Cut

Cut
  • Théâtre de la Reine Blanche
  • 2bis, Passage Ruelle
  • 75018 Paris
  • La Chapelle (l.2)
Itinéraire
Billets de 12,00 à 18,00
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Trois dames se croisent, elles n'ont ni nom, ni identité, mais des histoires intimes à révéler malgré elles.

Les différents discours des Dames laissent apparaitre la relation qu'elles entretiennent avec le "ça", le sexe féminin.

 

Incisive, tendre et corrosive, Cut joue avec les contradictions : on oscille entre la poésie et le cru, le social et le sauvage, la tendresse et la violence, le tragique et le comique.

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5 juil. 2016
8/10
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Nous sommes dans des toilettes pour femmes, lieu d’un huis-clos intimiste idéal pour accompagner la libération de la parole, celle que l’on ne partage pas spontanément avec des inconnus puisqu’il est question ici d’intimité, du « ça » de la femme, à savoir le sexe féminin.

C’est dans la salle très intimiste de l’Art Studio Théâtre que nous avons pris place dans un contexte servant parfaitement le propos. Sur scène elles sont trois, trois femmes sans nom qui peuvent incarner toutes les femmes du monde. En effet, leur propos est universel et le réduire à un seul individu serait nier la complexité et la multiplicité de l’existence même de « ça ». Nous passons d’une scène à une autre avec un texte décousu comme de petites tranches de vie présentées sans embellissements. Malgré un début quelque peu étiré, le juste rythme est trouvé rapidement et nous nous laissons séduire par des moments tantôt drôles tantôt touchants mais toujours avec justesse. Cut n’a pas peur des mots tranchants tels que « masturbation ». Après tout cela fait partie de la réalité alors pourquoi mettre d’autres mots sur ces faits ? Pourtant, pas de propos scabreux pour ces trois femmes occidentales, libérées et heureuses qui semblent épanouies et qui nous parlent sans retenue de leur sexe sous toutes ses formes.

Le bonheur de la dame-pipi qui ouvre la pièce, c’est la musique. Cela tombe bien car il en est constamment question au fil d’un texte percutant qui mise beaucoup sur l’interprétation. Les mots possèdent une grande musicalité dont s’emparent les trois actrices avec délectation. Les personnages se répondent tels les instruments au sein de l’orchestre. Sonorités chantantes, répétitions, variations de rythme, d’intonation ou de débit : aucun doute, les actrices prennent leur pied sur le plateau. Elles s’amusent et parviennent à nous transmettre tout cela malgré un sujet qui pourrait mettre mal à l’aise. Tout y est cependant spontané, dynamique. Que ce soit en solo, en duo ou en trio, Stéphane Dupéray (chrysalide qui va peu à peu se libérer), Clara Marchina (véritable tornade dont la scène de l’incarnation de ses débats en italien reste mémorable) et Inès Lopez (qui joue sur toute la gamme vocale, d’une voix neutre et détachée à une intonation pleinement investie) en alternance avec Pauline Woestelandt, livrent une prestation scénique à la fois physique et cérébral mais sans être pesant. Construite comme une partition, la pièce révèle toutes les nuances de chaque scène présentée.

Cut est au final une pièce assez déroute de par le sujet qu’elle aborde car cela n’est pas inné pour tout le monde de partager ce genre de propos entre spectateurs et acteurs incarnant des vérités aussi intimes sur scène mais vraiment plaisante. Elle brise les tabous de la parole autour du sexe féminin sans vulgarité ni gêne. « On ne perçoit pas tout notre propre sexe qui semble se poursuivre à l’intérieur » dit l’une des femmes sur le plateau. Cela reste dans le prolongement de notre état d’esprit en sortant : il faudra continuer à s’interroger sur « ça » car il n’y a aucune raison pour que le tabou perdure plus longtemps.

Si le rôle réflexif du théâtre est souvent mis en avant, Cut a pleinement sa place dans le répertoire contemporain pour faire avancer les choses et devrait trouver un public prêt à succomber au charme de cette proposition durant le Festival d’Avignon.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor