Colette et l'amour

Colette et l'amour
De Philippe Tesson
Avec Judith Magre
  • Judith Magre
  • Philippe Tesson
  • Elisabeth Quin
  • Jean-Baptiste Doulcet
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 24,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment

Après des débuts de romancière dans l’ombre de son premier mari Willy, Colette s’émancipe et embrasse une carrière au music-hall et au théâtre.

Tout au long de ces années au cours desquelles elle assumera avec audace sa liberté sexuelle, au risque de provoquer le scandale, elle connaitra plusieurs aventures féminines, notamment avec Mathilde de Morny.

 

Le cabaret Colette & L’Amour, conçu et animé par Philippe Tesson, célèbre la femme de lettres sensuelle avec la complicité de Judith Magre, d’Élisabeth Quin et du pianiste Jean-Baptiste Doulcet.

 

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Ce savoureux cabaret littéraire dresse un chatoyant portrait de Colette, de ses rapports tumultueux et voluptueux à la vie et particulièrement à l’amour.

Dès leur arrivée, Judith Magre, Élisabeth Quin et Philippe Tesson installent une ambiance complice et décontractée. Le maître de céans Philippe Tesson, admirable raconteur, commence le récit des faits marquants de la vie de Colette. La journaliste Élisabeth Quin l’accompagne dans ces évocations. La splendide et lumineuse comédienne, la grande Judith Magre dit des extraits de textes de Colette.

La magie opère tout de suite, nous sommes pris et bercés par ces mots d’amour touchants, aux illustrations sensuelles, parsemés d’anecdotes croustillantes et utiles sur la vie sulfureuse de Colette criant une indépendance revendiquée et assumée.

À nouveau, Judith Magre nous cueille et nous envoute de ses sorts ardents et délicats. Nous sommes tenus en haleine par le fil de sa voix, ses appuis, ses intonations, sa chaleur enveloppante ou son froid piquant. Elle dit Colette comme elle nous parle, proche et mutine. Comme si c’était sa vie, ses amours, ses emmerdes qu’elle nous racontait là.

Le choix des textes par Philippe Tesson nous fait découvrir une Colette intime, libérée de tous les jougs qu’une femme subit. Élisabeth Quin et lui nous racontent Colette simplement, dans ses plus puissants et ravageurs états, irrévérencieuse et sans concession sur son plaisir, érigeant en dogme le désir et en droit sa satisfaction. Une amoureuse sauvage, douce, délicate ou directe, sensuelle ou révoltée.

L’amour est passion chez cette auteure prolifique, merveilleuse par sa tendresse à dire et son appétit de vivre.

Elle s’est jouée des normes liberticides en matière culturelle et sexuelle, marchant et creusant à son tour le sillon de celles qui l’ont précédée dans cette attitude émancipatrice. À l’instar de Louise Michel, d’Olympe de Gouges, de Georges Sand ou de Simone de Beauvoir, elle mènera dans ses choix de vie un farouche engagement pour sa liberté d’expression et d’action, prenant place à sa manière parmi les égéries du féminisme humaniste.

Les morceaux de la vie de Colette, racontés et illustrés d’extraits dits, sont ponctués par des séquences musicales jouées au piano par Jean-Baptiste Doulcet. La virtuosité de ce pianiste est époustouflante, son toucher tonique et précis donne du velours, de la sensualité, de la force vibrante et une musicalité impétueuse aux partitions de Debussy, de Ravel et de Fauré ou à ses improvisations.

Le spectacle nous enchante et nous transporte autant qu’il nous surprend. Son propos est narratif, démonstratif et drôle à la fois. Nous savourons des textes de Colette que nous ne connaissions pas. Le plaisir est présent tout le long de ce cabaret rieur, convivial et artistique. Un agréable et doux moment au charme fou et prenant.
3 juin 2017
9/10
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Philippe Tesson nous propose dans son fief du Poche-Montparnasse un brillant et délicieux cabaret-littéraire consacré à l'une des plus grandes des auteures françaises : Colette.

Bien entendu, il serait illusoire en heure et quarante cinq minutes d'évoquer complètement l'incroyable vie de Colette.

C'est pourquoi, il a choisi d'observer l'écrivain à travers un prisme ô combien important : l'amour.

Colette et l'amour... Vaste sujet...
D'autant qu'à l'amour, autant appeler un chat un chat, (et pour elle, l'un est indissociable de l'autre), il faut ajouter le sexe.

Autant le dire tout de suite, Tesson éprouve une véritable fascination pour cette icône !
C'est visible, c'est palpable, c'est évident !

Son cabaret-littéraire va prendre la forme d'un échange, d'une brillante conversation entre trois personnes.

Lui, est en quelque sorte le narrateur du trio.
Il raconte la vie amoureuse de son héroïne.
Les faits, rien que les faits, et parfois une certaine mauvaise foi... (On le reconnaît bien là, non?)

C'est manifeste : tour à tour, il jubile, il est ému, il vibre, ses yeux pétillent, puis il est pensif, mélancolique.
Il nous communique comme personne toutes ses émotions et son amour inconditionnel pour la grande dame.

Pour dire les mots de Colette, il a fait appel à une autre très grande dame, du théâtre cette fois-ci, je veux bien entendu parler de Judith Magre.
Elle va nous lire des morceaux choisis par le maître de cérémonie.
De sa voix reconnaissable entre toutes, avec son léger zézaiement, avec un vrai délice et une réelle suavité, elle nous dit Colette.

Mais elle nous fait rire, également.
Oui, l'on rit beaucoup, au cours de ce cabaret littéraire.

Notamment au cours d'un passage où les deux ont mis en scène une passe d'armes verbale.
Ces deux-là n'ont pas la même conception de...
Mais je vous laisse découvrir par vous-mêmes. C'est vraiment très drôle !

Autre moment irrésistible, celui où le patron des lieux à la crinière argentée se lève et interprète le rôle... d'une momie effeuillée par un explorateur lui enlevant ses bandelettes.
Oui, oui, vous avez bien lu, et je n'en dirai pas plus. Irrésistible, donc !

La troisième actrice de ce spectacle est une figure bien connue des téléspectateurs d'Arte, puisqu'il s'agit d'Elisabeth Quin.
Elle aussi va apporter bien des précisions et des éclairages passionnants sur le sujet.
Elle vient souvent tempérer, et même parfois provoquer gentiment « Willyppe », comme elle l'appelle avec beaucoup d'espièglerie.

On l'aura compris, au sein du trio assis derrière la table, règne une vraie complicité, un vrai plaisir d'être devant nous, un vrai bonheur de partager cette conversation, cette conférence littéraire.

Tout comme les trois mousquetaires étaient finalement quatre, un autre acteur du spectacle va assurer les transitions et intermèdes musicaux.
L'excellentissime jeune pianiste Jean-Baptiste Doulcet interprète avec une réelle virtuosité les compositeurs préférés de Colette.
Il nous joue Debussy, Fauré et Ravel. Son interprétation du « Concerto pour la main gauche » est purement et simplement magnifique.

Oui, il régnait hier soir dans la salle un vrai bonheur.
Un vrai bonheur d'écouter de brillants causeurs et comédiens, au service de cette femme de lettres si connue et à la fois si méconnue du grand public.
Un mélange de vraie et bonne pédagogie avec le plaisir des mots, de la conversation et de l'intelligence.
Dites, Monsieur Tesson, vous pourrez nous en faire d'autres, des cabarets littéraires de cette tenue ?
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor