Constellations

Constellations
De Nick Payne
  • Théâtre de l'Aquarium
  • route du Champ-de-Manœuvre
  • 75012 Paris
  • Château de Vincennes (l.1) puis bus 112
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Marianne est physicienne, Roland est apiculteur.

Ils se rencontrent autour d’un barbecue chez des amis. Une relation naît, grandit avec ses joies, ses aléas… 

Une histoire banale ? Sauf que le génial Nick Payne, appliquant l’hypothèse des « multivers » de la physique quantique (selon laquelle une infinité de possibles coexistent à chaque moment de notre vie), déploie un jeu de variations extraordinaire, où il suffit qu’un personnage change un mot, une intonation, pour que le « destin » reparte soudain ailleurs !

Ce n’est donc pas un couple lambda mais la multitude des possibles d’une relation amoureuse qui se déploie sous nos yeux, au prisme des variations de la vie, de l’amour, de la mort, du temps… Et ce qui pourrait n’être qu’un exercice de style devient un hymne à la liberté aussi léger que bouleversant, porté par deux acteurs frémissants de vérité.

 

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31 janv. 2018
8,5/10
13 0
De Nick Payne auteur contemporain anglais mise en scène de Arnaud Anckaert.

Une histoire d’amour avec toutes ses facettes avec ses doutes, ses enchantements, ses incertitudes et ses allers-retours. Une Histoire ordinaire.

Au cours d’une soirée chez des amis, Marianne et Roland vont se rencontrer et nous allons cheminer avec eux.

Marianne physicienne passionnée de physique quantique s’interroge « si notre avenir était déjà tracé ? » et Roland apiculteur est passionné par la vie des abeilles.

Le texte de Nick Payne est assez atypique. Tous les dialogues et les scènes sont répétés et rejoués plusieurs fois dans un tourbillon dynamique et magique. Un mot, une attitude, une intonation, un geste peuvent tout changer. Il suffit de peu pour bouleverser le déroulement des événements, il y a d’innombrables chemins.

Les dialogues sont concis, incisifs, énergiques, rythmés. Nous sommes happés dans cette histoire.

Sur scènes s’ouvre un espace sobre, tapissé de bois clair. Juste un banc sur lequel Marianne et Roland prendront place de temps en temps. La lumière nous achemine élégamment d’un tableau à l’autre.

Cette mise en scène épurée donne une grande importance au texte jeu des comédiens.

Noémie Gantier et Maxence Vandevelde sont talentueux et nous émeuvent.

Très beau moment de théâtre.
9,5/10
23 0
Marianne et Roland de rencontrent à l’occasion d’un barbecue chez des amis. Ce qui aurait pu être une simple et belle histoire devient tout à coup un tourbillon de pensées, un torrent d’hypothèses, un ravage d’images qui se précipitent et se décalent pour se recaler peut-être, autour d’une fiction qui serait une ponctuation finale, ou pas.

Nick Payne crée cette pièce en 2012. Son texte, d’une adresse redoutablement efficace, explore plusieurs facettes des mêmes séquences de vie de Marianne et Roland… Jusqu’à nous prendre et surprendre dans un monde de différents possibles.

Monde étrange, prodigieusement spectaculaire et évident pour faire théâtre. Celui des multivers de la physique quantique appliquée aux variations de la relation humaine, de l’approche amoureuse, de son éclosion ou de sa fanaison mais aussi celui des quêtes identitaires multiples, croisées, laissées au hasard quantique de l’aléatoire et de l’imprédictibilité.

C’est génial, c’est prenant, c’est surprenant et c’est touchant aussi. Pour ce que nous voyons et devinons, pour ce que nous comprenons et recomposons et pour ce que nous projetons de nous-même et des autres.

A ce petit jeu des perturbations de la vie qui bouscule le temps, l’espace, le sentiment ou la perception du réel, nous pourrions nous perdre, nous sentir déroutés mais non cela fonctionne, plutôt très bien d’ailleurs. Comme une valse lente qui s’emballe peu à peu, voici une expérience théâtrale singulière qui fait penser à ces jeux d’enfants qui commencent par : « et si… ? ».

Il ressort de ce spectacle l’impression forte et savoureuse d’avoir assister à un combat ludique et mirifique pour la quête de soi, de l’autre, de l’altérité. Pour l’effondrement des murs qui empêchent, la fonte de idées qui obligent. Comme une ode de deux Spartacus pour la liberté de choisir, d’aimer à sa guise, de pouvoir dire oui ou non.

La mise en scène et la scénographie de Arnaud Anckaert se sert de toutes les possibilités de théâtralisation. Le son, la lumière, le décor, la posture, le regard, le toucher, le mouvement, le silence, l'intonation, le débit des phrases. Tous ces éléments composent un ensemble cohérent et riche, complémentaire et captivant.

Bien sûr, une telle partition faite de codas, de reprises, de variations (parfois d’un mot, d’une idée, d’une inversion) et de mélange de séquences dans l’espace-temps de la pièce, demande une virtuosité de jeux. C’est réussi ! Noémie Gantier et Maxence Vandevelde sont éblouissants de sincérité, de sensualité et de pluralité. Un remarquable travail d’interprétation.

Un spectacle comme une expérience théâtrale magique et ludique servant un questionnement sur le libre-arbitre et le choix, admirablement bien joué. Un superbe temps de théâtre.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor