La boule rouge

La boule rouge
  • Théâtre des Variétés
  • 7, boulevard Montmartre
  • 75002 Paris
  • Grands Boulevards (l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 22,00 à 50,00
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Un soir de novembre 1925, Charles et ses amis de toujours errent dans les rues de Paris.

Une fois de plus, ils terminent leur course au comptoir de la Taverne du Baron, fascinés par l’ambiance sordide qui y règne et qui incite au scandale... 

Les 21 artistes de La Boule Rouge proposent un voyage au cœur des années folles grâce a des chansons revisitées a la mode swing, jazz, charleston et donnent a la pièce un rythme effréné qui saura séduire par sa fraicheur et son talent.

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1 juil. 2019
9/10
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La Boule Rouge est une comédie musicale dont on ressort léger. Superbement interprétée, dans une mise en scène efficace, chantée et dansée admirablement ... par des comédiens-chanteurs-danseurs qui font aussi passer énormément d'humour sans faire de concession au sérieux.

C'est jubilatoire. On comprend que le spectacle se prolonge de semaine en semaine et il y a fort à parier sur une reprise dans quelques mois.

La Boule Rouge est un flash back dans le Paris des Années Folles.

Constance Dollfus et Clément Hénaut ont fait les premières esquisses du spectacle en novembre 2013. Ils ont tous les deux eu la très bonne idée de demander à Benoît Dupont de réarranger de grands classiques de la variété française et internationale tout à fait actuels (que le public connait par coeur et prendra énormément de plaisir à reconnaitre puis à fredonner) dans un univers musical complètement opposé et décalé, celui des Années Folles, qui respire le jazz et le swing. Ils apportent ainsi une touche de modernité à la comédie musicale.

La chorégraphe Eva Tęsiorowski les a rejoints pour présenter un premier projet en public à l’occasion d’un Showcase au Théâtre du Ranelagh en octobre 2016. Commence alors un long travail de création au cours duquel Flore et Christine Leclercq (Maître concevront la scénographie. Simon Lehuraux prendra en charge la direction musicale du projet. Enfin, Aurélie Bachoux créera des coiffures et le maquillage dans le respect de l’esthétique des années folles.

Deux avant-premières sont programmées dans la salle Ravel de Levallois-Perret en novembre 2017. Hervé Lewandowski devient directeur d’acteurs. Une nouvelle version du spectacle est créée et présentée au Théâtre Montansier de Versailles en mars 2018 et cette version sera jouée en direct et jusqu'au 22 juin au Théâtre des Variétés avec 17 comédiens-chanteurs-danseurs et 5 musiciens.

L'histoire de La Boule Rouge s'installe dans le contexte historique si particulier d'après-guerre qui suscite ce qu'on appellera les années folles. En effet les années 1920 débutent avec un parfum de renouveau. Née d'une réelle volonté d'oublier un passé meurtri et une envie de profiter de l'instant présent, une idée germe dans l'esprit parisien : l'insouciance offrirait la possibilité d'envisager le futur autrement...
Le spectacle commence une fois que le public aura songé à éteindre les boîtes (les téléphones). L'injonction est faite sur le mode de l'humour. On adore déjà.

Pour résumer le début disons qu'un soir de novembre 1925, Charles et ses amis de toujours errent dans les rues de Paris. Une fois de plus ils terminent leur course au comptoir de la Taverne du Baron, fascinés par l’ambiance sordide qui y règne et incite au scandale.
Les jeunes employés de ce piano-bar morose rêvent tous d’un avenir meilleur et d’un succès semblable à celui du Bœuf sur le toit ou de La Rotonde, hauts-lieux festifs et emblématiques de cette époque hors du temps. Charles, allant à l’encontre des valeurs de ses parents conservateurs, se retrouve alors précipité malgré lui dans la plus grande entreprise de sa vie… Cette aventure sera avant tout celle de deux mondes a priori radicalement opposés que l’effervescence et la frénésie des années folles vont réunir.

L'orchestre a toute sa place dans la Taverne et il en sera de même tout au long du spectacle qui se déroule avec une grande cohérence. Les choeurs alternent avec les solos. Très vite le public a envie de danser et de taper dans les mains.

Le spectacle se pursuit dans un décor radicalement différent, chez les parents de Charles. mais là encore les concepteurs ont insufflé un second degré avec l'impertinence de la femme de chambre. On remarque au mur deux portraits un peu décalés (qui joueront un rôle important plus tard).

Le personnage de Louise la servante est celle qui rendra tout possible : tout va finir par s’arranger, dit-elle, j’ai toujours des idées. De fait ils vont réfléchir à un concept de cabaret plus festif que les Folies Bergères ... c'est ambitieux.

les tableaux se succèdent, intérieur ou extérieur, avec bien entendu les rues de Paris et ses troquets, ses bancs publics et ses réverbères. Nous sommes en 1925 et surgissent encore timidement les prémices du féminisme.

Comme je l'ai signalé au début le livret de cette comédie musicale s'appuie sur la reprise de grands standards. Être une femme et Femmes des années 80 (deux chansons de Michel Sardou de 1981) seront très applaudies.

Plus tard Feeling Good de Michael Bublé (pourtant plus récent, 2005) sera lui aussi très apprécié : It's a new dawn / It's a new day / It's a new life / For me / And I'm feeling good ... d'autant plus qu'il est "raccord" avec la situation.

Je ne regrette rien clôturera cette première partie épatante et inventive. La seconde ne déméritera pas. La musique est belle. Les tableaux sont parfaitement bien dansés (avec toutes les danses de l'époque, notamment le Charleston) et chantés et joués. Il est rare d’avoir tout cela. Ça swingue !

On applaudira des reprises aussi différentes que celle de Without You de Mariah Carey, Let it be des Beatles, ou No woman no cry de Bob Marley, parfois entières, parfois en medley. On frôle l’impertinence mais quel talent et quelle joie de vivre aussi.

S’il suffisait d’aimer de Céline Dion est exécuté avec charme ... Simon Froget-Legendre interprète Roger le pianiste avec brio (il recevra dans quelques jours le Trophée de la Révélation masculine à la soirée des Trophées de la Comédie musicale).

L'ambiance ne faiblit jamais et je suis malade de Serge Lama remporte lui aussi un franc succès.

Le public est sollicité. C'est une belle soirée qui réussit à la fois à restituer en quoi le jazz a marqué le renouveau en son temps et encore aujourd'hui. Il ne faut pas manquer cette Boule Rouge orchestrée dans des décors imprégnés du style Art Déco !
21 mai 2019
7/10
3 0
L'inclination première de Constance Dolifus et Clément Hénaut pour leur premier spectacle en commun est de réarranger des musiques actuelles dans un univers musical opposé et décalé. L'idée de plonger le récit au coeur des années folles à Paris s'impose. Là où certains adaptes des comédies musicales américaines en français et d'autres font venir les spectacles en version originale sur-titrée, eux choisissent de créer une production made in France.

Benoît Dupont s'occupe de la partie centrale avec la musique qu'il a en partie adapté. Ainsi le rythme devait respecter le swing de l'époque. Une période où le jazz fait son apparition en même temps que le charleston, les robes légères...

La particularité se trouve dans l'insertion de morceaux modernes revus et corrigés comme Lady Gaga, Céline Dion, Nina Simons, Pointer Sisters, Journey... On ne s'étonne pas d'entendre "Je suis malade" de Serge Lama suite au reniement d'un fils par son père. Ou "Etre une femme" de Michel Sardou qui pose la question de la femme dans une société en mutation où la femme abandonne le corset pour des robes plus légère et plus courtes. Sans oublier la sublime scène de mash-up où tout est tiré au cordeau avec une très grande précision. Un très bon moment qui surprend agréablement.

Les costumes devaient refléter également ce nouvel état d'esprit. On constate une grande variété des costumes d'époque créés par Flore et Christine Leclercq comme les robes charleston avec des sequins, perles et autres brillants ou le clin d'oeil à Madeleine Vionnet avec la robe de la femme bourgeoise émancipée. Les décors ne sont pas en reste. Par exemple, la façade d'un théâtre qui n'est pas rappeler le théâtre des champs Elysées, lieu même où se produisait le cabaret nègre où Joséphine Baker était une figure phare. De même avec les lupanars avec la lumière rouge allumé au-dessus d'une porte. Dans le cas où ce détail passe inaperçu, une péripatéticienne apparaîtra avec son client. Et l'ensemble de ces éléments prend vie grâce à l'énergie et à la fougue des 17 comédiens et du jazz band qui joue en live. Chacun montre la grande variété de ses talents avec le jeux, la danse et le chant.

On pourrait croire que l'histoire d'un jeune riche qui vient à la Taverne du Baron car il est tombé amoureux de la chanteuse reste assez planplan. Mais c'est une façon de montrer la fracture entre une société bourgeoise et une société qui se réinvente avec de nouvelles limites. Une situation qui permet d'intégrer une bonne dose d'humour qui se glisse ici et là.

Paris devient une métropole où l'homosexualité sort de la clandestinité. Une modernité illustrée par un jeu de séduction entre deux hommes et un court moment de danse. Tout comme la présence d'un travesti en tant que danseuse et chanteuse.

Le mouvement est magnifiquement orchestré par Eva Tesiorowski qui propose de très jolies tableaux telles la scène du tango à trois, la double scène avec une partie chant et son parallèle en danse et surtout la sublime scène de fin.
19 mai 2019
5/10
2 0
Il y a du travail c’est sûr. Hélas ça ne suffit pas.
Il faudrait nettoyer cette pièce de tous les bavardages inutiles qui ralentissent le rythme... et qui en plus sont mal écrits... On oscille entre Feydeau et Racine.
Cette sympathique troupe mérite qu’on lui donne un coup de main en allant la voir mais aussi qu’elle ait le courage de réécrire ou supprimer ce qui la fait passer pour une pièce jouée par des passionnés certes mais loin du niveau des vrais pros.
On a envie de dire "Allez voir Guy and Dolls" et prenez-en de la graine !
13 mai 2019
8/10
3 0
Ça swingue au Théâtre des Variétés ! Bienvenue dans le Paris des années 1920 avec cette très belle comédie musicale.

La musique est en live avec un jazz band de 5 musiciens. Au niveau des chansons, le parti pris est de revisiter les paroles ou le rythme de chansons existantes, anglophones ou francophones. Ça plait ou pas… Personnellement, j’ai adoré !
Les décors et les costumes sont aussi très réussis.

Je me suis laissée embarquer par cette troupe de 17 comédiens-chanteurs-danseurs.
J’ai été un peu moins séduite par la puissance vocale de certains comédiens que j’ai trouvé un peu difficiles à comprendre. Je pense aussi que certains passages pourraient être un peu revisités pour apporter plus à l’histoire.

Malgré cela, j’ai vraiment passé un bon moment ! Et le spectacle s’achève en apothéose avec un superbe final où tout s’enchaine à merveille !
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Originalité
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor