Feu la mère de Madame - Mais n'te promène donc pas toute nue !

Feu la mère de Madame - Mais n'te promène donc pas toute nue !
De Feydeau
Mis en scène par Raymond Acquaviva
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 36,00
Evénement plus programmé pour le moment

FEU LA MÈRE DE MADAME : 1908, c’est le couple populaire, celui du caissier des Galeries Lafayette qui rentrant d’un bal costumé, en Louis XIV, à quatre heures du matin, voit sa femme lui faire une scène... laquelle est interrompue par un valet venant annoncer une mauvaise nouvelle.

MAIS N’TE PROMÈNE DONC PAS TOUTE NUE ! : 2018, c’est le couple politique, celui du député de gauche qui ambitionne le portefeuille des Outremers, mais dont la femme a la fâcheuse tendance à se promener en chemise transparente dans l’appartement, alors qu’il reçoit la visite d’un maire de son département et qu’un de ses collègues à la chambre habite en face.

 

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Alors ?
Quel est le point commun entre "Feu la mère de Madame" et "Mais n'te promène donc pas toute nue !" de Georges Feydeau ? Des hommes au bord de la crise de nerfs ? Oui ! Mais aussi : la tenue de nuit de Madame.

En première partie, en chemise de nuit old school, Yvonne en fait des tonnes, excédée par son époux un-peu-passif-mais-pas-bien-méchant. En seconde partie, en nuisette aussi transparente qu'un papier calque, Clarisse l'impudique se balade comme bon lui semble et ne pige rien aux réprimandes de son compagnon, accessoirement député. Le décor vieillot de la première pièce tranche avec la fraicheur des comédiens et la frivolité de Madame dans la seconde pièce est contagieuse. L'aisance comique de la comédienne Aurore Medjeber l'érige en pièce maîtresse du spectacle quel que soit son pyjama. Elle conserve avec brio une crédibilité sans faille et manie avec justesse l'humour grivois. Mention spéciale également au comédien Jérémie Laure, déguisé en Louis XIV, qui n'est certainement pas éteint par sa partenaire de jeu !

L'humour parfois lourdingue d'une comédie de boulevard devient si léger grâce à l'énergie débordante de la troupe.
10 août 2018
8/10
19 0
Ces deux courtes pièces, dont l’une est adaptée à notre époque, rendent tout à fait l’esprit et la malice de Feydeau.

Raymond Acquaviva a signé une mise en scène drôle, inventive, il est servi par de jeunes comédiens, dont la pétulante Aurore Medjeber, Mathias Marty joue le maris tolérant ou désabusé, Marion Jadot est la bonne dans les deux pièces, et la façon dont elle est « mal » traitée, démontre la bassesse de ses patrons.
Florent Mousset, est un Hochepaix au bord de l’implosion, surtout avec une « piquante-piquée » devant lui, Michaël Zito est Joseph le valet gaffeur et aussi le fringant journaliste, une vraie nature comique lui aussi.
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12 juil. 2018
8/10
22 0
Deux pièces de Georges Feydeau pour le prix d'une. Raymond Acquaviva nous gâte !
Deux pièces de la dernière période feydolienne, l'une écrite en 1908, (Feu la mère de Madame), l'autre en 1911, (Mais n'te promène donc pas tout nue ! ).

Dans cette période plus sombre pour l'auteur, l'écriture a quelque peu changé.
Nous sommes passés du vaudeville à la comédie de mœurs.

Ce fin observateur de ses contemporains va une nouvelle fois porter un regard acéré, quasi sociologique sur le sujet qui n'a cessé de le fasciner : le couple.
Le couple et incompréhensions, ses chamailleries et ses disputes.

Dans la première pièce, nous allons faire la connaissance d'un couple populaire.

Lui rentre à quatre heures dix du matin du bal des Quat'zarts, elle, elle est déjà endormie.
L'auteur a connu personnellement cette situation. Il sait de quoi il parle...

La situation de départ est donc propice à bien des développements, mais le propos va bientôt bifurquer en raison d'un beau quiproquo.

Le metteur en scène a tenu à conserver la temporalité de l'action. Nous sommes bien en 1908.
Ce ne sera pas le cas pour la seconde pièce.

Dans celle-ci, nous voici transportés cette fois chez un couple bourgeois, de nos jours, en 2018.
Un député, ambitionnant de devenir Ministre des Outre-Mers, fait partie du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. (Quelque chose me dit au passage que sa nomination au gouvernement n'est pas pour demain la veille...)

La meilleure preuve de cette contemporanéité est que son voisin et vis-à-vis n'est autre que son collègue parlementaire, un certain Jean-Luc Mélenchon, sans compter sa proximité politique avec Alexis Corbière...

Nous comprendrons donc aisément que le discours de Feydeau est à la fois universel et intemporel.
Il y aura toujours des histoires de couples, et ce, dans tous les milieux.

Raymond Acquaviva, Comédien Français de 1973 à 1986, connaît son Feydeau sur le bout des doigts. Il sait la mécanique infernale, l'horlogerie de précision nécessaires à une bonne mise en scène.
Les comédiens ne vont donc pas ménager leur peine et leurs efforts pour insuffler à tout ceci un rythme effréné et haletant.
Pas le temps de souffler, tout s'enchaîne à la perfection et à grande vitesse. Pas de temps morts !

Aurore Medjeber campe une Clarisse à la fâcheuse tendance à se balader en petite tenue devant les invités de son mari.
La comédienne possède une réelle vis comica. Elle déclenche l'hilarité des spectateurs en parvenant avec une belle aisance à magnifier la mauvaise foi de son personnage.
Ses regards outrés, ses sourires en coin, son petit geste leit-motiv pour faire redescendre le haut de sa nuisette sont jubilatoires.

Mathieu Marty incarne son mari, cet élu du peuple qui est persuadé que le manque de pudeur de sa femme va lui faire passer sous le nez son entrée au gouvernement.
Le comédien, barbu, ressemble comme deux gouttes d'eau à Edouard Philippe, notre premier ministre, ce qui renforce l'effet de contemporanéité.
Lui aussi est drôle, très drôle, tour à tour désarmé et exaspéré par le culot de sa femme.

Très belle partition également de Quentin Morant, le maire Hochepaix (p-a-i-x...) qui vient quémander une faveur ferroviaire.
Le comédien est parfait dans ce rôle de client politique, pris à partie par la femme de son député.
Son air outré, ses petits cris d'effroi lorsqu'elle lui demande de sucer sa fesse droite font beaucoup rire.

A noter également la jolie composition de Juliette Storaï en domestique alsacienne chaussée de charentaises, ce qui est mieux que l'inverse...
Aurélie Frère et Michaël sont eux aussi irréprochables.

On l'aura compris, c'est donc un très bon moment de théâtre qui vous attend au Lucernaire.
Un moment qui fait honneur à Feydeau !
6 juil. 2018
8/10
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Feu la mère de Madame. Ne te promène donc pas toute nue !
Mise en scène de Raymond Acquaviva.
Burlesque, drôle, dynamique.

Ces deux pièces en un acte écrites en 1908 et 1911 ont souvent été présentées ensemble, l’idée de Raymond Acquaviva de transposer « ne te promène donc pas toute nue » en 2018 est ingénieuse.
Dans « Feu la mère de madame », c’est un grand plaisir, d’être plongé tout d’abord au siècle dernier. Feydeau caricature avec beaucoup d’humour un couple de petits bourgeois. Lui (Lucien) un peu imbu de sa personne, caissier aux galeries la Fayette (époque de l’apparition des grands magasins) rentre chez lui à 4h du matin après une soirée bien arrosée. Son épouse (Yvonne) l’accueille en lui faisant des remontrances. Accusations qui seront interrompues par un valet (Joseph) venant annoncer le décès de la mère de Madame…
JOSEPH
Et, quand je dis très malade, c'est une façon de parler ; parce que, à vrai dire, elle est plutôt… elle est plutôt…
YVONNE
Quoi, quoi ? Qu'est-ce qu'elle est plutôt ?…
JOSEPH
Elle est plutôt ? Morte !
Les dialogues sont drôles, les situations pleines de quiproquo, à vous de découvrir la suite…

Dans « Ne te promène donc pas toute nue » nous sommes en 2018. Ventroux, homme politique en vue reproche à son épouse un peu frivole de se promener dans leur appartement en nuisette légèrement transparente, surtout que Mélenchon ne pas loin…
Cette transposition de 1908 à nos jours est vraiment cocasse, pleine d’ironie et de dérision.
Clarine répondant aux reproches de Vantoux
… je ne te connaissais pas ; et, crac, du jour au lendemain, parce qu'il y avait un gros monsieur en ceinture tricolore devant qui on avait dit "oui", c'était admis ! Tu me voyais toute nue. Eh ! Ben, ça, c'est indécent.
Un petit intermède musical permet l'enchaînement de ces deux pièces ainsi que le changement de décor. C’est gai, dynamique.
Les comédiens sont tous talentueux mais j’avoue avoir eu un grand coup de cœur pour Aurore Medjeber, jeune comédienne pleine de talent et de naturel. Sa grande présence sur scène nous entraîne avec brio dans ces histoires rocambolesques. Elle joue avec son cœur et nous fait rire tout en nous émouvant. Bravo.
Maxime Béhague qui interprète le valet Joseph puis le journaliste m’a beaucoup séduit par son jeu juste et bien-fondé.
Sans oublier : Jérémie Laure (le mari), Marion Jadot (Annette et Victorine), Florent Mousset (Mr Hochepaix) tous de bons comédiens que nous reverrons certainement bientôt.
Bon moment de détente et de rire assuré.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor