• Classique
  • Comédie Française - Studio Théâtre
  • Paris 1er

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée
De Alfred de Musset
Mis en scène par Laurent Delvert
  • Comédie Française - Studio Théâtre
  • 99, rue de Rivoli
  • 75001 Paris
  • Louvre-Rivoli (l.1)
Itinéraire
Billets de 11,00 à 22,00
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Avec ses proverbes, Alfred de Musset renouvelle la comédie de mœurs, dans une forme libre qu’il assume loin des simples divertissements de salon, l’enrichissant d’une dimension morale. Succès dès sa création en 1848, ce proverbe en un acte joué chaque année au Français entre 1910 à 1970 ne l’a plus été depuis 1980.

Pour sa première mise en scène avec la Troupe qu’il connaît bien pour avoir été l’assistant de nombreux metteurs en scène, dont Ivo van Hove pour Les Damnés présentés cette saison, Laurent Delvert choisit cette pièce qui l’accompagne depuis près de vingt ans. « J’ai grandi avec elle », confie-t-il. Il fait résonner la langue de Musset dans un loft-atelier, un salon moderne empreint de l’agitation urbaine, îlot flottant à même de faire ressortir les enjeux intimes et sociaux de l’entrevue de la Marquise et du Comte qui n'ose lui demander sa main.

Mais ce jour, par un heureux hasard du mauvais temps ou par la mise en œuvre d’une manigance féminine, il est le seul invité à se présenter chez elle.

S’ouvre alors une joute verbale, « magnifique et sensuelle confrontation, animale aussi, faite de tension et de désir mêlés ». Laurent Delvert s’intéresse autant à nos résistances qu’à nos vies qui s’écoulent doucereusement sans faire de choix. « Mais fermez donc cette porte ! » répète la jeune femme, exhortant son soupirant à s’abandonner à « l’inconnu »...

Note rapide
6,5/10
pour 7 notes et 7 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
4 critiques
Note de 4 à 7
57%
3 critiques
Note de 8 à 10
43%
Toutes les critiques
8 févr. 2019
7,5/10
1 0
« Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée » d’Alfred de Musset mise en scène au studio de la Comédie Française par Laurent Delvert est un petit lever de rideau bien sympathique.

Un proverbe joué tout en fraîcheur par Jennifer Decker, agrémenté d’une série de va-et-vient menés par un Christian Gonon déterminé à faire valoir son amour.

Dans un décor dépouillé de Philippine Ordinaire, en forme de ring, pour cette joute verbale, la Marquise est dans son atelier où elle modèle de ses mains de la glaise par une après-midi froide et pluvieuse ; où le poêle et le voilage en seront témoins.
C’est son jour de réception, jour de sacrifice aux rituels mondains ; mais semble-t-il, il n’y aura qu’un seul visiteur : le Comte.
Tout porterait à croire que telle a été sa volonté…

D’un rang plus élevé que le Comte, la Marquise s’amuse des ses atermoiements qui par des chemins détournés essaye de lui avouer son amour. Elle le provoquera jusqu’à ce qu’il ose enfin se déclarer.
De faux départ en faux départ de ce Comte maladroit, la Marquise aux yeux rieurs glissera avec volupté ses doigts sur la glaise qu’elle façonne au gré des déclarations de ce Comte éperdu d’amour pour elle. Une montée des désirs autour de cette porte qui s’ouvre et qui se ferme.
Nous assistons dans cette joute, ce jeu, à une confrontation de deux univers.
Le comte aux multiples maîtresses, mais fortuné, voit dans les yeux de cette Marquise un amour qu’il veut marier.
Pour cette Marquise, veuve, prête à faire un pas en arrière, c’est l’opportunité de reconstruire sa vie, n’oublions pas qu’elle a dépassé la trentaine…

Dans une mise en scène fluide, sobre Laurent Delvert laisse place à l’intimité de nos deux héros et à la subtilité, la grâce du jeu de Jennifer Decker où sa sensualité s’exprime par le langage de ses mains, de son corps face à Christian Gonon, tout en retenu, à la recherche du bon mot pour exprimer tout son amour. Un jeu à l’émotion palpable pour un homme gauche mais déterminé.

C’est une bonne idée que d’avoir monté cette pièce dans un univers contemporain, loin de ces langages aux costumes qui dans le cas présent pourraient être pesants : les déclarations d’amour ne sont-elles pas intemporelles ?
La sobriété de ceux de Christian Lacroix laisse toute notre attention aux échanges de ces deux amoureux, amoureux de la vie.

La Marquise ne cesse d’invoquer le bal qui doit clore son jour de visite, eh bien c’est dans une valse, en préliminaire, que nos deux tourtereaux s’uniront pour un futur que nous leur souhaitons des plus heureux.

Une porte ne doit-elle pas être ouverte ou fermée ?
Dans le cas présent la Marquise aura pour réponse à son futur : « Oh fermez cette porte, cette chambre ne sera plus habitable. »
22 janv. 2019
8/10
18 0
Un homme, une femme !

Qui se cherchent, se perdent, se retrouvent, se repoussent et s'attirent ... se cachent puis se dévoilent, se désirent et se fuient.
C'est à un duel galant, un ballet fiévreux et complexe que nous convie Musset, qui nous invite à vaincre nos inhibitions.
C'est finalement elle, en prenant l'initiative, qui les conduira à ce fragile équilibre du couple ...

Un texte fort et incroyablement juste et moderne, qui regorge de pépites.

Encore un très joli moment comme sait si bien en proposer le Studio Théâtre !
15 avr. 2017
6/10
21 0
Le texte est bien sûr de bonne qualité et sa modernité est indéniable.

Je crois d'ailleurs que c'est la modernité de cette marquise implacable, presque inhumaine à l'image de la femme moderne qui m'a fait que je n'ai pas accroché.

La pièce est très courte (45 min pour ce tarif on se rapproche du vol) et la fin précipitée.
8 avr. 2017
7/10
16 0
Porte sur cour

Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée est l’occasion de redécouvrir un genre théâtrale oublié, le proverbe, pièce courte, souvent improvisée, qui, en guise de moralité, se termine sur un proverbe.

Le proverbe qui nous est donné au studio théâtre est une conversation spirituelle et romantique, entre une marquise et un comte qui n’osent s’avouer ouvertement qu’ils s’aiment et s’amusent dans les faux semblants de la langue française... Bien sur il m'est impossible de vous dévoiler la chute, cela serait trahir ce proverbe.

C’est divertissant, humoristique, l’occasion de passer un bon moment.
3 avr. 2017
4/10
55 0
Voilà une pièce que je connais assez bien, et que j’aurais pu prendre beaucoup de plaisir à redécouvrir. Je l’ai vue plusieurs fois il y a plus de 5 ans maintenant, dans une mise en scène de Jean-Marie Besset au théâtre de l’Oeuvre. Le spectacle s’ouvrait sur un Musset, qui était suivi d’une pièce de Besset, Je ne veux pas me marier. Entre les deux pièces, les comparaisons affluaient : si le style était différent, les intentions, les sentiments, les tournures humaines étaient d’une proximité incroyable. J’aurais aimé retrouver ce soir la douceur et la poésie de cette courte pièce de Musset. Mais j’en sors les oreilles écorchées.

Musset nous entraîne dans un badinage galant : un Comte se rend chez une Marquise et lui fait la cour. Lorsqu’il lui déclare qu’il l’aime et ne pense qu’à elle depuis plus d’une année, elle se contente de lui rire au nez, se moquant de sa manière de faire la cour, si conventionnelle. A plusieurs reprises, le Comte, blessé, feint de partir mais chaque fois elle l’en empêche in extremis et les compliments, les flatteries, les déclarations reprennent, jusqu’à ce que la vérité éclate dans une fin toute en poésie.

C’est d’autant plus dur d’assister à la destruction d’un texte lorsque celui-ci est sublime. Mais ici, pas de quartier. A nouveau, Jennifer Decker produit ce que je redoutais le plus : incapable d’incarner la moindre émotion, elle surjoue tout au long du spectacle – ce qui est bien dommage puisqu’elle représente 50% de la distribution, et pratiquement 80% du texte. Incapable de s’accorder sur un style, elle tente tout : de la Marquise nunuche à la racaille vulgaire, j’aimerais pouvoir dire qu’elle cabotine mais cela sous-entendrait qu’elle a du métier. De son port jusqu’à ses répliques en passant par sa gestuelle, tout sonne faux, récité, appliqué.

Pauvre Musset. Et pauvre Christian Gonon. Incapable d’interpréter son rôle, elle va même jusqu’à écraser son partenaire de ses mouvements inutiles. Elle se regarde jouer et pas à un moment ne semble prendre conscience de lui… qui donne pourtant une jolie consistance à son personnage. On retrouve avec plaisir la poésie et la sensibilité de Musset, sa passion toute en finesse, ses évocations pleines de retenue. Je lui aurais souhaité une véritable partenaire… pour l’instant, je ne peux lui souhaiter que du courage.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor