Compagnie

Compagnie
  • Comédie Française - Studio Théâtre
  • 99, rue de Rivoli
  • 75001 Paris
  • Louvre-Rivoli (l.1)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 35,00
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« Avoir un monologue dans sa valise », selon les mots de Marcel Bozonnet, ancien administrateur général, voilà l’indispensable paradoxe pour un acteur de troupe. Un comédien donc, singulis, dit les mots qu’il balade dans ses poches.

Quand « une voix parvient à quelqu’un dans le noir. Imaginer. » Les premiers mots de Compagnie sonnent comme une promesse que tient Christian Gonon, « seul » car, comme souvent chez Beckett, les personnages se multiplient pour mieux atteindre la conclusion que, finalement, ils n’étaient qu’un.

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Spectacle inédit que ce monologue théâtral à la puissance calme et profonde. Christian Gonon, magnifique, au service de ce texte troublant de Samuel Beckett. Sublime.

Beckett publie « Compagnie » en 1980 dans sa propre traduction française après l’avoir écrit en anglais entre 1977 et 1979. Cet écrit siège à part parmi ses derniers textes, comme une apparente délivrance autobiographique, une formidable et profonde mélopée introspective, qui font songer à un adieu littéraire, à une ultime ode souveraine aux mots, aux textes et à leurs silences.

« Le livre est là sur ma table, avec sa couverture blanche et le bleu du titre : Compagnie, et j'ai presque peur de ce qu'il y a dedans. Peur et envie et besoin d'entendre de nouveau la voix connue, jamais vraiment connue, autre chaque fois » écrivait Geneviève Serreau à sa sortie (Le Nouvel Observateur, 10 mars 1980).

Nous y trouvons tous les sorts qu’il a jetés dans son œuvre aux sens et aux non-sens des formulations et des situations jusqu’à les confier souvent à l’absurde. Nous y retrouvons aussi la place si précise et délicate du non-dit comme du rien-dit, du noir sonore qui fait silence. Toute son œuvre littéraire, poétique et théâtrale semble ici réduite à la plus stricte et essentielle expression.

Le personnage central semble être « La Voix », celle qui parle, qui tient compagnie, bravant la solitude. Celle et celles de l’enfance qui reviennent comme échappées des souvenirs.

Christian Gonon, magistral et incarné, nous fait rentrer dans le texte au fur et à mesure. Nous ne savons pas où il nous mène, nous sommes dans l’attente permanente de ce qu’il va nous livrer. Magique.

Sa voix est « la Voix ». Elle parle, chuchote pour nous ou pour elle-même, on ne sait pas, comme une berceuse mélancolique psalmodiée. Il est devant nous, dans une demi-pénombre, jouant avec une intensité sereine, douce et parfois presque meurtrie. Chaque mot, chaque pause, chaque geste trouve place dans une partition précise donnant au spectacle une musicalité dense et soutenue, nous laissant rêveurs et troublés par ces propos aux allures de confidences. Un grand moment.
21 avr. 2016
8,5/10
252 0
Merci.
Tout d'abord, un vrai et sincère merci, Christian Gonon.
Merci pour ce beau moment de théâtre intense, épuré, qui vous prend aux tripes.
Merci !

Les deux premières lignes du texte sont capitales :
« Une voix parvient à quelqu'un dans le noir. Imaginer. »

Quelle voix ?
Pour qui ?
Quel noir ?
Pour imaginer quoi ?

C'est à ces quatre questions que le texte de Beckett va répondre, un texte magnifiquement servi par Christian Gonon, seul sur scène (c'est le principe même de ces monologues « Singulis »).

Un texte de 1977, qui, à l'origine, n'était pas destiné au théâtre. C'est en 1984 que l'immense Pierre Dux eut l'idée d'en faire un monologue.

Cette voix, qui nous prend, nous berce, qui met en valeur les silences, raconte les difficultés d'être, l'inéluctabilité de la solitude : pour Samuel Beckett, même à chercher sans relâche une compagnie, on ne peut être que seul.
Définitivement, irrémédiablement seul.

Cette voix, à qui appartient-elle ?
De qui parle-ton dans cette pièce ? Qui parle ? Qui est ce « Tu » ? Qui est « L'imagineur », qui est « L'entendeur » ?

Le comédien est ici admirable : il nous propose un théâtre passionnant et total : il nous permet de prendre conscience que les mots précèdent et induisent le silence.
Pendant une heure et quart, il va dire un texte ardu.
Non seulement grâce à la parole, mais également avec son corps.
Il faut se laisser porter par cette musique des mots, cette rythmique oralisée, qui vous berce, vous porte, vous prend totalement.

On sent Christian Gonon totalement impliqué : on ne peut pas être forcé de choisir de dire un tel monologue âpre, exigeant et difficile : on ne peut que choisir de le dire.
De la même façon, le spectateur ne peut pas se retrouver par hasard au Studio-Théâtre, et doit s'attendre à ne pas sortir totalement « indemne » de ce spectacle.

Ce texte, sur la fin de vie (l 'une des dernières créations de Beckett ) confronte chacun à son propre noir final : la solitude va précéder l'inéluctable.

L'imaginer ?
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor