Kafka sur le rivage

Kafka sur le rivage
  • Théâtre national de la Colline
  • 15, rue Malte-Brun
  • 75020 Paris
  • Gambetta (l.3)
Itinéraire
Billets de 8,00 à 31,00
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Kafka sur le rivage est un roman d’apprentissage qui s’inscrit dans la littérature universelle.

Haruki Murakami nous conte les pérégrinations de Kafka Tamura, un adolescent de quinze ans sur les routes du Japon en quête de sa mère et les errances de Nakata, vieil homme simple d’esprit à la recherche de chats égarés.

Quand leurs chemins vont se croiser, peut-être qu’alors chacun découvrira sa propre vérité. Dans ce récit initiatique, les chats confèrent, les poissons tombent du ciel, les prostitués vénèrent Hegel et les rêves prennent vie. 

Yukio Ninagawa est particulièrement connu et célébré pour ses mises en scène des tragiques grecs, de Shakespeare, ou des dramaturges japonais contemporains. Ses pièces ont été jouées dans le monde entier, notamment cette adaptation pour le théâtre de Kafka sur le rivage créée peu avant sa mort en 2016.

Il parvient dans une succession de tableaux à aller et venir du réel au merveilleux, distillant avec grâce la douce leçon de vie du roman de Murakami récompensé par de nombreux prix.

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17 févr. 2019
9/10
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Et si Œdipe avait pris ses quartiers au Japon ?

Kafka sur le rivage est un roman de Haruki Murakami, publié en 2002.
Le metteur en scène Yukio Ninagawa s'est emparé de cette œuvre majeure de l'écrivain pour en tirer trois heures d'une dramaturgie intense, onirique, mêlant réalisme et merveilleux, humains et animaux, présent et passé proche.

Cette pièce va donc nous conter deux destins parallèles, deux quêtes.

Tout d'abord, nous allons faire la connaissance de Kafka Tamura, un adolescent de quinze ans qui fuit le domicile familial.

Abandonné par sa mère durant sa petite enfance, il décide d'échapper à son père, le célèbre sculpteur Koichi Tamura.

Celui-ci a prédit à son fils qu'il deviendrait parricide, et entretiendrait des relations incestueuses avec sa mère et sa sœur.

Je suis certain que tout ceci vous rappelle bien des choses. Murakami nous livre en effet sa propre version du mythe d'Œdipe, thème parmi d'autres du roman, et donc de la pièce.

Nous rencontrerons dans cette quête un bibliothécaire androgyne, qui lui accordera sa protection. Et puis Kafka fera la connaissance de Mme Saeki, dont il tombe amoureux.

Mme Saeki porte en elle un lourd secret. D'où le titre du spectacle.

Entremêlée dans le premier volet narratif, nous allons découvrir également l'itinéraire de Nakata, un étrange vieillard.
Lui qui ne sait ni lire, ni écrire, (nous apprendrons pourquoi, le spectre de la dernière guerre mondiale, et particulièrement l'année 1944 hante toujours la société japonaise), lui sait néanmoins parler aux animaux.

Son métier est de retrouver des chats égarés.
Au cours de son périple, il va croiser le chemin d'un tueur de félins, en perruque blanche, chapeau haut de forme, redingote rouge, pantalon blanc et canne noire : un certain Johnny Walker... Si si.

Ce Johnny Walker tue les chats pour faire des flûtes de leur âmes. Nous verrons comment il s'y prend...
Cet assassin animalier périra exactement comme le père de Kafka.

Le metteur en scène Yukio Ninagawa est parvenu de façon magnifique à recréer sur un plateau l'univers à la fois réaliste et fantastique, terre à terre et fantasmagorique de Murakami.

Nous croyons totalement à ce que nous voyons. Nous entendrons parler les chats sur la scène, nous visiterons Tokyo, la forêt, la petite ville de Takamatsu, dans l'île du Shikoku, nous verrons une pluie de sardines.

Ce spectacle est une grosse production.
Pour créer tous les espaces imaginés par l'auteur de ce roman fleuve, Yukio Ninagawa se sert de « cages » en plexiglas plus ou moins grandes, sur roulettes, afin de matérialiser les lieux dans lesquels se déroulent l'action : le bureau du père de Kafka, un bar, la forêt, une chambre, etc, etc...

Ces « boîtes » sont ouvertes sur le devant, permettant aux comédiens de rentrer et d'évoluer dedans.
Dans l'une d'entre elles, on trouve même... une camionnette !

Dans une incroyable chorégraphie réglée au millimètre, des manipulateurs vêtus de noir organisent le baller de ces mini-scènes. C'est impressionnant de rigueur, de précision et d'organisation. (Les décors intérieurs sont changés en coulisse...)

Les comédiens, impressionnants eux aussi jouent donc dans ces espaces contraints. Ca fonctionne à la perfection, et nous avons le sentiment d'être sur un immense plateau sans cesse renouvelé.

La production est impressionnante, avec notamment des myriades de projecteurs, dont une grande partie robotisés, avec également de la pluie sur scène. Des images somptueuses se dégagent de cette scénographie. Dix-neuf comédiens nous content cette fable allégorique.

Il faut donc se laisser porter par ces deux histoires entremêlées, qui finiront par se rejoindre.
Kafka et Nakata ne pourront échapper à leur destin, ce destin qui choisit les humains, et non pas l'inverse, comme l'écrit Murakami.

Il faut lâcher prise et plonger sans réserve dans cet univers à la fois réaliste et fantastique. Un univers parfois déroutant, mais qui procure bien des émotions.

C'est un moment de théâtre rare !

Au moment des saluts, la comédienne Shinobu Terajima portera dans ses bras un portrait du metteur en scène Yukio Ninagawa, décédé juste après la création de cette pièce.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor