Fred Hersch

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Les belles choses sont parfois longues à venir : Fred Hersch recueille enfin depuis quelques années les fruits de son talent.

Good things happen slowly, tel est le titre de son livre, qui témoigne d’un parcours artistique et personnel exceptionnel. Maître du trio, le pianiste américain est aussi fascinant en solo, en toute liberté. En subtil avant-propos, l’agile contrepoint du saxophoniste Mark Turner.

 

Maison de la Radio - studio 104
116 Avenue du Pdt KENNEDY
75016 PARIS

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10 mars 2019
9/10
25 0
Il descend tranquillement les trois grandes estrades circulaires de la scène du Studio 104. Il rejoint le Steinway & Sons qui l'attend.
Sous les applaudissements nourris des connaisseurs et des fans.

Fred Hersch, l'un des actuels trois plus grands pianistes de jazz, trop rare en France, se produit en solo à la Maison de la Radio.
(Il soulignera d'ailleurs dans notre langue lors de sa première intervention parlée que c'est un honneur pour lui de jouer dans ce lieu historique.)

Fred Hersch, le premier pianiste de l'histoire du jazz à s'être produit en solo au Village Vanguard de New-york, la Mecque du Jazz.
Fred Hersch, celui qui a joué avec Stan Getz, Art Pepper, Joe Henderson, Lee Konitz, Charlie Haden, qui fut également un professeur reconnu à la Berklee School of Music, avec un certain Brad Meldhau comme élève.

Ce soir, il a délaissé ses musiciens-complices habituels John Hebert et Eric McPherson pour nous donner un récital solo.

Et les premières notes s'envolent.

De son toucher si délicat, si particulier, si sensible, Mister Hersch commence par deux compositions personnelles, dont « Havana », extrait de l'album de 2015 « Alive at the Vanguard ».
Immédiatement, ce qui saute aux oreilles, c'est l'immense habileté harmonique de ce musicien.
A partir d'un thème relativement simple, il se lance dans une véritable fugue à la fois audacieuse et délicate, compliquée et limpide.

Ce qui compte pour Fred Hersch, ce n'est pas de jouer le plus de notes possible à la minute.
Certes, c'est un virtuose. Mais ce qu'il nous donne à entendre nous emmène loin, très loin, très tranquillement, doucement, dans un monde fait d'envolées de notes éthérées, de notes bleues, des notes écrites ou le plus souvent improvisées.

La qualité de ces improvisations-là est phénoménale. On sent les influences de Thelonius Monk, Bill Evans, mais aussi de musiciens classiques comme notamment Stravinsky.

Il enchaine avec le compositeur brésilien Antonio Carlos Jobim, ce qui lui permet de mettre en avant une autre de ses facettes, à savoir une maîtrise rythmique qui surprend en permanence par les syncopes, les cassures de phrasé, les subtiles contre-temps, autant de chausse-trappes qui déstabilisent à la fois délicieusement et audacieusement le public pour mieux le rassurer sur le retour du thème.

D'autres compositions suivent, dont la merveilleuse « Sarabande » et un hommage à son père, « My old man », extrait de l'album « Blur ». Les applaudissements sont de plus en plus enthousiastes.

Puis, le pianiste jouera sa version de « For no one », l'une des compositions les plus abouties de Paul McCartney / John Lennon. Ce qu'en fait Fred Hersch confine au sublime, conférant à ce titre une dimension dépassant de très le caractère pop initial.

Puis viennent deux titres de Monk.
Un « 'Round Midnight » très inspiré, grave et sombre, et « Blue Monk » plus léger mais pas moins intéressant.
Nous sommes là à la source de l'inspiration et de l'influence.

Pour le rappel, le pianiste a choisi « And so it goes », une ballade très gospel popularisée par Billy Joël.
Là encore c'est un grand moment, comme une profonde introspection musicale rendue possible par cet art de l'improvisation harmonique si personnel.

Ce sera au final une standing ovation.
Méritée. Inévitable.

Il me faut rendre hommage aux deux ingénieurs du son-maison, façade et retour, qui ont permis d'assurer une prise de son remarquable, sachant profiter de la merveilleuse acoustique de ce lieu mythique.
Ce concert était bien évidemment enregistré et sera prochainement diffusé sur les ondes de France Musique.

Oui, cette nouvelle rencontre avec Fred Hersch fut comme à chaque concert du musicien un véritable enchantement.
Oui, la grâce était descendue sur le plateau du Studio 104 de la Maison de la radio.
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Musique
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