De si tendres liens

De si tendres liens
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
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Un dialogue à fleur d'émotion entre une mère et sa fille, servi par deux actrices magnifiques.

La pièce de Loleh Bellon est une épure, une merveille qui, avec mille riens, dit le tout de la vie. L'auteur décrit les rapports complexes entre la mère et la fille, de si tendres liens faits de fascination, d'amour et de rejet. 

C'est le voyage intérieur et immobile dans la mémoire de Jeanne, la fille, peuplée de souvenirs réels que le temps a parfois déformés. 

 

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3 critiques
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75%
Toutes les critiques
9,5/10
13 0
Alors ?
Dès les cinq premières minutes, la gorge se noue face à une mère (Christiane Cohendy) qui dit à sa fille (Clotilde Mollet) qu'elle ne sait plus si elle a réussi à dormir.
Difficile de ne pas penser à sa propre mère et ses bisous bruyants avant d'aller se coucher ou encore les questions qui ne se posent qu'avant de s'endormir : "Tu m'aimes ? Mais comment ? Comme ça ?". Impossible de ne pas sentir son odeur quand la comédienne se maquille, fait des grimaces et écoute d'une oreille lointaine les complaintes de sa fille.

Evidemment, on la voit se préparer pour sortir, la trouver irrésistiblement belle, vouloir lui ressembler, imiter ses manières, pour les reprendre involontairement une fois adulte. Qui n'a pas dansé devant elle pour l'entrainer dans un fox trot mal calibré afin de l'empêcher de ranger la baraque ? Tout les prétextes sont bons pour attirer constamment son attention. Le spectacle est un vice-versa : telle mère, telle fille. Telle fille, telle mère. Ce n'est plus la fille qui s'inquiète de voir sa mère sortir le soir, mais la mère qui demande des comptes à sa fille. Ce n'est plus la mère qui rassure sa fille dans le train, c'est la fille qui embrasse tendrement sa mère avant le voyage. Les angoisses sont vécues par chacune. Les deux paravents en verre dressés sur scène permettent au duo de revivre les moments précieux vécus ensemble. Le lampadaire s'éteint, un flash-back s'opère. Tout le mobilier est en fer, immuable malgré le temps. Le jeu de lumière, sobre et délicat, à l'image des deux comédiennes, offre une ambiance intime et presque un peu lointaine, dépouillée d'accessoires inutiles. "Reste cinq minutes" lui demande la mère, désormais trop âgée pour avoir un réel but lorsqu'elle sort de chez elle, voilà presque le temps qu'il a fallu au public pour applaudir.

Je crois que l'émotion et le besoin de penser à la nôtre méritait un tel silence puis le tonnerre d'applaudissements.
25 août 2018
6,5/10
35 0
Pour cette rentrée théatrale, j'ai choisi la pièce de Loleh Bellon 'De si tendres liens' jouée au Lucernaire : Nous assistons à differents échanges entre Charlotte et sa fille Jeanne tout au long de leur vie.

Charlotte s'est mariée tôt car elle était enceinte puis elle divorce à 25 ans à une époque où celà ne se fait que rarement. Nous suivons un déroulé chronologique (hormis la scène d'introduction) de scènes de la vie courante entre Jeanne et sa mère.
Commencement : La petite fille a peur d'être seule quand elle se réveille la nuit car sa mère, en pleine jeunesse, continue de vivre sa vie de femme et sort le soir...

L'évolution de leur relation douce amère au cours des années avec des caprices, des reproches, des mensonges mais aussi de la tendresse et de la complicité : la complexité des relations humaines parfaitement saisie par Lolleh Bellon. Il y a ce moment que je trouve vraiment passionnant de l'inversion du rapport entre elles quand Jeanne devenue adulte doit s'occuper de Charlotte qui vieillit.

La part consacrée à la petite fille geignarde m'a semblé un peu longue par rapport à la période où Jeanne vit sa vie d'adulte puis doit prendre soin de sa mère, celà m'a sans doute empeché de rentrer pleinement dans la pièce.

La mise en scène de Laurence Renn Penel est très bonne, l'espace est occupé avec beaucoup d'intelligence, c'est fluide et les ellipses temporelles sont bien gérées.

Christiane Cohendy campe une mère qui aime la vie, on la sent bien prendre de l'âge au fil de l'histoire, son personnage est émouvant, chic et énervant à la fois !
Clotide Mollet semble avoir eu un peu de mal à entrer dans son personnage de petite fille au début mais ensuite elle se rattrape pleinement et c'est pourquoi j'ai moins accroché à son personnage. Néanmoins, cette pièce croque la vie d'une mère et d'une fille avec finesse et celà demeure très interressant.
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18 juil. 2017
8/10
13 0
Cette pièce de Loleh Bellon - qui fut une grande comédienne - débute dans les années 80. Jeanne rend visite à sa mère Charlotte, celle-ci perd la mémoire, mais supplie sa fille de rester “5 minutes encore”. On remonte dans le temps, la petite Jeanne supplie sa mère de ne pas la laisser seule dans l’appartement.

Charlotte vit sa vie de femme, elle a divorcé du père de Jeanne, il s’est remarié et a donné un petit frère à sa fille. Celle-ci ne supporte pas Pierre l’amant de sa mère, déjà un conflit. Il y en aura d’autres et ce jusqu’à la fin.
Des reproches, des chamailleries, du carnet de mauvaises notes au escarpins empruntés pour sortir danser avec les amis, alors qu’il y a le couvre-feu (nous sommes en guerre).

Puis plus tard, toujours les mêmes disputes, Jeanne s’est sentie abandonnée, mal aimée, et Charlotte de son côté, éprouve la même chose ! Elle se révélera quand même une grand-mère attentive et caline, heureuse de les garder un soir pour permettre à Jeanne de sortir.

On rit parfois, parce que n’importe qui peut se reconnaître dans ses portraits de femme. On reproche toujours tout à ses parents, “tu ne m’as pas aimée” “je ne suis pas jolie” etc, que de temps perdu ! Mais il restera toujours le tendre lien qui nous unit les uns aux autres.

Christiane Cohendy, parfaite en mère élégante, insupportable parfois, et Clotilde Mollet, tout à fait juste en gamine et jeune femme miroir de sa mère.
9,5/10
26 0
... Un petit bijou théâtral que ce spectacle. Une pièce attachante dans un écrin délicat et charmant, jouée par deux comédiennes éblouissantes.
Je recommande vivement.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor