L'exception

L'exception
  • Théâtre de la Contrescarpe
  • 5, rue Blainville
  • 75005 Paris
  • Place Monge (l.7)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 35,00
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La pièce « L’Exception » issue du livre de Ruth Klüger « Refus de témoigner » est un vibrant hommage à Simone Veil.

Elle raconte l’expérience radicale d’une petite fille juive vivant à Vienne. Pendant la guerre, elle est déportée à Auschwitz d’où elle réussit à s’enfuir avec sa mère. Toute la force de ce récit est de nous faire entendre et voir la volonté irrésistible de cette petite fille « exceptionnelle » de ne pas succomber à l’horreur.

Il ne s’agit pas de la représenter sur scène mais de l’éprouver, de la ressentir, en tissant un lien insaisissable entre le spectateur et la comédienne qui incarne le texte avec sobriété et émotion par le biais de son corps qui se débat pour survivre.

Si cette relation entre la comédienne et la salle se produit, on pourra dire alors qu’un ange a traversé le plateau.

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23 juin 2019
8,5/10
2 0
« L’Exception » issue du livre de Ruth Klüger « Refus de témoigner », adapté et mis en scène par Jacky Katu au théâtre de la Contrescarpe est un témoignage tardif (d’où son titre) mais exemplaire qui n’est pas sans rappeler le parcours de Simone Veil qui depuis quelques mois repose avec son mari au Panthéon, tout près du théâtre… Un hommage en quelques sorte, un hommage pour toutes ces victimes.

C’était la dernière… On espère de la saison de ce superbe seul en scène interprété par Sandra Duca complètement investie dans son rôle de cette petite fille devenue adolescente qui refuse de mourir, qui refuse l’inéluctable.
Un récit poignant tiré d’une histoire vraie de cette femme qui échappa aux camps de la mort et se réfugia aux Etats-Unis dès 1947.

Avec beaucoup d’économies, se concentrant sur l’essentiel, Sandra Duca nous bouleverse par son jeu.
Jacky Katu a su tirer l’essence de ce drame pour nous faire comprendre le parcours, le calvaire de cette petite fille, née en 1931 à Vienne en Autriche, qui n’acceptait pas le dictat de cet homme devenu fou qui n’avait qu’une obsession, éradiquer de la terre les juifs.

Quoi de plus innocent pour une petite fille que d’aller au cinéma pour regarder un Walt Disney, Blanche Neige et les sept nains, un conte de fée qui permet l’évasion, le rêve, la joie, la Vie. Une petite fille courageuse, dotée d’une force de caractère précoce, qui osa affronter, même si cela lui en coûta, ses congénères fanatisés à la sortie du cinéma.
Avec beaucoup de lucidité et de détachement, elle mettait en exergue l’imbécillité de ces nazis qui reprochaient aux juifs leur avarice et qui leur faisaient payer leur étoile jaune qu’ils devaient porter ! Une étoile qui sera suivie d’un tatouage…

Une petite fille qui grandit dans les différents camps de concentration, où elle fut déportée avec sa mère. Une mère qu’elle ne comprenait pas toujours dans ses attitudes, dans ces réactions face à cette barbarie nazie.
Une petite fille devenue adolescente et qui à 12 ans se retrouva devant un choix cornélien : accepter de mentir comme lui demandait sa mère, dire qu’elle avait 15 ans pour la suivre dans un camp de travail auquel sa mère dans un éclair de survie voulait adhérer et échapper à Auschwitz, ou revendiquer qu’elle avait 12 ans avec tous les risques que cela comportait. Choix qu’elle finit par accepter, choix qui lui sauva la vie.
Les nazis ne s’embarrassaient pas des enfants et les envoyaient, après un tri, directement vers la mort.

Au-delà de tous apitoiements, de la faim, du froid, la vie était plus forte que tout le reste. Avec de la détermination, elle s’échappa dans une folle course poursuite, avec sa mère, vers la liberté. Une liberté qui aura eu des arrière-goûts amers quand un soldat américain lui fit remarquer qu’il en avait assez d’entendre la même histoire de ces ex-prisonniers…

Sur un plateau nu mettant en avant la comédienne dans son pyjama rayé, Jacky Katu a su mettre en scène Sandra Duca ou le superflu est éliminé du jeu pour se concentrer sur la voix, le regard, les émotions, la gestuelle. Sandra Duca est impressionnante de vérité dans l’évocation de cette souffrance au cœur de la vie de cette petite fille : elle s’effondre mais elle se relève toujours.

Rien n’est laissé au hasard : le cri qui ponctue le récit n’est pas sans rappeler celui du tableau d’Edvard Munch (bien qu’antérieur au nazisme), un cri de douleur, un cri d’angoisse, un cri de petite fille, un cri d’adolescente qui subit l’inhumanité et qui lutte pour sa survie. Il y a de la beauté dans cette laideur du cri.
Un cri accompagné aussi de mouvements qui évoquent la mort présente à chaque instant autour de cette héroïne.
La précision de la mise en scène met en valeur le jeu de la comédienne, une précision qui s’attache au respect du calvaire qu’a vécu Ruth Klüger.

Un seul en scène qu’il faut voir, il ne sera pas présent cette année à Avignon mais gageons qu’à la rentrée, nous puissions le retrouver dans un théâtre et pourquoi pas à la Contrescarpe, si près de Simone Veil.
L’Exception comme cette petite fille de l’affiche de « La liste de Schindler », comme Simone Veil, comme Ruth Klüger…
Une page de l’histoire, un devoir de mémoire, qu’il faut sans cesse rappeler, même si Ruth Klüger n’aime pas cette proposition.
10 févr. 2019
9/10
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L’exception, adaptation et mise en scène Jacky Katu, du livre Ruth Klûger « Refus de Témoigne ».

Sandra Duca avec un talent exceptionnel, nous conte l’histoire d’une petite fille juive vivant à Vienne avec ses parents puis elle fut déportée à Auschwitz. Grâce à un subterfuge concernant son âge, elle sera transférée dans les camps de travail d’où elle s’enfuira en compagnie de sa mère.
C’est l’histoire de Ruth Klûger, histoire qu’elle se décida à écrire 50 ans après les faits.
Pas de victimisations, pas de désespoirs, pas de plaintes mais une témérité, une détermination, une espérance et une immense soif de vivre.

Une petite fille qui découvre le mépris porté aux Juifs à l’âge de 8 ans en sortant du cinéma
« Tu sais que les gens comme toi n’ont rien à faire au ciné »
Elle étouffe sous cette injure mais elle s’en relève.

Une petite fille, qui refuse parfois la vérité pour alléger sa souffrance. Lorsqu’elle apprend que dans les chambres à gaz, les plus forts piétinent les plus faibles qui s’écroulent sous leurs pieds, elle dira :
« Je préfère penser que mon père s’est suicidé (c’est facile pour un médecin), plutôt que de l’imaginer dans les chambres à gaz à piétiner les enfants… non… C’est la seule façon que j’ai de lui rendre hommage »

Une petite fille qui voyant l’horreur et la barbarie des camps se dira :
« Je me sens heureuse d’être en vie »

Une petite fille pleine de courage, restant optimiste et croyant en l’avenir.
« Je ne veux pas nourrir ici » dira-t-elle à maintes reprises.

Une jeune fille qui convaincra sa mère à s’évader.
« On marche, on marche, ça sent bon la liberté ».

Elle se souviendra d’avoir eu faim et froid et n’aura plus jamais froid malgré les hivers glacials de New York.

Le texte est entrecoupé d’une gestuelle chorégraphique de Sandra Ducas. Plus que les mots, le corps s’exprime, la douleur, la souffrance s’extirpent du corps. C’est poignant, nous sommes bouleversés, l’émotion est forte. Le silence règne, les yeux sont rivés sur cette danse qui nous transperce le cœur.

L’adaptation de Jacky Katu est performante et efficace et nous donne envie de lire l’œuvre de Ruth Klûger, sa mise en scène sobre donne une grande ampleur au texte. L’interprétation et le jeu de Sandra Duca nous transpercent. Quel talent.
J’avais déjà beaucoup apprécié Sandra Duca dans Qui suis-je ? de Jacky Katu.
Cette jeune comédienne n’a pas fini de nous surprendre. Bravo.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor