La chose commune

La chose commune
De David Lescot
Mis en scène par David Lescot
  • Espace Cardin
  • 1, avenue Gabriel
  • 75008 Paris
Itinéraire
Billets de 10,00 à 26,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Raconter l’histoire de la Commune (1871) par la musique improvisée… parce que c’est une affaire de résistance, de révolution et d’improvisation : comme le jazz.

En duo avec Emmanuel Bex, figure du jazz européen, David Lescot, auteur et metteur en scène, imagine La Chose commune comme un concept album joué en live.

Tous deux sont des férus de la Commune, cet épisode historique à la fois tragique et épique avec ses légendes et ses personnages désormais célèbres (Louise Michel, Élisabeth Dmitrieff…). Ils feront s’entremêler toutes les figures de l’histoire le temps d’une rapsodie ou d’un solo de batterie.

La Commune comme un laboratoire d’inventions sociales au cœur de cette nouvelle création : une occasion spectaculaire de défendre certaines utopies. Avec eux, sur scène, la chanteuse et comédienne Élise Caron, le slameur Mike Ladd, la saxophoniste Géraldine Laurent et le batteur Simon Goubert.

 

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24 avr. 2017
9/10
57 0
Emmanuel Bex, l'un des maîtres européens du jazz à l'orgue Hammond et David Lescot, auteur, comédien, metteur en scène et lui aussi musicien nous proposent un étonnant spectacle.

En une heure trente et en quatorze titres jazz vocaux et instrumentaux, les deux complices nous racontent l'histoire de la Commune de Paris.

D'un point de vue chronologique sont évoqués les principaux épisodes de cette épopée révolutionnaire, du déclenchement, de l'espoir jusqu'à la sanglante répression et à la déportation à Cayenne des principales figures féminines, dont Louise Michel.

David Lescot définit d'ailleurs son spectacle comme un « album-concept live ».

Jazz et Commune, si ça fonctionne ? Oh que oui !
On peut même dire que le jazz, musique militante, revendicative, accompagnatrice des luttes de bien des minorités se prête particulièrement à cet exercice.

Le duo Bex-Lescot a bien compris le parti à tirer de ce mélange des genres.

David Lescot a écrit la plupart des textes en ayant eu soin de prendre pour caution historique Quentin Deluermoz, spécialiste des mouvements sociaux du XIXème siècle.

Emmanuel Bex a composé la musique jazz, mais également une partition aux frontières de la musique concrète, contemporaine.

Ce sont des ambiances parfois douces, feutrées, mais souvent brutales, très fortes, épiques dans lesquelles il nous plonge.
Son orgue Hammond rugit bien souvent, certes, mais il peut également sous ses doigts se montrer d'une douceur et d'une légèreté incomparables.

Simon Goubert à la batterie participe lui aussi à la création de ces ambiances. Il ne se contente pas d'assurer une partie rythmique, c'est aussi un coloriste, et un bruiteur. Il faut noter son impressionnant solo qui se termine sur un sacré travail sur les cymbales.

La saxophoniste alto virtuose Géraldine Laurent apporte sa vélocité au service de la mélodie, en vraie adepte du bop et du hard-bop qu'elle est.
Sa virtuosité technique cependant jamais gratuite, toujours au service du propos, est réellement enthousiasmante.

Et puis tout un travail sur la voix est engagé.
David Lescot dit ses textes, les scande, les rythme même, accompagné qu'il est de deux prestigieux camarades de scène.

Le rappeur américain Mike Ladd, pratiquant depuis longtemps déjà le spoken word, une casquette de comique troupier sur la tête, a trouvé une vraie place.
De plus, ses parties en anglais viennent comme souligner le caractère universel d'un soulèvement populaire.

La chanteuse et comédienne Elise Caron, de son timbre chaud et rond, se charge des principales parties mélodiques.

Il règne une vraie complémentarité entre ces trois artistes de la voix, c'est une vraie trouvaille que cette réunion qui fonctionne parfaitement.

Bien entendu, il me faut souligner que cette évocation historique entre en complète résonance avec la plus chaude des actualités politiques.
Le dernier mot de David Lescot au public est d'ailleurs « Courage ! ».

Cette fresque jazzhistorique est un très beau moment de création artistique, avec de réels parti-pris musicaux et littéraires.
Le jazz exigeant mais passionnant de Bex et Lescot colle parfaitement à cet épisode important qu'est la Commune de Paris.
C'est une vraie réussite.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor