La Cruche

La Cruche
De Georges Courteline
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 40,00
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Margot te plait, prends la ! Margot est la maîtresse de Laurianne.

Camille était la maîtresse de Duvernié. Laurianne voudrait bien être l’amant de Camille et Duvernié l’amant de Margot et inversement.

Le théâtre enlevé de Courteline est une satire féroce des mœurs de son époque. 

 

Note rapide
Toutes les critiques
3 janv. 2017
7,5/10
78 0
Margot est une cruche.

Ce n'est pas moi qui l'écris, c'est Lauriane, son amant, qui nous l'affirme.

Elle l'admet, d'ailleurs : elle est une cruche.
"Je suis devenue sa maîtresse pour la raison que je suis incapable d'être la mienne. Il voulait, je ne voulais pas, à la fin, j'ai bien voulu. "

Du Courteline pur jus.
Un Courteline qui n'y va pas avec le dos de la cuiller.
Avec l'humour ravageur, impitoyable voire vache qu'on lui connaît, il va nous proposer un furieux imbroglio amoureux, une ronde d'amants , de maîtresses, des chassés-croisés plus ou moins galants.

Il faut bien l'avouer, cette pièce peu connue, très peu jouée, n'égale tout de même pas en puissance dramaturgique les autres chef-d'oeuvres du grand Georges.
Il serait d'ailleurs intéressant de savoir quelle est la part de son collaborateur Pierre Wolff.
C'est en effet une écriture à quatre mains.

Alors, me direz-vous, qu'est-ce qui a pris la compagnie "L'envolée lyrique" de choisir de monter ce texte, après s'être attaquée à Cosi Fan Tutte et les Contes d'Hoffman !

A mon humble avis, l'une des réponses est d'avoir voulu ajouter assez librement (et c'est une riche idée) des intermèdes... lyriques, justement !
Oui, quelle vraie bonne idée !

Ces intermèdes nous enchantent véritablement, grâce au talent des quatre comédiens.
Ce sont de vrais moments de grâce, des moments délicats et délicieux, mettant admirablement en valeur les voix, les tessitures et la maîtrise vocale du quatuor.

Bien entendu, le texte de la pièce est là.
Un texte très bien servi, notamment par les deux comédiennes de la soirée. (Elles jouent en effet en alternance. )

Antoine Bacquet et Florence Alayrac sont purement et simplement re-mar-qua-bles !

Non seulement elles chantent à la perfection, mais elles possèdent toutes deux une vraie Vis comica.

Melle Bacquet déclenche quantité de rires dans son rôle de cruche bien ingénue.
Elle est assez troublante dans sa composition.
Elle parvient souvent à semer le doute. Son personnage assume-t'il cet état un peu niais, sommes-nous manipulés, est-elle vraiment une cruche ?
Le metteur en scène Henri de Vasselot a dû beaucoup travailler ce personnage de Margot : on sent une réelle analyse de la condition féminine dépeinte par l'auteur.

Et puis, il y a Melle Alayrac, qui m'a enthousiasmé !
En Camille Marvejol, elle est irrésistible de finesse et de drôlerie.
Qu'est-ce qu'elle a pu me faire rire !
Par moment, elle atteint une dimension burlesque inénarrable !
(Elle a réalisé également de biens beaux costumes d'époque. Les robes, notamment, sont somptueuses)

C'est indéniable : les deux actrices savent placer un effet, prendre leur temps, elles comprennent vraiment comment amener un moment comique.
Un régal !

On aura donc compris que j'ai passé une bonne soirée, non pas tant pour la pièce à proprement parler, mais surtout en raison du plaisir d'écouter les instants musicaux que nous offrent les quatre comédiens-chanteurs : ils nous régalent les oreilles de leurs jolies et spirituelles envolées lyriques.

Je voudrais terminer en pointant une phrase tirée de cette "Cruche" qui démontre bien le regard aigu que pouvait porter Courteline sur l'art en général et l'art dramatique en particulier.

"Le fait du véritable artiste n'est pas de se complaire dans ce qu'il fit, mais de le comparer tristement à ce qu'il aurait voulu faire."

Bien vu, non ?
8,5/10
38 0
Cette comédie, peu souvent jouée, est écrite en 1909 par Georges Courteline (et Pierre Wolff) à partir d’une de ses nouvelles. Nous y retrouvons sa verve comique mêlée à cette forme de sympathie un peu cynique qui se dégage de ses personnages, qui traversent ses pièces et en font sa couleur. Nous sommes très vite embarqués dans une farandole d'amants, de maitresses et de quiproquos, dans laquelle nous rions, bousculés et ravis par les situations proches du burlesque aux répliques mordantes, amusantes voire un peu « cruches », parsemées de séquences chantées inédites et remarquables.

La vie quotidienne de la petite bourgeoisie, effrontée et misogyne, de ce début de siècle y est dépeinte avec un humour moqueur et cinglant, et une description implacable des travers prétentieux. Une certaine bienveillance pour les protagonistes ressort toutefois de l'argument. Courteline fait souvent sourire avant de nous faire rire. Mais ne nous méprenons pas sur l’indulgence qui semble animer le dramaturge. Cela ressemble à un adroit subterfuge pour que sa malice passe la rampe et soit comprise du plus grand nombre. Ce talent d'écriture a sans doute contribué à en faire aujourd'hui un auteur classique des plus savoureux, aux histoires cocasses et boulevardières qui font mouche.

La compagnie l’Envolée Lyrique s’empare de LA CRUCHE pour en faire, nous dit-elle, un spectacle « drôlement lyrique et poétiquement féroce ». Promesse tenue ! Du beau travail que voilà ! Nous nous y amusons de ces passages truffés d'incongru merveilleux, de pointes espiègles et d’invitations répétées aux échappées foldingues. De belles voix et de jolies musiques enrobent le spectacle d'un esprit plaisant aux allures d'opérette.

La maîtrise vocale des comédiens-chanteurs offre à entendre de délicieux airs a capella ou accompagnés à la guitare, polyphoniques ou bien sola voce avec bruitages ou parties d'orchestre chantées en murmure. Ils se démènent tous aussi bien qu'ils chantent !

La mise en scène ardente d'Henri de Vasselot, à qui l'on doit les ajouts de chansons bienvenus, donne à l'ensemble une ambiance de divertissement particulièrement réussie.

Une friandise de théâtre musical : Un texte plaisant, une distribution enthousiaste, des costumes superbes, une musique légère et agréable. Un bon moment.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor