valoriser les émotions ressenties par le spectateur. Tout interagit avec grande justesse et nous accompagne à chaque instant.
20 mars 2019
8,5/10
4 0
Le Prince s’ennuie, se morfond dans son palais, voilà qu’il tombe amoureux d’une jeune paysanne pétillante et jolie, Sylvia. Il est Prince et selon son bon vouloir fait enlever la jeune fille, l’installe dans son palais, sans se faire connaître. Trivelin, son bras droit et Flaminia, fille d’un domestique, sont en charge de servir Sylvia et surtout la contraindre à aimer le Prince.

Sylvia a un amoureux au village, Arlequin. Elle veut lui rester fidèle et Prince ou pas, elle se révolte et envoie promener tout le monde ! Elle exige de voir Arlequin.

Flaminia est fine mouche, il faut séparer les deux amoureux, elle demande à sa soeur Lisette de séduire Arlequin, celle-ci avec ses simagrées, ses minauderies, s’attire les moqueries de celui-ci ! Flaminia reprendra en mains la situation, elle connaît le monde… Elle va inoculer dans le coeur de chacun des amoureux, le poison du doute, et surtout de la vanité. Sylvia lui confiera n’avoir pas été insensible à un jeune officier qu’elle a aperçu au village, elle ne sait pas qu’il s’agit en fait du Prince, déguisé pour l’occasion. Elle sera d’ailleurs troublée de le retrouver au Palais. Arlequin ? elle l’a aimé car il est drôle et que c’était le seul garçon potable du coin… bel amour en vérité !

Arlequin pour sa part, aime Sylvia pour ce qu’elle est, et Trivelin aura beau faire, il ne parviendra pas à convaincre le jeune homme de préférer richesses et position sociale.

Mais Flaminia observe, juge et saura manipuler ses “deux amis” et parvenir à ses fins. Une comédie bien cruelle comme savait les écrire Marivaux.

On accepte le parti pris de la mise en scène de Philippe Calvario, le décor végétal qui sépare les deux mondes, les envolées lyriques du Prince (belle voix de contre-ténor !), les costumes moderno/baroques de Coline Ploquin, Arlequin a des allures de Titi parisien avec sa casquette aux couleurs … arlequin puis plus tard déguisé tel Papageno. Sylvia surgit tel le petit chaperon rouge, et n’hésitera pas à laisser ses habits de paysanne contre un costume plus “aristocrate”, Flaminia, flamboyante, sanglée dans une robe verte lumineuse, Lisette un poil vulgaire, mais assure avec de longues jambes découvertes par une robe jaune et un jupon volanté.

Guillaume Sentou conforte mon avis, qu’il est un excellent comédien, il est Arlequin, touchant, facétieux. Maud Forget donne à Sylvia de la profondeur, Sophie Tellier joue avec finesse et charme l'intrigante Flaminia, Alexiane Torres donne à Lisette un ton un peu trop gouailleur mais reste drôle. Luc-Emmanuel Betton traîne élégamment son ennui et sa langueur, Philippe Calvario était Trivelin, courtisan pas assez finaud, et trop sûr de lui.
10 mars 2019
7/10
7 0
La joie de découvrir la double inconstance sur scène se disputait au plaisir de revoir Guillaume Sentou sur les planches. Ma joie et mon plaisir ont été comblés ! J’ai passé une belle soirée avec cette manipulation du couple formé par Sylvia et Arlequin. Cet amour pur et simple qu’ils se portent l’un à l’autre est fort. Mais Le Prince et Flaminia ne sont pas des novices en termes de stratagèmes en tout genre pour arriver à leur fin : le Prince est amoureux de Sylvia et la veut sienne à tout prix.

Malgré une mise en scène de Philippe Calvario un peu surprenante : quelques marches de chaque côté de la scène que les comédiens montent et descendent en permanence (ce n’est pas toujours simple pour les comédiennes en robe longue) et des intermèdes un peu désarçonnant avec de la musique qui ne colle pas du tout avec le reste de la pièce ; mais aussi des costumes hors époque pour Sylvia qui a des couches de vêtements non assortis et Arlequin qui ressemble à un poulbot parisien. Malgré tout cela j’ai passé une belle soirée car le texte de Marivaux est particulièrement bien servi par des comédiens qui ont une belle prestance et jouent leur texte avec conviction. On est embarqué dès le début par les manigances de Flaminia et du Prince, on a beau espérer que Sylvia et Arlequin résisteront et seront au-dessus de toutes ces mesquineries, le tour prend forme et la manipulation des âmes est réussie. Il y a bien quelque chose des ‘Liaisons dangereuses’ dans ce Marivaux qui pose des questions sur le désir et la constance amoureuse.

Sophie Tellier est une Flaminia flamboyante, experte en ruses et dissimulations, j’ai adoré son jeu en totale opposition à Maud Forget qui incarne une Sylvia d’une sensibilité à fleur de peau teintée d’un bon sens que les méchants appellent naïveté. Luc-Emmanuel Betton est un Prince tellement convaincu que son amour pour Sylvia doit être réciproque. Guillaume Sentou est l’Arlequin idéal : il virevolte et cabriole sur scène avec ingénuité.

Je me suis laissée emportée par l’histoire et c’est vraiment agréable.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor