La Chute

La Chute
De Albert Camus
Mis en scène par Ivan Morane, Jean-Charles Mouveaux
Avec Ivan Morane
  • Ivan Morane
  • Silvia Lenzi
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 20,50 à 28,50
Evénement plus programmé pour le moment
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"Il est trop tard maintenant, il sera toujours trop tard. Heureusement."

Albert Camus, La Chute

 

Au Mexico city, un bar louche d'Amsterdam, Jean-Baptiste Clamence, ancien avocat et –dorénavant Juge-pénitent aborde un compatriote et lui propose de lui servir d'interprète auprès du barman.
Après avoir raccompagner son interlocuteur en évoquant les horreurs de la guerre, les crimes des nazis, mais aussi la Hollande, terre de songe et d'histoire, Clamence quitte son interlocuteur devant un pont qu'il s'est juré de ne plus franchir la nuit. Il donne rendez-vous pour le lendemain à son interlocuteur.

 

Note rapide
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1 critique
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33%
Toutes les critiques
13 sept. 2017
6/10
5 0
Globalement, j'ai trouvé que ce n'est pas une pièce très accessible.

Rien que la résumer n'est pas gagné. A mes yeux, celui qui en parle le mieux cette pièce c'est Raphael ENTHOVEN : "C'est l'histoire d'un homme qui, sans avoir fait le moindre mal, découvre soudain qu'il est un salaud". Un homme, à qui tout réussi, qui assiste impuissant à la chute d'une femme (un suicide) dans la Seine. Il ne l'aide pas. Toute sa vie ensuite, l'homme se sent coupable. Il devient juge-pénitent : il se rend coupable du vol d'un tableau pour purger sa culpabilité initiale lors de la chute de la jeune femme.

Les sujets abordés sont très philo : la liberté, la culpabilité, la justice, la conscience. Ils font réfléchir. On n'en sort pas très léger.

Bref, il me manquait surement des éléments pour comprendre la réflexion de Camus. Je pense être passée à coté. Un passage cependant qui a résonné en moi : lorsque le narrateur parle de l'immortalité des soirées arrosées, des soirées de jouissance et de plaisir, et que le lendemain seulement, en se réveillant avec un mauvais gout dans la bouche, il prend conscience de "l'amertume de la condition humaine".

En ne comprenant pas tout le texte, je suis un peu passée à côté des émotions. J'ai quand même pu profiter de la performance de Ivan Morane, seul sur scène, qui tient son public pendant près d'1.30. Si j'ai décroché à quelques moments, l'ambiance de la petite salle du Paradis au Lucernaire sous les toits, avec un décor obscur de brume, et une vraie proximité avec le comédien, est très agréable.

Bonne route !
9 sept. 2017
9,5/10
31 0
Une leçon de théâtre !
Ivan Morane nous offre une véritable leçon !

Le comédien a pris à bras le corps ce court roman d'Albert Camus publié en 1956.
Je devrais d'ailleurs écrire « a repris » à bras le corps, car c'est en effet un spectacle qui a été créé en 2014.

Ici, il incarne Jean-Baptiste, un ancien avocat parisien, devenu selon ses dires « juge-pénitent » dans un bar d'Amsterdam.
Cet homme va se raconter, dans une sorte de troublante confession-monologue.
Nous allons vite découvrir ses tourments, la culpabilité et la lâcheté qui le hantent.

Naguère, il a assisté à la chute d'une jeune femme dans la Seine, à Paris.
Il n'a rien fait, il n'a pas bougé, il n'a rien tenté, puis il a passé son chemin.

Certes, nous l'entendons en confession, donc, mais nous écoutons surtout un grand cri.
Clamence, celui qui hurle. Jean-Baptiste, celui qui prêche.
Ce cri, nous le recevons comme un véritable coup de poing. Il devient très vite le nôtre.
Chacun d'entre nous va en effet être confronté à sa propre culpabilité, à ses lâchetés personnelles.
Sommes-nous tous coupables ?

Une question d'une actualité permanente.

A combien ne chutes ne prêtons-nous pas attention, combien de fois passons-nous notre chemin, combien de fois ne tentons-nous rien ?

Ici, Ivan Morane n'incarne pas Jean-Baptiste Clamence. C'est beaucoup plus que cela.
Il EST ce personnage.
Manteau et costume noirs, chemise blanche, il commence immédiatement à raconter.

Ce faisant, il nous piège.
De sa voix claire, de sa diction parfaite et dans un débit assez lent, nous faisant ainsi déguster les mots de l'auteur, il nous attrape et ne va plus nous lâcher.
Il est véritablement fascinant.

Dans sa bouche l'admirable langue de Camus est sublimée.
Il nous en fait savourer les mots, il nous restitue la musicalité de cette langue qui se prête admirablement à l'oralisation.
Il occupe tout le plateau, bien que n'ayant à sa disposition qu'un seul accessoire (hormis une bouteille en grès de genièvre), un fauteuil qui lui permet de s'allonger.
La confession deviendrait-elle psychanalytique ?

Bénédicte Nécaille a entrepris d'épurer en quelque sorte la première version de cette Chute.
Elle a demandé au comédien de laisser au spectateur davantage de responsabilité.
A nous de faire le job, de saisir les tourments intérieurs du personnage.

Tout comme Miles Davis voulait enlever le plus possible de notes, Ivan Morane « réduit son jeu » pour mieux nous captiver et nous rendre davantage partie prenante de ce qui se déroule devant nous.

Au final, je défie quiconque de ne pas être interpellé par ce qui se passe sur le plateau du Paradis, la salle du dernière étage au Lucernaire.
Impossible de ne pas être concerné, impossible de ne pas se sentir happé par la proposition.
Impossible de ne pas réaliser un transfert et de se mettre dans la peau de Jean-Baptiste Clamence.
On l'aura compris, la catharsis opère pleinement.

Dans le texte, Camus fait dire à son personnage :« Peut-être n'aimons-nous pas assez la vie... ».
Comment ne pas l'aimer, cette vie, au sortir d'un tel spectacle !

Une leçon, vous dis-je !
2 nov. 2014
7/10
112 0
Très bonne performance du comédien qui tient son texte, pas facile, jusqu'au bout car avec Camus il faut s'accrocher.

La présence de la jeune femme à la contrebasse adoucit la noirceur de ce texte.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor