De Judas à Manuel Valls

De Judas à Manuel Valls
  • Comédie Saint-Michel
  • 95, boulevard Saint-Michel
  • 75005 Paris
  • Cluny-la Sorbonne (l.10)
Itinéraire
Billets de 19,00 à 35,00
À l'affiche du :
25 juin 2019 au 31 août 2019
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 18:00
    • 21:30
Achat de Tickets

"Tous ensemble ! Contre tous les autres !" répondait Luis Régo à la célèbre plaidoirie de Desproges "Peut-on rire de tout avec tout le monde ?".

Ici, la tête de Turc (qui n'a clairement pas volé son statut) est aussi un prétexte pour un gros décrassage historique.

Loin des livres d'histoire de notre enfance et de toute la propagande avalée à notre insu, nous allons déambuler dans 2000 ans de petites et grosses crasses, le sourire aux lèvres (c'est nécessaire) et les yeux grands ouverts (c'est également nécessaire, mais plus rare).

Quelque part entre la conférence, la pièce de théâtre et le one man show.

Note rapide
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
1 critique
Note de 8 à 10
100%
1 critique
1 juil. 2019
9/10
14 0
Ils sont rares, les spectacles qui mêlent fine analyse politique engagée et irrésistible drôlerie !
Cette pseudo-conférence menée tambour battant par François Piel-Julian fait partie de ceux-là.

Sur la scène de la petite salle de la Comédie Saint-Michel, et ce durant une heure et trente, le personnage de Henri, espèce de prof de fac aux cheveux gras, petites lunettes, veste noire de velours élimé, pantalon trop court (on en a tous connu, des comme ça...), Henri, donc, va nous délivrer son cours, missionné qu'il est par le « C.A.P »., le Comité Anti Propagande.
Il se définit lui-même comme catholique-bolchevique-mysogine, ce qui est un sacrée pédigrée...

En associant dans le titre de sa causerie Judas et Valls, François Piel-Julian / Henri va nous parler des grands « traîtres » de ce courant qu'est le « centre gauche », cet espace politique notamment français qui comprend le Parti Socialiste, le Parti Ecologique, le Front Démocrate, et bien entendu LREM, La République En Marche.

Traîtrise envers qui ? Le peuple, bien entendu. La traîtrise d'une gauche centriste envers le prolétariat au profit du capital, et ce même avant que Karl Marx n'ait théorisé ces deux concepts.
Une citation du spectacle qui fait éclater de rire tous les spectateurs : « Attention, je ne dis pas que tous les traîtres sont du centre-gauche, en revanche, tout le centre-gauche... »
Les points de suspension deviennent très sonores...

L'auteur de ce spectacle a adapté les écrits de Henri Guillemin (1903-1992), critique littéraire, historien pamphlétaire engagé, aux écrits et aux conférences sources de nombreuses polémiques. Beaucoup d'historiens « officiels » lui reprochaient sa méthodologie.

On peut trouver ses conférences audio sur YouTube.

François Piel-Julian s'est donc servi des publications de Guillemin, (notamment « L'affaire Jésus », « Les origines de la commune », « Robespierre, politique et mystique » ou des conférences elles-même, comme celle consacrée à Voltaire et Rousseau.)
Le comédien va nous faire énormément rire !
Mis en scène par Lucas Gonzalez, il va déployer une folle énergie à vivre ce qu'il raconte, à nous faire participer (« Pas content ! Pas content ! Pas content...), à aller de son petit bureau à son paper-board en passant par sa tribune.
Une tribune constituée d'un petit marchepied brinquebalant, dont on se demande à chaque fois qu'il y monte s'il ne va pas se casser la figure.
Il ne ménage pas son énergie !

Le ton est immédiatement donné « Y'a-t-il dans la salle des spectateurs de droite ? ».
Et il enchaîne sur Jésus, et ses disciples. Un révolutionnaire flanqué de onze délégués CGTistes et un de la CFDT. Je vous laisse deviner lequel...

De temps en temps, nous écouterons une petite musique d'ascenseur, sensée représenter le temps historique qui passe.

Souvent, nous aurons droit à des parallèles avec notre époque.
Quand le comédien nous parle de Thiers, originaire non pas d'Amiens, mais de Marseille, ayant une liaison avec une femme de vingt-cinq ans son aînée, on comprend bien le parallèle politique établi.
Seront évoqués également Pierre Gattaz, ex-patron du MEDEF, le peuple anglais, Cyril Hanouna... Je vous laisse découvrir tout ceci...

Le comédien utilise en décalage avec le récit historique un ton très contemporain, avec tous ses tics de langage, « Genre... », « En même temps... »...
Ses ruptures, ses adresses au public, sa gestuelle sont hilarantes.

Des intermèdes artistiques jubilatoires viennent ponctuer le spectacle, comme le détail de cette crucifixion, ou encore l'analyse du célèbre tableau de Delacroix « La liberté guidant le peuple ».

Une fausse fin de spectacle surprend tout le monde, alors qu'Henri « aurait encore quatre heures sur Manuel Valls ».

Je vous conseille vraiment d'aller découvrir ce passionnant moment théâtral, à la fois documenté, passionné et passionnant, hilarant et décalé.
Dans ce monde de bien-pensance et de politiquement correct, il est réjouissant d'assister à ce spectacle engagé, pédagogique et drôlissime.
De la très belle ouvrage !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor