Gainsbourg forever

Gainsbourg forever
  • Théâtre Essaïon
  • 6, rue Pierre-au-Lard
  • 75004 Paris
  • Rambuteau (l.11)
Itinéraire
Billets de 18,00 à 35,00
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Le parcours d’un Dom juan pas comme les autres à travers le regard de sa sœur jumelle.

De Lucien à Serge, de Juliette à Charlotte… des destinées se croisent, s’aiment, s’enrichissent, se déchirent… pour donner vie à une légende.

L’inspiration que Serge Gainsbourg a trouvée en ces femmes a fait de lui un personnage éternel. 

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17 mai 2019
7,5/10
3 0
C’est Liliane la sœur de Lucien Ginsburg ou plutôt Myriam Grélard qui nous raconte avec passion la fabuleuse vie de l’homme aux oreilles de chou.

Il voulait être peintre, il sera auteur compositeur interprète à succès. Dans un décor sobre et simple l’histoire prend vie au fur et à mesure de la narration. On se laisse prendre au jeu de l’actrice en entrant dans l’univers de ce musicien de génie. De Serge Gainsbourg à Gainsbarre on découvre un homme timide et complexé qui finit par s’affirmer, se construisant de femme en femme et de chanson en chanson. Il finira par dire qu’il faut prendre les femmes pour ce qu'elles ne sont pas et les laisser pour ce qu'elles sont. Le texte est illustré par des intermèdes tantôt en live tantôt en extrait de chansons.

Cette évocation écrite avec tendresse pour cette icone de la chanson française nous procure une grande émotion. Le spectacle s’achève avec une projection du portrait du chanteur sur Requiem pour un con.
30 avr. 2019
7,5/10
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Je n'avais pas vu l'été dernier au festival d'Avignon Gainsbourg forever, sous-titré Gueule d'amour, annoncé comme la restitution du parcours d’un Dom Juan pas comme les autres à travers le regard de sa sœur jumelle.

Le spectacle, dont la première a eu lieu le 2 avril 2017, "tourne" depuis deux ans et rencontre un succès mérité par l'intelligence de l'hommage.

Myriam Grélard, qui en est l'auteure et l'interprète, a voulu démontrer ce que Serge Gainsbourg doit aux femmes, faisant de lui un personnage mythique.

On l'entend sans surprise sur l'entrée du public, Bonnie & Clyde, Dieu est un fumeur de havanes ... Nous sommes dans l'ambiance malgré un décor très simple, deux chaises dont le dossier est peint de touches de piano en trompe l'oeil et un porte-manteau où pend le costume dont on se souvient le plus et que la comédienne détaillera plus tard.

Comme tous les mythes, subsistent des zones d'ombre comme la naissance de ses deux premiers enfants Natacha et Paul ... dont il n'est pas question dans le spectacle qui se concentre sur une période plus lumineuse, à partir de l'arrivée de Jane Birkin dans la vie de l'artiste.

Le spectacle commence par l'entrée en scène de sa soeur jumelle Liliane (si peu connue qu'on croirait qu'elle est imaginaire) aujourd'hui très âgée qui évoquera les mains de leur père, Joseph Ginsburg, né à Constantinople (Turquie) le 27 mars 1896 (décédé le 22 avril 1971), qui bien que d'abord intéressé par la peinture, entrera au Conservatoire de Petrograd, puis à celui de Moscou pour étudier la musique où il choisira le piano.
Il rencontre Brucha Goda Besman (1894-1985), surnommée Olga, en Crimée. une mezzo-soprano qui deviendra son épouse le 18 juin 1918. l'année suivante Joseph et Olga, fuyant la guerre et la dictature bolchévique, quittent Odessa (Ukraine), s'exilent en Géorgie, puis à Istanbul avant de débarquer le 25 mars 1921 à Marseille et s'installer à Paris où ils retrouvent le frère d'Olga qui travaille pour la banque Louis-Dreyfus. Joseph est pianiste de bar et de cabaret, Olga chante au conservatoire russe. Ils vivent au 35 rue de la Chine dans le 20e arrondissement.

La comédienne devient Olga avec un simple fichu sur la tête. Elle raconte la naissance de leur petit Marcel qui mourra à seize mois d'une pneumonie, puis celle de Jacqueline en 1926.

Très vite enceinte de nouveau elle confie vouloir avorter. Elle est enceinte d'une nouvelle fille Liliane ... et d'un garçon, Lucien, lequel changera de prénom pour Serge, parce que ça fait plus russe.

Il aurait aimé être peintre, mais il sera musicien comme son père. La révélation se produira en écoutant Boris Vian (qui écrit et interprète des textes provocateurs, drôles, cyniques) au cabaret Milord l'Arsouille, où Serge est engagé comme pianiste d'ambiance pour accompagner les vedettes de l'époque, comme Michèle Arnaud qui le poussera à interpréter son propre répertoire. Le succès du Poinçonneur des Lilas est immense. Jacques Canetti, (alors directeur du Théâtre des Trois Baudets et directeur artistique des Disques Philips), le prend en main.

Son charme fait des ravages auprès des femmes. L'époque des yéyés arrive, il débute avec Juliette Gréco, une collaboration dont le point d'orgue sera La Javanaise à l'automne 1962. La magie se pursuit avec le Grand Prix du Concours Eurovision de la chanson le 20 mars 1965 gagné avec Poupée de cire, poupée de son chanté par France Gall.

Il avait enregistré Je t'aime moi non plus en duo avec Brigitte Bardot. Mais celle ci soudain affolée de la réaction probable de son mari supplie Serge de ne pas sortir le disque et celui ci, parfait gentleman fera bloquer la production. Le secret ne sera révélé que vingt ans plus tard (avec l'accord de Brigitte). Il rencontre Jane Birkin séparée du compositeur John Barry dont elle vient d'avoir une fille, Kate Barry, sur le tournage du film Slogan, en 1968. Elle le trouve hideux et macho. Le réalisateur organise pour eux seuls un dîner chez Maxim's. L'amour les enflamme. Serge offrira Je t'aime moi non plus à Jane. Ce sera le plus grand succès de chanson érotique à ce jour.

La comédienne poursuit le récit en devenant quelques instants Jane, dont elle joue le personnage en provoquant le trouble : mêmes mimiques, même accent, même timidité. C'est bluffant.

Alors qu'il se voit comme l'homme à la tête de chou c'est Jane qui lui fabrique le look que l'on connait : cheveux un peu longs dans la nuque, barbe de deux jours, chemise, blanche, jean, et lui offre sa première paire de Repetto.

Charlotte nait le 21 juillet 1971. Serge sera un papa gâteux pour les deux filles qui vivent avec lui et Jane. Mais le couple mythique ne durera pas éternellement. Jane a pris peur à la première crise cardiaque (1973) et l'escalade dans la provocation va l'effrayer de plus en plus.

Myriam Grélard devient Charlotte qui, pour expliquer le caractère de son père avait cette jolie formule : un ciel bleu, il ne savait pas quoi en dire.

Des femmes il disait les prendre pour ce qu'elles ne sont et les laisser pour ce qu'elles sont. Plusieurs des confidences qui suivent sont connues. Le personnage de Gainsbarre est à peine esquissé. Elle est persuadée que derrière la désinvolture et le désenchantement se cachaient tendresse, sensibilité et gueule d'amour. Voilà l'explication du sous-titre.

La suite va vite. Serge tombe (encore) amoureux. Bambou est gravement toxicomane. Il l'oblige à arrêter pour lui donner un dernier enfant, Lulu, qui naitra le 5 janvier 1986. Il pourra être fier de clamer : en donnant la vie j'ai sauvé une vie (celle de Bambou). Mais lui ne s'économise pas. il mourra d'une cinquième crise cardiaque le 2 mars 1991 à son domicile parisien de la rue Verneuil.

Une plaque sera dévoilée le 10 mars 2016 devant l’immeuble du 11 bis, rue Chaptal — à deux pas du musée de la vie romantique —, où vécut Serge Gainsbourg entre ses 4 ans et ses 19 ans. L’artiste fréquenta les bancs de l’école élémentaire de la rue Blanche avant d’entrer au prestigieux lycée Condorcet et de prendre des cours à l’académie de dessin de Montmartre

C’est aussi dans cet arrondissement qu'il monta sur scène pour la première fois de sa vie, rue des Martyrs, au cabaret Madame Arthur. C'est cette cérémonie, à laquelle participait la soeur de serge qui donna à la comédienne l'idée de faire ce spectacle.

Les feuilles mortes retentissent alors qu'elle esquisse quelques pas de danse en serrant dans ses bras le costume de son frère, car c'est de nouveau la soeur qui salue la mémoire de Serge. La boucle est bouclée.
Le portrait du chanteur s'imprime sur le mur de la salle sur la musique de Requiem pour un con. Le public applaudit ... et reste ... un peu secoué, et c'est normal à la fois par la puissance de l'évocation et sans doute les propres souvenirs qu'ils ont de la forte personnalité de serge Gainsbourg. Il est temps d'entendre un ultime message : je suis venu te dire que je m'en vais. Il aura trouvé l’inspiration en ces femmes qui ont fait de lui un personnage éternel.
30 nov. 2018
8/10
8 0
« Dieu est un fumeur de Havane… » Et certes sur la scène du théâtre il y en a des volutes de fumée !

Myriam Grélard nous conte l’histoire de Lucien, fils d’immigrants russes juifs, elle campe Liliane la sœur jumelle, c’est à travers elle que nous connaitrons l’histoire, l’ascension et le destin hors norme de l’homme à la tête de chou, séduisant, aimant les femmes et l’amour.

Il aimait aussi la peinture, la grande musique, un grand admirateur de Chopin, Ravel, Debussy etc, un véritable artiste !

Qui ne connaît ses chansons, les fredonne, je me souviens à la fin d’un spectacle musical, le public a chanté « la javanaise », devant les artistes sidérés ! des paroles simples, poétiques, une musique qui accompagne parfaitement les mots. Les femmes lui ont donné sa chance, ou l’ont aimé avec passion, Juliette Gréco, Michelle Arnaud, BB, et la jeune France Gall l’interprète de « poupée de cire, poupée de son », anecdote personnelle, nous ne manquions jamais le concours de l’Eurovision à la maison, je me souviens de ma mère, en entendant le nom de Gainsbourg, soupirer « pourvu qu’il ne soit pas saoul ! » elle l’aimait bien, mais il avait l’air d’être souvent entre deux verres…

Serge Gainsbourg nous manque, il a marqué et traversé les époques et les genres de musique sans problème. Il aurait eu 90 ans, lui qui se vantait d’avoir enterré trois cardiologues !

Un beau spectacle, Myriam donne vie à BB, Liliane, Edith, et bien sûr à Jane et Charlotte.

« j’ai vu Gainsbourg, Gainsbourg forever, j’ai jamais rien vu d’aussi beau, oh c’est beau, c’est beau Gainsbourg, Gainsbourg forever »…
29 nov. 2018
9/10
4 0
Tendre, émouvant, brillant.

Bel hommage, à Gainsbourg auteur, compositeur interprète hors du commun. Gainsbourg a fait couler beaucoup d’encre et crée bien des polémiques mais il séduira encore bien des générations…

Nous partons à sa rencontre en compagnie de Liliane sa sœur jumelle.
Liliane nous conte son enfance, enfance baignant dans la musique auprès d’un père pianiste jouant Chopin, Gershwin… mais aussi du jazz dans les cabarets pour faire vivre sa famille et d’une mère tendre et aimante.
Nous rencontrons un petit garçon Lucien, timide et complexé par son physique. Lucien se réfugie dans les livres et la peinture.
La musique passe avant les devoirs chez les Gainsbourg, sous l’œil sévère et exigeant du père, Lucien, Liliane et Jacqueline travaillent tous les jours s’en relâche le piano…
Nous le suivons jeune homme s’abandonnant à la peinture puis dans les cabarets jouant du piano pour gagner quelques sous… Lucien deviendra Serge…

Liliane nous parle de ses belles rencontres avec Vian, Juliette Gréco qui lui inspira la Javanaise, Édit Piaf, Brel…
Sans oublier son parcours avec les femmes de sa vie Élisabeth (sa première épouse)… Bardot… Jane Birki.
Nous le côtoyons dans son milieu familial, c’est tendre et émouvant.
C’est rempli d’anecdotes, de petites histoires amusantes. C’est riche, au fil des mots nous devenons les intimes de ce grand artiste.

L’écriture de Myriam Grélard révèle Serge Gainsbourg avec finesse et talent. Il transparait un beau travail de recherche et un grand amour pour cet artiste hors normes.
Sur scène au milieu d’un décor simple et évocateur, Myriam Grélard nous émeut, nous avons devant nous Liliane nous confiant et nous traçant avec attention, justesse et attachement la vie créatrice et prolifique de son jumeau.
C’est un beau spectacle et un joli moment passé avec Gainsbourg.
8/10
5 0
... Un spectacle au charme doux de la mémoire qui passe, teinté d’une profonde affection et d’un grand respect pour l’homme comme pour l’artiste à retrouver ou à découvrir.
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Musique
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Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor