Hate

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  • Théâtre Nanterre-Amandiers
  • 92000 Nanterre
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Toute à son originalité, Laetitia Dosch mène, en dehors de sa carrière d’actrice au cinéma et au théâtre, une recherche qui lui est tout à fait personnelle.

De son premier texte, Le Bac à sable, écrit alors qu’elle était encore étudiante à la Manufacture de Lausanne, à son dernier spectacle, Un Album, inspiré par l’humoriste suisse Zouc, la singulière jeune femme s’épanouit sur les chemins de traverse. Sur le dernier emprunté, elle a rencontré un cheval…

Dans ce nouveau spectacle, HATE, l’actrice nue joue, soliloque et dialogue avec un cheval auquel elle se livre sans candeur et sans impudeur. Afin de mieux comprendre et cerner le chaos de notre époque, et pour en finir une bonne fois pour toutes avec ce sentiment de pouvoir qui pousse à la destruction des gens supposés inférieurs, de la nature, des animaux, elle choisit de vivre avec un cheval en établissant une relation d’égalité avec lui et, au-delà, avec l’Autre (le partenaire, le faible, la nature).

Une relation respectueuse. De petites chansons en rap ravageur, de récits intimes en engagements politiques, du temps qui passe en moments suspendus par la beauté des images, d’une quête joyeuse en incompréhensions violentes, HATE est aussi l’improbable mais possible invention d’un amour fou entre la femme et le cheval.

Sans domination humaine, sans manipulation, sans sauvagerie animale, la relation est-elle viable? L’amour et le partage peuvent-ils apporter un peu de poésie? Alors, Laetitia Dosch monte à cheval, lève son épée et se jette à corps perdu dans cette épique quête utopique.

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23 sept. 2018
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Dorénavant, tout spectacle devrait avoir son cheval. Qu’est-ce que ça fait du bien d’entrer dans une salle à pas feutrés (j’espère que Laetitia Dosch, assise sur les marches, a remarqué combien je faisais attention à ne pas faire de bruit en les descendant), d’apprécier ce silence avant le début de la représentation. rien de tel pour entrer dans l’univers de Corazon, déjà présent sur scène.

Il reste immobile. Il joue ou bien il est ? Il parait vivant. Non, il parait conscient de la tournure des événements.

Laetitia Dosch arrive, l’observe, enlève ses vêtements par souci d’équité avec l’équidé et entre dans l’arène.

Alors que dans « Un Album », la comédienne suisse se prêtait au jeu des personnages, ici, elle parle à la première personne, parle à Corazon comme s’il était son confident apparemment muet, de ce que devient le monde, de ce qu’elle est et fait, elle, dans ce monde.

On ressent un amour et un respect quasi-mutuels entre les deux artistes présents sur scène. Parce que Corazon parle aussi. Comme les deux Corvidés auxquels Jonathan Capdevielle et Laetitia Dosch avaient prêté leurs voix lors d’un précédent festival d’Avignon.

Corazon joue, Laetitia s’adapte, improvise, retrouve le fil.

Corazon urine, Corazon est en érection. Il parait tranquille, serein. Il apprivoise la comédienne.

Une relation intime, charnelle se crée sous nous yeux, parfois dérangeante quand on y pense.

Aux saluts, Corazon est accompagné d’une camarade. A la fin de ceux-ci, Laetitia Dosch adresse une dernière caresse à Corazon et lui chuchote quelque chose à l’oreille. Le spectacle est terminé, les spectateurs commencent à se lever, elle continue à lui parler avant de s’éclipser.

Un moment hors du commun, un moment suspendu.
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