Jamais plus

Jamais plus
Avec Antoine Fichaux
  • Antoine Fichaux
  • Théâtre du Roi René
  • 4, rue Grivolas
  • 84000 Avignon
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Le parcours d'un homme passant des jeunesses hitlériennes au mouvement résistant " La Rose Blanche ", de la fascination à la révolte.

Alors que le nazisme est en marche dans l'Allemagne d'avant-guerre, Franz Weissenrabe, un garçon ordinaire, est irrésistiblement séduit par la fraternité et les activités proposées par les jeunesses hitlériennes.

Il devient ainsi peu à peu le jouet du fascisme, un bon petit soldat, prêt à tout, même à dénoncer son père lorsque celui-ci veut aider des juifs à quitter le pays. Face à la violence de l'arrestation de la famille juive et de son père Franz va rompre avec tout ce qu'il aimait et rejoindre le mouvement résistant " La Rose Blanche ".

Jamais plus est un appel à réflexion. À travers Franz, on s'interroge sur le droit à l'innocence, le patriotisme, la force et le droit de révolte, la liberté d'expression…

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17 mars 2019
9/10
4 0
« Jamais plus » de et mis en scène par Geoffrey Lopez au théâtre du Roi René est une histoire glaçante sur une jeunesse qui refuse le nazisme comme solution à son avenir.

Un texte qui réunit son auteur et son interprète Antoine Fichaux, tous deux sensibles à cette période et à cette histoire de ces jeunes qui ont osé dire stop, non au nazisme et qui le payèrent de leurs vies.
Cette fiction qui met en scène Frantz Weissenrabe, est basée sur des faits réels dont Geoffrey Lopez s’est inspiré, notamment avec le livre d’Inge Scholl, sœur aînée de Hans Scholl qui faisait partie de ce groupe de trois étudiants guillotinés par le bourreau Johann Reichhart, à la suite d’un procès éclair de seulement trois heures, mené par le juge chéri d’Hitler : Roland Freisler.

Nous sommes en février 1943, fraîchement rasé, Frantz notre héros, apparaît dans le brouillard telle une icône de cette jeunesse arienne, le regard déterminé aux yeux bleus perçants, la silhouette carrée, musclée, la position volontaire, dans les traits d’un Antoine Fichaux confondant de réalisme.
Un brouillard annonciateur de mort comme dans « Nuit et brouillard », la seule façon d’éradiquer ceux qui s’opposent au Reich : « les prisonniers disparaîtront sans laisser de trace… ».
Une jeunesse hitlérienne, pour les 14-18 ans, dont l’organisation fut fondée en 1922, mais qui à l’arrivée au pouvoir du parti nazi en 1933 comptait plus de 2 millions de sympathisants, à noter que l’embrigadement était obligatoire dès l’âge de 6 ans. Une jeunesse aveuglée, qui voua une admiration, une obéissance à ce dictateur Adolf Hitler, encadrée par un certain Himmler…

Mais aussi une jeunesse qui se réveilla et qui décida d’arrêter de vénérer ce seul parti nazi accepté, d’être ces bons petits soldats prêts à toutes ces exactions au nom d’une idéologie meurtrière.
Elle ne voulait plus être ce jouet que l’on manipule au gré des folies d’un homme qui avait perdu la raison.
Elle refusait dorénavant l’avenir que ce dictateur avait choisi pour eux : elle refusait de se soumettre, elle résistait.
Et c’est ainsi que quelques étudiants fondèrent le mouvement « La rose blanche » en juin 1942 : un élan d’humanité dans ce chaos orchestré par un fou.

Frantz, du fond de sa cellule, après son arrestation par la gestapo, écrit à sa mère, sans savoir si elle pourra le lire. Il lui raconte dans un premier temps le pourquoi du comment, sa séduction pour le parti nazi, son endoctrinement qui le poussa entre autres à exclure les juifs de l’Allemagne, les responsables de la crise tant martelée par Hitler lors de ses discours.
La violence devenait petit à petit son quotidien et il en prenait plaisir : il faut savoir être fort et ne pas pleurer comme une femme.
Frantz est le représentant type de cette jeunesse qu’Hitler affectionnait et qu’il façonna pour mener à bien son projet de domination de l’Europe.
Et puis dans un deuxième temps tout bascule, lui qui était prêt à tout pour satisfaire son maître, quitte à dénoncer son père qui cachait des juifs, ne supporte pas dans un sursaut de lucidité de le voir arrêté avec une famille juive ; une arrestation avec tant de violence qu’il se réveille, brise ses chaînes, et se met à fréquenter des étudiants de son âge à l’insouciance qui libère ses émotions et rejoint le mouvement « La rose blanche ».
Et c’est lors de la distribution de tracts, lancés dans la cour intérieure de l’université de Munich, qu’ils sont arrêtés tous les trois, interrogés, jugés, condamnés à mort pour haute trahison et exécutés dans la foulée le 22 février 1943, Sophie en premier.

Dans une belle élégance Antoine Fichaux endosse le rôle de ce jeune étudiant avec sobriété. Il incarne avec justesse et émotion les contradictions qui animent l’existence de Frantz. Dans un cri glaçant, il porte haut et clair cet appel qui doit nous faire réfléchir : « Jamais plus ».
Un appel qui de nos jours avec tous ces actes qu’ils soient antisémites ou autres, est malheureusement d’actualité et résonne en nous avec tristesse.

Dans une ode à la résistance, où le pardon peut trouver sa place, Geoffrey Lopez signe un texte magnifique et une mise en scène qui pointe du doigt tous les dangers que représente une telle société. Les jeux de lumière de Filipe Gomes Almeida, importants dans cette mise en scène, accentuent ce sentiment de malaise qu’il fait naître en nous. Les costumes de Patricia de Fenoyl, notamment avec la vareuse qui transforme notre Frantz en Hitler, donnent une touche réaliste à cette histoire. La musique de Brice Vincent accompagne avec finesse le parcours de Frantz dans ses réflexions.

« Ce n’est pas difficile de mourir. Il faut juste se laisser aller. Vivre demande plus d’exigence. »
31 mars 2018
8/10
10 0
Franz Weissenrabe est un jeune garçon, tout ce qui a d’ordinaire, qui voue une admiration sans borne à sa patrie, l’Allemagne et au führer Hitler.

Depuis son plus jeune âge, Franz est séduit par la jeunesse hitlérienne. Lui, blond aux yeux bleus, l’archétype du parfait Allemand, se prend à adopter les us et coutumes de cette idéologie. Il devient à son tour un «chef» fasciste et endoctriné, au point de dénoncer son père lorsque ce dernier aide une famille juive à quitter le pays.
Témoin de la violente arrestation de cette famille et surtout de celle de son père, les convictions de Franz volent en éclats.

Quelques années plus tard (Eté 1942), devenu médecin, il rejoint avec son frère « la Rose Blanche », un mouvement de résistance.

C’est ce récit que conte Franz à sa mère du fond de sa cellule, après sa capture par les Nazis. Il essaie de comprendre comment a-t-il pu suivre, être manipulé par cette idéologie inhumaine et cruelle.

Formidablement, interprété par Antoine Fichaux, ce seul en scène nous interpelle sur les dérives du patriotisme, mais également sur l’opposition de cette jeunesse Allemande à ce régime hitlérien, au risque d’y perdre la vie et qui a fait preuve de courage face à une nation admirative d’Hitler.
La mise en scène est percutante, intelligente.
Le texte est remarquable par sa puissance et la justesse des mots.
C’est touchant et poignant... un bout d’histoire qui a été quelque peu minimisé
À voir...
2 mars 2018
9/10
48 0
Février 43. Dans une prison munichoise.
Un jeune homme croupit sur une paillasse en attendant la guillotine.
Franz Weissenrabe fait partie des rares jeunes allemands qui ont dit non au nazisme, non au fascisme, non à la dictature d'un homme.

Ce jeune homme écrit à sa mère. Il va raconter sa courte vie, et les raisons qui l'ont poussé à résister au pouvoir hitlérien.

Geoffrey Lopez a écrit ce récit de fiction inspiré de faits réels.
Oui, de jeunes allemands se sont soulevés. Des jeunes hommes et des jeunes femmes se sont rebellés, et ont rejoint une organisation de résistance, la Rose blanche.

C'est Antoine Fichaux qui incarne ce jeune homme ce personnages fascinant et on ne peut plus intéressant.

Une constatation s'impose immédiatement aux yeux des spectateurs : il a le physique de l'emploi.
Grand, mince, les cheveux châtains tirant sur le blond, les yeux bleus, il est parfait en jeune allemand enthousiaste à l'idée de faire partie des jeunesses hitlériennes.

Car l'auteur-metteur en scène a découpé sa pièce en deux parties.
Dans la première, le personnage va raconter sa première passion pour le régime fasciste arrivé au pouvoir.
C'est une idée formidable. Au départ, Franz est un pur produit de l'Allemagne nazie.
Ce jeune a adhéré au nazisme par le biais des jeunesses hitlériennes, même si sa prime jeunesse le poussait surtout vers les feux de camps, les retrouvailles avec les copains, les voyages au bord de la mer...

Mais bientôt, les choses empirent.
Franz devient lui-même un petit führer. Il devient chef d'une groupe de jeunes, qu'il rosse copieusement, pour les endurcir.

Et puis, dans une scène bouleversante, le comédien va revêtir la tristement célèbre vareuse vert-de-gris à l'aigle nazie.

(J'en profite pour rappeler que ces uniformes SS ont été dessinés par un certain Hugo Boss, couturier de son état, et qui adhéra au nazisme dès 1931... Si si...)

Antoine Fichaux excelle à interpréter cette exaltation des débuts de sa vie.
Il nous fait comprendre les mécanismes d'endoctrinement, le lavage de cerveau, la fascination pour le chef.

Le comédien parvient parfaitement à nous faire visualiser les défilé sur Kürfürstendamm Straße, les exactions contre les boutiques tenues par les commerçants juifs, l'idolâtrerie envers Hitler.

Et puis, un événement va être le déclencheur de la révolte.
La prise de conscience.

La scénographie de Geoffrey Lopez va joliment matérialiser un important personnage. Je vous laisse découvrir par vous-même.
La deuxième partie peut débuter.

Antoine Fichaux devient plus grave, son personnage grandit très rapidement.
Il nous raconte la rencontre déterminante avec d'autres résistants, et notamment Sophie.
Le comédien est remarquable dans son appropriation d'un texte dense et intense, et dans sa capacité à nous faire détester puis aimer son personnage.

Le « tournant » de la pièce est parfaitement crédible, et m'a totalement convaincu.
La mise en scène de Geoffrey Lopez permet parfaitement au comédien de donner toute la mesure de son talent, sans mièvrerie aucune, sans effets superfétatoires, sans jeu exagéré.

Une vraie justesse se dégage de tout ceci.

J'ai été captivé par cette tranche de vie, cette courte trajectoire humaine d'un jeune homme qui a dit « Jamais plus », et qui pardonnera à tous ceux qui n'ont pas eu son courage et la force de résister.

De nombreux jeunes spectateurs étaient dans la salle hier. Tout comme moi, ils ont copieusement applaudi à la fin du spectacle.
Des applaudissements nourris, mais qui ne viennent pas immédiatement après le noir final.
Il nous faut du temps pour redescendre, pour reprendre nos esprits.
C'est un signe qui ne trompe pas !

Une dernière chose : il y a exactement soixante-quinze ans et une semaine que l'organisation résistante allemande la Rose blanche a été arrêtée. Tous ses membres ont alors été exécutés.

Ce spectacle leur rend un vrai et vibrant hommage.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor