Juste la fin du monde

Juste la fin du monde
De Jean-Luc Lagarce
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 35,00
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L’histoire d’un jeune homme d’une trentaine d’années, de retour chez lui, dans sa famille, après de longues années d’absence, « pour annoncer, dire, seulement dire » sa mort prochaine.

Jean-Luc Lagarce fait exploser le non-dit familial.

Acérée, acerbe, drôle et nécessaire, la parole se libère le temps d’un retour, le retour de Louis.

Juste la fin du monde, comme une expression de l’impossible : « Si je fais ça, ce sera la fin du monde ! » ?

Un homme « jeune encore », à la porte de sa propre disparition, la fin de son monde, son univers, son environnement, sa famille, ses communautés… tout cela à la fois ! Le prisme familiale de cette pièce est le reflet de nos sociétés, avec ses intolérances, ses replis, ses conflits, ses désirs, ses doutes, ses pulsions destructrices ou merveilleuses, dans un incessant aller-retour émotionnel.

Un des grands succès public et critique du Festival d’Avignon OFF 2017, pour 27 représentations exceptionnelles à Paris.

Note rapide
8/10
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2 critiques
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Toutes les critiques
12 août 2018
9/10
2 0
Je suis venue avec une grande réticence parce que j’avais tellement aimé le film de que je redoutais la déception.

En fait la mise en scène de Jean-Charles Mouveaux m’a emportée sans doute parce qu’il a réussi à restituer la musicalité de la si particulière syntaxe de Jean-Luc Lagarce. Les deux œuvres sont différemment intéressantes.

Je comprends que le spectacle ait été un des grands succès du festival off d'Avignon. En sortant d’Hébertot je n’avais qu’une envie, lire le texte original.

Première bonne idée de mise en scène : avoir utilisé l'escalier coté jardin, et d'où les comédiens descendent un à un et pour s’assoir à cour alors que les spectateurs eux aussi s'installent.

S'il faut en rappeler le contexte je dirais que c'est l’histoire de Louis, un jeune homme d’une trentaine d’années, qui se rend dans sa famille, après de longues années d’absence, pour "annoncer moi même - seulement dire ma mort prochaine et irrémédiable".

Juste la fin du monde résonne comme une expression de l’impossible : Si je fais ça, ce sera la fin du monde ! ? Le public le sait d'emblée, le personnage raconte en prévenant que Plus tard l’année d’après j’allais mourir à mon tour (...) mais il a tenu malgré tout à faire le voyage. Et même si on peut penser que Jean-Luc Lagarce s'est inspiré de sa propre vie pour écrire la pièce (en 1990) elle n'est pas la dernière qu'il ait publiée. Il donne dans celle-ci une parole entière à ce qui reste d'habitude en l'état de non-dits et le moins qu'on puisse dire est qu'ils sont très bruyants.

Le décor est de prime abord déroutant, composé d'un empilement de tables dépareillées toutes peintes anthracites mais il fonctionne ... lui aussi comme une sorte de double métaphore, à la fois de la fin d'un monde et aussi de l'imbrication des relations interpersonnelles au sein d'une famille. Le décorateur Raymond Sarti explique avoir conçu une scénographie paysage susceptible de permettre aux failles de l'imaginaire de trouver une place entre les personnages du récit.

Outre Louis (interprété par Jean-Charles Mouveaux), la famille est rassemblée autour de la mère (Chantal Trichet), le frère Antoine (Philippe Calvario), la femme de celui-ci Catherine (Jil Caplan) et la petite soeur Suzanne (Vanessa Cailhol). Ils composent un choeur où chacun, à sa manière, est bouleversant.

Ils restituent l'électricité qu'on a tous connue un jour dans nos propres familles, surtout quand les mots qui pourraient réellement fâcher restent enfouis. Car (entre autres) la raison de la mort n'est pas dite. Louis parait être venu pour en parler mais chacun a quelque chose sur le coeur qui empêche la confidence et Louis repartira sans avoir pu trouver le temps de se confier. Rien n'est nommé mais tout est suggéré, surtout pour nous, spectateurs qui savons et qui avons la capacité de faire du lien avec des évènements plus récents. Le texte de Lagarce prend alors (et on peut le regretter parce que cela signifie que rien ne change jamais) une teinte universelle.

N'allez pas croire que le spectacle soit triste et noir. Un certain humour se dégage bien qu'il ne soit pas directement perceptible. Jean-Charles Mouveaux tenait à rendre compte de ce potentiel qui n'est pas décelable spontanément dans l'écriture chaotique de l'auteur. Il faut dire qu'il connait l'oeuvre parfaitement puisqu'il en a réalisé la première mise en scène il y a douze ans.

On entend parfaitement le texte, dans chacune de ses nuances, dans le moindre détail. Le très long monologue de Suzanne sonne comme un dialogue tellement Louis y est attentif. Plus tard il dira avec une infinie lucidité : Pourquoi la mort devrait-elle me rend bon ? C’est une idée de vivant.

Ce spectacle est parfait.
21 mai 2018
7,5/10
4 0
Ça faisait longtemps que je n'avais pas vue la pièce et après un excellent "j'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" à la Comédie Française (Chloé Dabert), j'en mourais d'envie.
Juste la fin du monde reste un symbole.
Personnellement, j'adore l'écriture de Lagarce, tourbillonnante.

Le challenge est donc important selon moi.
Le jeu des acteurs est assez irrégulier mais très bon dans certains dialogues à deux. Par contre, les dialogues de toute la famille ne m'ont pas convaincu. C'est bien joué mais il y a quelques irrégularités.
Je n'ai pas compris le décor et la mise en scène.
En résumé, ce n'est pas le meilleur que j'ai vu mais j'ai aimé le texte bien sûr et l'interprétation.
1 mai 2018
7,5/10
12 0
Les choix de programmation du Studio Hébertot sont vraiment excellents, la saison 2017/18 a été un très bon cru et cette pièce de Lagarce fait partie de la même veine.

Jean Luc Lagarce nous sert un huis-clos familial où le retour du fils ainé parti depuis longtemps provoque des bouleversements inattendus. Les non-dits finissent par sortir et explosent la cellule familiale avec une violence inouie. La parole se libère le temps de son retour.

Il y a la mère, une vraie mère, qui porte à bout de bras ses enfants : le fils ainé Louis, le fils cadet Antoine et la petite soeur Suzanne, il y a aussi la femme du fils cadet Catherine.

Cette famille, pleine de ressentiments, désirs et conflits, nous fait vivre comme dans un ascenceur émotionnel et la proximité avec les comédiens dans la salle renforce cet aspect. On est captivé par l'ambiance.

Le décor sobre qu'il faut 'escalader' avec la scénographie associée, nous donne le vertige (au sens propre me concernant à chaque fois qu'un membre de la famille s'installe en haut de l'amoncellement).

Il y a aussi le plaisir de voir sur scène Jil Caplan qui incarne Catherine, de revoir Vanessa Cailhol (oui la mome Crevette de la Dame de chez Maxim's !) dans le rôle de Suzanne, d'admirer Chantal Trichet en mère courage, de rester bouche bée devant Philippe Calvario, le frère cadet et sa tirade de fin qui m'a bouleversée et d'apprécier le jeu de jean Charles en fils prodigue qui est aussi le metteur en scène de cette superbe pièce. Les cinq comédiens ont un jeu toute en subtilité et finesse.

Bref, un moment privilégié.
9,5/10
41 0
... En conclusion : Un très beau Lagarce dans un très bel ouvrage que ce spectacle impressionnant, touchant et captivant, finement et intensément joué. Une des dernières pépites du Studio Hébertot. Je recommande vivement.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor