Dans la solitude des champs de coton (C Berling)

Dans la solitude des champs de coton (C Berling)
De Bernard-Marie Koltès
Mis en scène par Charles Berling
Avec Charles Berling
  • Charles Berling
  • Grande Halle de la Villette
  • 211, avenue Jean Jaurès
  • 75019 Paris
  • Porte de pantin (l.5)
Itinéraire
Billets à 26,00
Evénement plus programmé pour le moment
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LE CLIENT - Qu’espérez-vous tirer de moi ? Tout geste que je prends pour un coup s’achève comme une caresse ; il est inquiétant d’être caressé quand on devrait être battu.

C’est à une rencontre à laquelle vous allez assister. Celui qui marche sur une ligne bien droite d’une fenêtre éclairée à une autre fenêtre éclairée va traverser le territoire de l’autre, traverser l’autre.

Rencontre de l’offre et de la demande, du marchand et du client, du licite et de l’illicite, de la lumière et de l’obscurité, du noir et du blanc. Alors le dialogue va s’engager parce qu’on se parle ou on se tue…

On parle de désir. Et le dialogue se fait combat, danse aussi, étreinte probablement…

 

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Il y a 18 heures
8,5/10
7 0
Dis-moi ce que tu veux, je te dirai qui tu es...
Dis-moi ce que tu vends, tu sauras qui je suis...

Un deal. Une joute.
Une lutte des mots, un affrontement verbal, un difficile combat oratoire par le biais d'un acte commercial illicite et nocturne.

Deux êtres humains se jaugent, se jugent, se jouent l'un de l'autre à l'aune d'un acte somme toute banal, l'achat-vente d'un produit illégal quelconque.

Un dealer, un client. Le second sur le territoire du premier. Comme un intrus forcé dans un espace nocturne en déliquescence.
Une zone-champ de coton urbain, une jungle moderne, un no-man's land inquiétant.

Et le désir sous-jacent, ce désir dont Koltès emplit sa pièce.

En 2016, Charles Berling a créé sa version de cet opus important de la production théâtrale de cet auteur, qu'il reprend à la Villette pour quelques jours seulement.

Face à lui, Mata Gabin.

La comédienne apparaîtra sous une sorte de passerelle, alors que l'obscurité gagne la salle et le plateau. On aperçoit également un réverbère, des enseignes au néon très fatiguées, des murs crasseux, avec une venelle centrale.
Un univers inquiétant, un endroit interdit, un lieu de tous les possibles et peut-être de tous les dangers. Mais peut-être finalement plus rassurant que les espaces intérieurs de ces deux personnages.
Le ring suburbain de l'économie souterraine. Un décor très réussi de Massimo Troncanetti.

Lui apparaîtra dans le public, sur une étroite passerelle le reliant au plateau. On ne sait d'où il a surgi.
Son costume est très fatigué, avec notamment un gros accroc sur le pantalon.

Et le combat peut commencer.
Les deux comédiens vont incarner ces deux êtres ultimes, avec une animalité à fleur de peau.
Ils bougent lentement, se présentant souvent de profil, comme des ombres mouvantes dans la pénombre.

Melle Gabin est impressionnante. Vraiment.
Dans un battle-dress aux motifs camouflage, double capuche sur la tête, (elle se découvrira progressivement), est elle ce dealer. Celle qui possède, qui vend. Celle qui se fond dans un environnement hostile.
Elle dégage une sacrée puissance, une force sauvage, une vraie animalité.
De sa voix rauque, elle dit les mots de Koltès. Elle fait beaucoup plus, elle les clame, les profère, les murmure, les hurle, parfois.

C'est elle qui porte la pièce, c'est elle qui est véritablement enthousiasmante de présence inquiétante, de charisme trouble.
Son interprétation est d'une oxymoresque sombre luminosité. La tension qu'elle fait régner est absolument magnifique.

Le mise en scène de Charles Berling est basée sur la notion d'espace, la distance qui sépare les deux personnages, une distance horizontale, ou verticale. Les deux monteront chacun leur tour sur la passerelle, surplombant l'autre, le dominant.
Lui repartira sur sa passerelle, elle n'osera pas le suivre, préférant au final rester sur son terrain.

Nous, nous resterons suspendus aux mots de Koltès, qui résonneront longtemps encore après cette heure un quart de très beau théâtre.
18 mai 2019
5,5/10
1 0
Je découvre le texte de Koltès avec cette pièce. Surprenant ce langage chatié dans un deal. Je n'ai pas compris l'intérêt. Le texte est bien écrit mais serait plus approprié dans une présentation didactique.
Le jeu est au bord de l'exagération. Dire que Berling joue bien est acquis mais là il en fait trop. Idem pour Mata Gabin.
La mise en scène est exagérée par rapport au texte, presque prétentieuse.
Dans le programme Berling explique que son objectif était de rendre accessible ce texte. Je ne suis pas sûre que ce soit réussi...
Je passe mon tour.
13 oct. 2017
8,5/10
7 0
« Dans la solitude des champs de coton » est une pièce de Pierre Marie Koltès et mise en scène par Charles Berling : C’est une pièce à deux personnages écrites pour deux hommes : le dealer et le client. Mais Charles Berling la joue avec une comédienne, Mata Gabin : un homme blanc et une femme noire. Le contraste est saisissant.

En introduction, une femme lit au micro la définition du mot dealer de Koltès (prologue de l’ouvrage).

Puis le noir se fait, soudain un coup de tonnerre, et Charles Berling, surgit tel un diable, d’un fauteuil de la salle au cœur du public, il reste debout, pétrifié dans une position d’attente, vêtu d’un simple costume passe partout : c’est le client. Il aperçoit au loin la dealeuse sur son trajet, Mata Gabin.

L’ambiance est oppressante. Sur la scène immense pour seulement les deux comédiens, le fond est un mur sombre partagé en son centre par une ruelle peu engageante au-dessus de laquelle brillent par intermittence quelques enseignes aux néons fatigués. Une planche permet le passage de Berling sur la scène mais pour le moment il reste dans le public. Un fond sonore accentue le coté inquiétant. J’adore !

Un face à face animal va s’engager. La dealeuse harangue le client : « Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c’est que vous désirez quelque chose que vous n’avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir…c’est pourquoi je m’approche de vous … », Hésitant, le client finit par se rapprocher. Un duel verbal s’engage mais aussi physiquement car ils se tournent autour comme des combattants. Il y a plusieurs phases au cours de cet échange complexe et on découvre que les deux comédiens peuvent jouer sur une large palette de tons. Leur scénographie est aussi très réussie.

Charles Berling et Mata Gabin sont des comédiens de haute volée, leur interprétation est sans faille.

« Dans la solitude des champs de coton » est une pièce qui nous emprisonne dans son ambiance et nous fait vivre l’échange entre les deux comédiens avec intensité. C’est vraiment superbe !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor