Claudel

Claudel
  • Théâtre de L'Athénée - Louis Jouvet
  • Square de l'Opéra Louis-Jouvet - 7 rue Boudreau
  • 75009 Paris
  • L 3-7-8 Opéra
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Première mondiale de la nouvelle pièce de l’auteure et metteure en scène australienne Wendy Beckett sur la créativité, la passion et l’injustice dans la vie de Camille Claudel, sculptrice française renommée, au destin tragique.

Camille Claudel est une icône, un symbole pour les artistes féminines partout dans le monde. 

Pourtant son destin tragique laisse beaucoup de questions sans réponses : Était-elle folle ou est-ce qu’une terrible erreur de jugement a été commise ? Pourquoi a-t-elle dû rester enfermée pendant 40 ans ?

Dans cette nouvelle pièce, Wendy Beckett met en avant dès le début le point de vue de Camille Claudel, et vise à exprimer ses sentiments internes en donnant vie à ses sculptures les plus connues à travers des chorégraphies de Meryl Tankard.

 

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25 mars 2018
6,5/10
17 0
Pour incarner une telle femme, il fallait une comédienne de grand talent. Célia Catalifo donne toute l'intensité nécessaire pour donner vie à l'artiste. Entouré d'une équipe chevronnée qui apparaît selon les périodes de la reconstitution historique. On va y voir deux élèves de l'école des Beaux-arts avec Marie-France Alvarez (Suzanne) et Marie Brugière (Jessie). Pour le côté familiale, nous avons Clovis Fouin (Paul Claudel, le frère) et Christine Gagnepain (la mère). Et pour le côté passion, Swan Demarsan dans le rôle du sculpteur amoureux, Auguste Rodin. Pour montrer les oeuvres, la metteure en scène a décidé de faire appel à trois danseurs, Sébastien Dumont, Audrey Evalum et Mathilde Rance, qui prendront des poses tels des statuts tout au cour de la représentation.

Une reconstitution biographique oblige forcément de faire des choix et prendre quelques libertés. Donc Wendy Beckett a décidé de valoriser la relation amoureuse entre Camille Claudel et Auguste Rodin. On y découvre une femme amoureuse, passionnée qui côtoie la folie à la séparation. On a l'impression que la relation est brève et qu'il ne garde pas contact à la suite de la rupture. Mais la jeune femme restera pendant 8 ans au côté d'Augustin Rodin après leur rupture. Elle a été internée à la suite de l'enterrement de son père dont elle n'a pas été conviée. Et pendant 30 ans, elle y restera. Toutes ces années sont présentées par des images projetées sur un rideau avec les années qui défilent. Un raccourci un peu gênant qui coupe l'élan et la fougue insufflée précédemment. Le temps s'étire et la prestation des comédiens ne suffit plus. On attend plus que la fin arrive. Le rythme est cassé. L'enthousiasme du début s'est envolé. 

Malgré une mise en scène un peu décevante sur la fin, les comédiens mettent tout leur coeur pour donner vie à Camille Claudel. Une belle aventure à suivre tout de même.
11 mars 2018
8/10
3 0
La belle mise en scène de Wendy Beckett, évoque l’époque de cette passion, de la chute de Camille et ses débordements. Sébastien Dumont, Audrey Evalaum et Mathilde Rance, beauté, grâce, magnifiques danseurs, modèles reproduisant « la valse », « Sakountala », « l’âge mur ».

Célia Catalifo ne joue pas dans l’hystérie, elle irradie la scène, joue avec finesse et passion. Clovis Fouin est un Paul Claudel, humain, loin des clichés, Swan Demarsan est Rodin, il joue les deux facettes avec subtilité, Marie-France Alvarez et Marie Brugière apportent la fantaisie et l’humanité dans cette tragédie.

Un excellent moment de théâtre donné dans la petite mais si jolie salle de l’Athénée.
10 mars 2018
9,5/10
4 0
Magnifique création de ces deux grandes artistes australiennes.
Wendy Beckett auteure et metteur en scène est connue entre autre pour ses nombreuses pièces de théâtre. Une grande partie de sa création artistique aborde des questions existentielles à travers des biographies.
A-t-on le droit de vivre sa vie en dehors de convention sociale ?
Peut-on interner une femme (ou un homme) qui dérange la société sans raison ?
La création artistique est-elle permise à tous ?
Quelle est la place de la femme artiste dans la société ?
Camille Claudel est née en 1864. Fut internée à l’âge de 50 ans pendant 30 ans. Sa liaison avec Rodin fut enrichissante mais aussi douloureuse. Elle nous laisse une œuvre remarquable et émouvante.
Wendy Beckett nous fait vivre les premiers regards de Rodin étonnés et captivés par le talent de Camille que nous suivrons jusqu’à son anéantissement.
Célia Catalifo nous entraine avec fougue et émotion dans la passion, la lutte et la révolte de Camille jusqu’à sa destruction par cette société intransigeante et machiste qui l’internera.

Meryl Tankard grande dame de la danse contemporaine qui entre autres a travaillé au côté de Pina Bausch quelques années, nous offre une chorégraphie magnifique et poignante.
Trois talentueux danseurs donneront vie à cette biographie sculpturale en incarnant Rose, Rodin et Camille.
Leur gestuelle évolue et modèle avec souplesse et agilité :
L’âge mûr/ L’abandon/ Vertumno y Pomona...
C’est d’une grande esthétique, cela nous émeut.

L’union du théâtre et de la danse intensifie la profondeur et l’émotion.
C’est bouleversant.
9,5/10
4 0
Un spectacle merveilleux, d’une originalité magnifique et stupéfiante, d’une beauté manifeste. Incontournable moment de théâtre.
8 mars 2018
9/10
38 0
Ce n'est pas parce qu'on est Australienne qu'on ne pourrait pas s'intéresser au destin tragique de Camille Claudel.
Wendy Beckett nous propose un superbe spectacle consacré à la vie de cette artiste majeure, si injustement traitée.

Superbe d'un pont de vue dramaturgique.
Superbe d'un point de vue formel.

Nous sommes accueillis d'emblée dans un atelier artistique. Un atelier de sculpture, bien entendu.
En fond de scène est tendu un rideau avec de grands festons aspergés de peinture évoquant les teintes de la terre, du marbre, du bronze.

Le très beau camaïeu de gris des décors, des costumes (les blouses d'artistes sont magnifiques), des accessoires, ce camaïeu évoque le rapport à la glaise, à l'argile.

Trois jeunes étudiants, dont Camille Claudel, attendent le professeur Boucher, pour leur cours.
Ce jour-là, il sera remplacé par le professeur Rodin. Tout va s'enclencher.

Sur le plateau, nous verrons non seulement des comédiens, mais également des œuvres en cours de création ou achevées.
Wendy Beckett a eu l'excellente et lumineuse idée de faire incarner ces sculptures par trois danseurs contemporains, couverts eux aussi de gris.

Dans des chorégraphies très lentes que l'on doit à Meryl Tankard, ou dans des poses figées, très étudiées, ils évoqueront la sensualité propre à cet art majeur.
La sensualité des corps des modèles, la sensualité de la matière première qu'on pétrit, qu'on frappe, qu'on écrase, qu'on modèle, qu'on caresse.
Ces scènes seront magnifiques, dégageant une vraie beauté plastique.

Tout au long de la pièce, la vie de l'artiste sera évoquée, les relations avec Auguste Rodin nous seront exposées sans concession.
Comme seront décrits les rapports exécrables entre Camille et sa mère.
Le frère Paul sera également présent.

Ce seront surtout ces deux sortes de relations qui seront développées par l'auteure-metteure en scène.
Il s'agit ici de montrer ces tensions permanentes entre deux artistes d'une part et entre membres d'une famille pour le moins tourmentée d'autre part.

Célia Catalifo incarne magistralement Camille Claudel. Quelle interprétation !
La comédienne nous fait totalement croire à cette femme au destin hors du commun.
De l'atelier des Beaux-arts à l'asile, elle sera l'artiste. Elle a su insuffler au personnage cette fougue, cette passion, cet esprit rebelle, ce caractère on ne peut plus trempé, cette détermination sans concession propre à la créatrice.

Elle sera également déchirante lors des dernières scènes, hurlant le désespoir, la détresse, l'aliénation du personnage.

Elle nous questionne ainsi sur la distance séparant la folie du génie.
Melle Catalifo m'a bouleversé !

Swan Demarsan est un Rodin totalement convaincant, arrivant dans de magnifiques pèlerine, largeot et coltin (de la maison Le Laboureur) de couleur marron. La silhouette est parfaite, tout comme le sera le jeu du comédien.
Le duo fonctionne vraiment, l'évolution de leur histoire est très crédible.

Christine Gagnepain est une Mme Claudel mère on ne peut plus repoussante, détestable et inflexible, corsetée dans sa terrible morale judéo-chrétienne. Son personnage est magnifiquement repoussant !

Paul est interprété par Clovis Fouin, dans un rôle assez ambigu.
Il nous fera beaucoup rire, notamment en découvrant un modèle en très petite tenue, et prenant alors une pose que je ne décrirai volontairement pas. C'est très drôle !

Ainsi donc, ce spectacle est un véritable hommage rendu à une créatrice qui reste encore un véritable symbole pour les artistes féminines.
L'histoire tragique de Camille Claudel fait partie de celles qui ne peuvent laisser personne indifférent.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor