Il y aura la jeunesse d'aimer

Il y aura la jeunesse d'aimer
Mis en scène par Didier Bezace
Avec Didier Bezace
  • Didier Bezace
  • Ariane Ascaride
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 40,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Faire entendre les mots connus, et d’autres qui le sont moins de Louis Aragon et Elsa Triolet, c’est ce que s’efforcent de faire Ariane Ascaride et Didier Bezace en disant ces textes qui s’installent à jamais dans nos mémoires.

Cette lecture à deux voix est consacrée aux textes d’Aragon sur l’amour et le couple, en premier lieu, sur celui qu’il forma avec Elsa Triolet. Les titres abondent : Les Yeux d’Elsa, Elsa, Le Fou d’Elsa... 

Mais Elsa Triolet fut bien autre chose que "la muse de". Elle fut un écrivain de talent (la première femme à recevoir le Prix Goncourt) et une combattante courageuse décorée après la victoire sur le nazisme.

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1 nov. 2018
9/10
1 0
Quel moment délicieux, Ariane Ascaride et Didier Bezace ce soir, rien que pour nous dans la petite salle du théâtre rouge au Lucernaire. Ariane Ascaride et Didier Bezace nous content des extraits de poèmes, de correspondance et de roman de ce couple mythique que furent Elsa Triolet et Aragon.

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire.
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer. L.A

Sur le bonheur volé fermons notre fenêtre
De peur que le jour n’y pénètre… E.T

La complicité d’Ariane Ascaride et Didier Bezace nous émeut et nous bouleverse ; leur regard, leur hochement de tête, le timbre de leur voix…
Nous sommes devant Elsa et Aragon. C’est magique.

Nous parcourons les poèmes d’Amour, les récits érotiques mais aussi des extraits de romans ou de nouvelle concernant leur engagement politique et militantisme.

Les nouvelles d’Aragon sont parfois remplies d’humour.
Les bons voisins : La police de Vichy s’introduit chez Pauline et Robert pour perquisitionner…
Didier Bezace et Ariane Ascaride nous content cette nouvelle avec un brio hors du commun, nous pleurons de rire, c’est fabuleux.

Nous avons fredonné avec Brassens ou Ferrat
« Il n’y a pas d’amour heureux », « la femme est l’avenir de l’homme ».
Ces poèmes portés par les voix Didier Bezace et Ariane Ascaride, prennent une extraordinaire dimension, ils vous transpercent l’âme et vont droit au cœur.
Que dire de plus, courez vite au Lucernaire et prenez un bain de plaisir et d’émotions.
9,5/10
2 0
... Magnifique ! Une lecture-spectacle exceptionnelle qu’il faut gouter et savourer sans attendre, au risque de manquer une pépite à notre portée pour quelques représentations. Vous ai-je dit que je trouvais ce spectacle magnifique ?
1 nov. 2018
9,5/10
39 0
La délicatesse. L'émotion. La grâce.
Voici de quoi était faite cette inoubliable soirée au Lucernaire !

Deux pupitres. Deux chaises hautes. Deux micros.
Les fils d'Ariane et de Didier.
Deux fils qui vont relier Ariane Ascaride et Didier Bezace aux spectateurs fascinés, subjugués par ce qu'ils vont recevoir de la part de ces deux immenses comédiens.
Deux fils qui vont porter et magnifier les mots d'Elsa Triolet et Elsa Aragon.

Les deux acteurs nous embarquent dans un voyage amoureux, une lecture-spectacle avec des textes connus ou moins connus des deux écrivains.
Deux fois deux.

Pour nous parler d'amour, du couple, et pas n'importe lequel...

Cette installation, chaises-pupitres-micros, m'a évoqué à ces émissions naguère enregistrées à Radio France en général, à France Culture en particulier, des diffusions de pièces, de nouvelles que j'écoutais, les oreilles collées au poste. Des lectures qui subliment les mots, les textes, les paroles.
Ici, j'ai retrouvé cette dimension radiophonique à laquelle m'a fait penser la mise en scène de Didier Bezace.

Oui, un microphone permet bien des choses. Sans cet outil, même le plus talentueux des comédiens ne pourrait envisager parler d'une voix au volume imperceptible, ou s'exprimer avec une dose de réverbération.

C'est d'ailleurs par des chuchotements amplifiés que va débuter le spectacle.
Grâce à lune somptueuse prise de son, nous allons entendre ces mots doucement prononcés, ces délicates syllabes chuchotées, ces tendres sonorités de la belle langue des deux auteurs.
Dans un silence sépulcral, Melle Ascaride et M. Bezace commencent à nous dire ces mots connus ou moins connus.

A l'image des chuchotements, les deux comédiens débutent dans une douce pénombre.
Léo Thévenon, le concepteur lumière, a eu l'excellente idée d'éclairer les comédiens en contre. Ce sont les feuilles blanches posées sur les pupitres qui vont réfléchir la lumière sur les visages. L'effet est très beau.

Ce que les deux vont nous offrir est fascinant !
Il s'agit beaucoup plus que d'une simple lecture. J'ai été impressionné, bouleversé par la manière dont les deux interprètent ces textes. Les voix, bien entendu, mais également les visages !
Assis qu'ils sont, grâce à leurs expressions, leurs mouvements de tête, leurs regards l'un vers l'autre, leurs coups d'oeil, nous avons devant nous les personnages qui se mettent à vivre.
J'ai écouté, émerveillé, mais je les ai vus également, les Bénédicte, Aurélien, Robert, Pauline, Elsa, Louis et consorts...

Avec une délicatesse infinie, les œuvres choisies sont mises en valeur dans un bel écrin d'interprétation.
Le choix des textes fait alterner poésie, engagement, militantisme. Et humour, aussi.
A cet égard, Didier Bezace joue notamment un policier aux bruits de bouche intempestif, son adjoint au zézaiement prononcé, venus perquisitionner pendant la guerre le pauvre Robert, dont je vous laisse découvrir le nom de famille.
(L'imparfait du subjonctif « dusse » est hilarant ! )
Ariane Ascaride est quant à elle drôlissime en Pauline, l'épouse du sus-nommé, un fichu sur la tête, à la voix et à la truculence d'Arletty.

Nous serons également bouleversés par des textes poétiques plus connus. Comment rester de marbre lorsque Melle Ascaride nous rappelle d'une façon bouleversante que l'avenir de l'homme, c'est la femme.

Il faut noter qu'après les applaudissements nourris, les multiples bravi, nous avons eu droit à un rappel.
Les deux complices ont dédié un émouvant poème, « Le sacre de l'avenir » à Jack Ralite, ancien ministre et auteur notamment de l'ouvrage « Aragon d'hier à aujourd'hui »

Il faut absolument venir au Lucernaire afin de découvrir cette heure et demi de pure poésie et d'intense émotion.
La grâce !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor