En mode projet, Philippe Fertray

En mode projet, Philippe Fertray
  • Théâtre de la Contrescarpe
  • 5, rue Blainville
  • 75005 Paris
  • Place Monge (l.7)
Itinéraire
Billets de 13,00 à 26,00
À l'affiche du :
29 juin 2019 au 28 septembre 2019
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 21:00
    • 21:30
Achat de Tickets

Quand des stagiaires en reconversion lâchent prise et passent en mode projet, tout peut arriver… et même pire.

Alfred Carmut avait tendance à rêvasser au bureau. Tombé de sa chaise, il s’est réveillé dans une réunion de motivation chez Paul Empoil.

Quand l’animateur a demandé aux cinq stagiaires de passer en mode projet, ils ont lâché prise. Et là, c’est parti en live… ILS CHERCHENT TOUS À S’EN SORTIR. DE QUOI ? ON NE SAIT PAS. COMMENT ? EN OSANT…

Dans ce nouveau seul en scène, Philippe Fertray nous propose de faire connaissance avec les rêves farfelus d’un désemployé de bureau, d’une coiffeuse visagiste avant-gardiste, d’un chanteur apprenti-star internationale, d’un voyagiste du 9-3 et d’un startuper transhumaniste. À travers un portrait drôlement féroce du monde du travail, il réveille nos aspirations, nos rêves et nous donne envie d’oser.

Note rapide
7,5/10
pour 5 notes et 5 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
20%
4 critiques
Note de 8 à 10
80%
Toutes les critiques
Il y a 22 heures
7/10
2 0
Attention spectacle à part dans la programmation parisienne !
A part par le ton employé. A part par la forme utilisée. A part en raison du sujet abordé.

Ici, nous nous situons à mi-chemin entre la pièce de théâtre (car « En mode projet » propose un début, une histoire et une fin) et le one-man-show avec un comédien unique endossant tous les rôles.

Et quel comédien. Philippe Fertray ne se ménage pas sur scène, vivant véritablement son texte. Texte dont il faut souligner la qualité. Les répliques y sont écrites au vitriol. Et s’il s’agit bien d’une comédie, « En mode projet » se situe dans la catégorie « humour trash ». Exit donc la gentille bluette, place à un humour qui provoque la réaction, un humour qui a des choses à dire. Car derrière le texte, le comédien délivre un message. Non, plus qu’un message, une critique de la société (plutôt bien vue d’ailleurs), dépeignant les travers de ce monde du travail vouant un culte au sacrosaint résultat et où « être le meilleur » est un dogme. Il met le doigt sur une déshumanisation constante des Hommes.

Le spectateur pourra être d’accord ou non avec ce qui se dit sur scène, mais il ne restera pas insensible face au texte. Certes, la salle se « contente » d’assister au spectacle, mais nul doute qu’à la sortie, chacun aura quelques questions lui venant en tête. In fine, le but de Philippe Fertray est de faire réfléchir. En cela, le pari est gagné.

Je suis certainement passé à côté de nombreuses choses, mais ce que j’ai pu en attraper m’a fait réagir.

Vous ne craignez pas les spectacles qui donnent des émotions et matière à penser, alors filez au théâtre de la Contrescarpe.
8 août 2019
8/10
3 0
Le spectacle ‘En mode projet’ m’a interpellé car le titre me rappelle mon intitulé de poste et c’est donc le nouveau spectacle de Philippe Fertray qui s’est fait connaitre avec son spectacle précédent : ’Pas d’souci.’

Je n’aime pas vraiment les one man show mais celui-ci a pour thème l’absurdité de notre monde du travail et Pôle Emploi se fait sévèrement étrillé au travers des aventures d’une série de personnages au parcours un peu déjanté mais pas si éloigné de la réalité. Ce spectacle est particulièrement bien écrit, truffés de bons mots (presque trop, j’ai eu la sensation d’en rater quelques-uns ou de sourire à retardement) et de concepts abscons en novlangue. L’humour est grinçant mais jamais gratuit, il y a toujours un sens. Voilà un one man show corrosif totalement sous contrôle !

L’histoire : Alfred, est tombé de sa chaise de bureau pour atterrir chez Pol Empoil assez rudement mais le coach le prend en main et faire participer à un stage où il faut se mettre en mode projet afin de retrouver un emploi.

Le regard de Philippe Fertray se pose avec une acuité mordante sur l’urgence de la situation du monde du travail ! Quand il incarne le coach de Pol Empoil qui baragouine en novlangue, il est fantastique ! La taille de la salle donne l’impression de faire partie du stage de motivation, j’ai bien cru que Philippe Fertray allait nous interpeller pour que nous présentions notre projet.

On retrouve à la mise en scène Marc Pistolesi (c’était lui aussi pour le chouette spectacle ‘Ivo Livi ou le destin d’Yves Montand’).

Je n’ai pas hurlé de rire tout du long du spectacle mais j’ai vraiment apprécié ce texte intelligent et ciselé qui mériterait d’être lu à tête reposée pour profiter de toutes les perles dont il regorge.
Afficher les 2 commentaires
9/10
2 0
... Un spectacle décapant, drôle et intelligent. Sa thématique militante nous invite à la réflexion et ne nous prive surtout pas d’en rire. Très agréable moment à ne pas manquer. À l’affiche tout l’été.
27 juil. 2019
8/10
2 0
« En mode projet » un seul en scène complet de Philippe Fertray au théâtre de la Contrescarpe où le comique de l’absurde prend tout son sens.

Philippe Fertray propose dans son spectacle un savant dosage de poésie, de jeux de mots relevant d’une folie créatrice sans limites, cadencé par une ponctuation « hein » des plus utiles. Nous nageons dans l’irrationnel avec comme bouée de sauvetage, l’espoir de vivre sa vie dans la joie.
Pour avoir connu dans ma carrière professionnelle le fléau du chômage, je dois dire que Philippe Fertray a touché du doigt plus d’une fois dans ses extravagances, les absurdités du système. Un système qui n’est pas en adéquation avec le monde soi-disant du travail.
Singeant les travers de Pôle Emploi qu’il a rebaptisé « Paul Empoil » vous aurez tout de suite compris où il veut en venir.
Rien ne lui échappe dans cette traversée du désert que ces personnages parcourent pour s’en sortir, d’où le titre : « En mode projet ».

Car il faut en passer par là pour sortir du marasme dans lequel les chômeurs s’enlisent chaque jour, dans un monde du travail pas très réceptif aux excentricités. La norme, rien que la norme, ne pas sortir du cadre.
Et c’est bien là que le bas blesse. Laissons agir notre imagination, nos rêves pour affronter cette plaie : Osons ! Osons !

La chaise du bureau qui bascule en arrière a encore sévi : Albert Carmut, un artiste d’un autre temps, employé modèle, sans doute au bord du burn out pour avoir un peu trop appuyé sur la touche « return » de son ordinateur, et observé les oiseaux depuis sa fenêtre du bureau (un salutaire retour à la réalité), se retrouve, comme dans un rêve, au milieu d’autres personnes pour un stage de motivation à Paul Empoil. Un stage ayant pour but la réinsertion professionnelle, le tout encadré par un animateur au langage très sucré, trop bavard : insupportable à souhait.

Notre Albert va rencontrer des personnages farfelus, aux vies, aux expériences, qui d’un côté sortent de l’ordinaire, que l’on ne rencontre pas à tous les coins de rue, mais qui a bien y réfléchir, a bien les observer, ne sont pas si loin de la réalité dans leurs expressions. Le maître du langage est passé par là et avec appétit, avec gourmandise, leur a servi des répliques savoureuses.

Se croisent dans ce laboratoire de la création des personnages à la langue bien pendue, exprimant chacun dans son langage, son vocabulaire, son expérience, ses désirs et ses projets dans un mode très particulier.
Dans un décor en forme de forêt, aux arbres secs où les accessoires caractéristiques des individus seront accrochés aux branches, va éclore ici une coiffeuse paysagiste aux allures d’une bimbo très délurée à l’imagination débordante, là un startuper familier du mode projet puisqu’il en est issu, ou encore ce jeune du 9-3 titulaire d’un CAP « herboriste à tendance lymphatique » qui plane abondamment, et pour finir ce petit groupe très attachant nous avons ce jeune qui est passé par le monde télévisuel du télé crochet, la Star Ac de nos jours, laissant derrière elle beaucoup de malheureux. Ils se voyaient déjà en haut de l’affiche en star internationale et ont vite déchanté !

Un beau couplet, bien campé, sur le monde du marketing qui nous fait acheter n’importe quoi avec cette diatribe sur les différentes baguettes que nous proposent de nos jours les artisans boulangers. Egalement ce délectable couplet sur le monde du réseau sans qui la reprise d’un travail n’est pas possible. Eh bien Osons ! Osons !

Certes je n’ai pas ri aux éclats, mais les petits rires s’échappaient tel un chapelet que l’on égrène et plus le stage avançait plus on se demandait jusqu’où sa folie créatrice oserait aller. De ce point de vue, il ne déçoit pas. Un humour décapant, corrosif, qui ne pourrait pas plaire à tout le monde mais qui a le mérite d’exister et de permettre d’aborder par d’autres portes un fait de société très actuel : le monde du travail et son chômage.

Philippe Fertray est un extraterrestre qui a une présence sur scène indéniable. Dans une sensibilité révélatrice d’un homme rempli d’humanité, il est un agitateur de nos consciences.
17 juil. 2019
9/10
9 0
Le travail c'est la santé ?

Le non-travail, c'est le projet !

C'est ce que ne va pas tarder à découvrir Alfred Carmut, ex-employé passant plus de temps à rêvasser devant son ordinateur sur lequel il appuie fort sur la touche « Enter » pour faire pro, qu'à « targeter » les nouveaux clients potentiels.
Et forcément, ce qui devait arriver arrive. Direction Paul Empoil !

Chez Paul Empoil, lui et nous allons tout d'abord faire la connaissance d'un animateur de stage, sourire carnassier, jambes écartées, dont l'objectif sera de démontrer à quatre stagiaires très hauts en couleur la nécessité de passer rapidement en mode projet pour retrouver du taf.

Il y aura Nadéja, coiffeuse-visagiste-bimbo-avant-gardiste, Jean-Karim titulaire dans le 9-3 d'un CAP « herboristerie à tendance lymphatique ».

Nous apprendrons également à connaître Kévin, chanteur apprenti-star internationale, sans oublier Kim-Jean-Luc, startuper « transhumaniste » d'origine coréenne. ("C'est sans douleur, c'est numérique !")

Dans ce tout nouveau spectacle, Philippe Fertray va certes nous faire beaucoup rire.
Ses personnages à la recherche d'un nouvel emploi, sont très drôles, souvent hilarants.

Impossible de rester de marbre devant ses interprétations de la bimbo à la banane dorée en bandoulière, ou encore celle du rebeu au bonnet noir « K-Tar » enfoncé sur la tête, décrivant son projet de voyage organisé en Seine-St-Denis.

C'est tout d'abord par la très grande qualité de son texte que le comédien-auteur nous attrape et ne nous lâche plus.
Fertray, c'est un mélange de Raymond Devos et Stéphane De Groodt, à savoir un travail précis, rigoureux, drôlissime sur la langue.

Le spectacle fourmille de trouvailles langagières, de formules-chocs, de jeux de mots de bon aloi, de calembours jubilatoires, d'à-peu-près épatants.
« Rien Nasser de courir, il faut partir au rond-point », nous serine par exemple Jean-Karim, du fond de sa cité...

Le passage sur les multiples et ronflants noms de baguettes de pains trouvés par des publicitaires voulant vendre de la farine, ce passage est formidable. Celui consacré au projet du rasoir à huit lames est magnifique !

Chaque personnage possède son propre registre de langue, à commencer par l'animateur à l'insupportable sabir, fait d'une novlangue technocratique et bureaucratique très actuelle et très tendance.

Ce spectacle est de ceux dont les mots se dégustent, se savourent.

Mais nous n'allons pas faire que rire.
Philippe Fertray, ne ménageant vraiment pas sa peine et son énergie, nous tend un impitoyable miroir sociétal.
Il nous décrit de façon très corrosive, voire subversive, en exagérant à peine, une société contemporaine en général et un monde du travail en particulier on ne peut plus aliénants.

Oui nous rions, mais ce rire sain et salvateur ne nous fait jamais oublier que les situations que l'artiste décrit ne sont jamais très éloignées de la réalité.

C'est nous que finalement, sans concession, il décrit et met en scène, c'est notre monde, c'est le rapport de l'individu face à la perte du travail et à l'espoir de rebondir.
Il est souvent impossible de ne pas avoir un frisson dans le dos en pensant que non, tout ceci n'est presque pas exagéré...

Un joli message sera délivré à la fin du spectacle. Et non, je n'en dirai pas plus.

Vous l'aurez compris, votre projet immédiat, quant à vous, c'est d'aller applaudir toutes affaires cessantes ce seul-en-scène intelligent, drôle, et par bien des aspects militant, engagé.

C'est acquis, ça, pour tout le monde ?
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu d'acteur
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor