Journal d'une Apparition

Journal d'une Apparition
De Robert Desnos
Mis en scène par Gabriel Dufay
  • Théâtre national de Chaillot
  • 1, place du Trocadéro
  • 75016 Paris
  • Trocadéro (l.6, l.9)
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Il s’agit d’une femme mystérieuse dont il ne révèle pas le nom, sans doute parce que s’y mêlent, en une entité indissociable, plusieurs figures, parmi lesquelles domine celle d’Yvonne George.

 

Cette chanteuse de cabaret fut l’objet d’un amour éperdu de la part de Desnos, mais sans retour du côté de la jeune femme. C’est donc sous forme de vision qu’il la retrouve, même s’il se refuse à parler d’hallucinations.

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8 oct. 2015
8,5/10
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Prenant appui sur différents textes de l’auteur surréaliste, Gabriel Dufay nous expose avec beaucoup de finesse et de délicatesse ses rencontres avec un fantôme, figure féminine mais mystérieuse, fortement inspiré par son amour à sens unique pour Yvonne George, une chanteuse de cabaret puis par sa relation amoureuse partagée avec Youki Foujita, figure montante du Montparnasse des années 30.

C’est un véritable voyage poétique au cœur des rêves et de son esprit qu’une quasi angoisse existentielle empêche de trouver le repos dans une chambre impersonnelle où les spectateurs pénètrent telle une ombre tapie dans un coin. La confusion entre le rêve et la réalité est parfaitement maîtrisée. La scénographie, magnifique, rend compte de la pureté des mots de Robert Desnos. Gabriel Dufay nous livre une prestation magistrale et est habité de façon grandiose par la présence de ses songes. Petit à petit, il glisse vers une douce folie. L’éloignement d’Yvonne le détruit à petit feu et quand elle meurt, le 22 avril 1930 à l’âge du Christ, sans vraiment savoir pourquoi, un autre amour puissant a pris la place : après Yvonne « l’étoile », place à « la sirène » Youki qui laisse éclater tout le romantisme du poète. Les mots se font moins sombres, moins mélancoliques. Quand elle part, la solitude revient et il perd à nouveau confiance en l’amour qui l’obsède. Les années passent, il devient « le mieux aimé » et elle est « la seule aimée » et achève son introspection par le refuge trouvé dans la Poésie après la Seconde Guerre mondiale.

Sur scène, Gabriel Dufay, bouleversant de sincérité, s’accompagne de la gracieuse Pauline Masson qui renforce l’oscillation entre onirisme et réalisme. C’est beau, fort, pure et passionné. Un vibrant hommage au poète français mal-aimé, littéralement transcendé dans cette formidable proposition scénique qui, telle l’apparition qui le torture, nous hantera pour longtemps.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor