• Classique
  • Théâtre de la Tempête
  • Paris 12ème

Cyrano (Théâtre la Tempête)

Cyrano (Théâtre la Tempête)
De Edmond Rostand
  • Théâtre de la Tempête
  • Route du Champ-de-Manœuvre
  • 75012 Paris
  • Château de vincennes (l.1)
Itinéraire
Evénement plus programmé pour le moment
Réservation de tickets

Cyrano aime Roxane – hélas, sa laideur fait obstacle ; Roxane aime Christian – hélas, son manque d’esprit le rend incapable de séduire : alors notre héros, c’est son génie, sa grandeur d’âme, invente un stratagème qui va favoriser l’union de Roxane et de Christian.

Derniers feux du Romantisme avec son goût pour les personnages grotesques et sublimes ; ancrage dans la culture populaire : mélodrame et récit de cape et d’épée ; alliance de démesure et de dérision, de comique et de pathétique, cette pièce de 1897 est un hommage à la scène, à la théâtralité .

« Un peu frivole, un peu théâtral sans doute, le panache n’est qu’une grâce », déclarait Rostand : celle que l’on reconnaît à Cyrano, duelliste, poète et philosophe qui sait mettre les jeux de l’esprit au service du coeur. Cette « comédie en cinq actes et en vers » offre sur un rythme enlevé une série de péripéties dans les lieux les plus divers : Lazare Herson-Macarel fait le pari d’une épure radicale, refusant à la fois la reconstitution historique et la transposition formelle.

Dix acteurs, deux musiciens, quelques éléments mobiles suffisent à la célébration de cette fête de l’intelligence et du verbe, dans un esprit de troupe indispensable à un véritable théâtre populaire.

Note rapide
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
100%
0 critique
Note de 8 à 10
0%
1 critique
19 nov. 2018
5,5/10
28 0
Ce Cyrano, mis en scène par Lazare Herson-Macarel, est un Cyrano plein de bonnes intentions.
Un Cyrano un peu « vert », comme de très jeunes crus de Jurançon ou de Madiran, pour rester du côté de la Gascogne.
Le Cyrano d'une jeune compagnie.

Il faut d'ailleurs avoir un certain courage pour monter l'une des pièces les plus jouées et les plus célèbres du répertoire, et notamment après que Dominique Pitoiset en eût donné une très récente et sublime version à l'Odéon, avec un Philippe Torreton bouleversant d'humanité, dans son réfectoire d'hôpital psychiatrique.

Notons au passage qu'ici, à la Tempête, la pièce ne s'appelle plus étonnement que « Cyrano ». Le « de Bergerac » est passé à la trappe...

Cette fois-ci, en personnage doté d'un pic, d'un cap et d'une péninsule, c'est Eddie Chignara qui s'y colle.
Le comédien est absolument irréprochable !

Prothésé comme il se doit, souvent encapuchonné, ce qui permet à l'ingénieur lumière de ne pas éclairer son visage, il est tout à fait convaincant.

Ses quelque mille six cents vers coulent de source, la verve est là, le comédien se démène et se donne à cent pour cent.

J'ai retrouvé dans sa proposition le côté à la fois grande gueule, écorché vif, mais aussi l'aspect grand amoureux maudit, malade de ce complexe de laideur supposée.
Eddie Chignara, armé non pas d'une épée mais d'une canne en bois, nous donne une vision qui lorgne du côté de l'enfance.

Oui, son Cyrano serait comme un grand enfant, un adulte qui aurait gardé cette capacité à faire ressurgir son âme enfantine.
De la belle ouvrage. Vraiment.

Un deuxième comédien « crève » le plateau.
Il s'agit de l'excellent David Guez, qui joue deux rôles.

Tout d'abord, celui de Montfleury.
Le comédien est absolument épatant en espèce de baudruche, bouche grande ouverte durant un certain temps, puis déclamant, bêlant à qui mieux mieux. Il est magnifique en baudruche grotesque.

Et puis, il va incarner tout au long du spectacle le fameux Raguenau, restaurateur-poète de son état.
Ce n'est pas faire offense à M. Guez que de dire que ce comédien possède un corps et une gueule, qui tranchent sur les jeunes comédiens dégingandés, hipsters boboïsants qui pullulent actuellement.
Enfin un restaurateur aux rondeurs assumées !

Mais loin de moi l'idée de restreindre le talent de David Guez à ses seuls corps et gueule...
Son Raguenau est d'une justesse et d'une vérité stupéfiantes.
Sa toute dernière scène, notamment, est d'une intensité phénoménale.
Chapeau !

Malgré toutes les bonnes intentions qui sont évidentes, voici un Cyrano inégal. Je n'ai d'ailleurs pas retrouvé une quelconque « lecture politique radicale » mentionnée dans la note d'intention du metteur en scène.
Des scènes sont très réussies, d'autres beaucoup moins, avec quelques emprunts et autres citations manifestes.
Des comédiens sont excellents, d'autres moins.

Je n'aurai garde d'oublier pour terminer la musicienne Salomé Gasselin qui nous régale de sa création musicale et de son grand talent à la viole de gambe !
Bravo, Mademoiselle !
Afficher le commentaire
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor