Charles Gonzales devient Camille Claudel

Charles Gonzales devient Camille Claudel
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 21,00 à 35,00
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Le spectacle retrace le véritable itinéraire de Camille Claudel depuis le début de sa rencontre destructrice avec Rodin jusqu’à la fin de sa vie, enfermée dans une maison d’aliénés, pendant plus de trente ans.

Sa liaison avec Rodin, ses combats pour s’affirmer en tant qu’artiste de son temps, ses rapports avec son frère Paul Claudel et le conflit permanent avec sa mère font de cette femme exceptionnelle, Camille Claudel, une artiste sacrifiée sur l’autel de l’injustice.

L’histoire d’une descente aux enfers. Un théâtre de l’émotion.

 

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23 janv. 2018
9/10
29 0
Charles Gonzales aime les projets artistiques qui sortent de l'ordinaire, ces projets qui permettent à un comédien de donner sa pleine et entière mesure, toujours au service d'un texte, d'un auteur.

On se souvient de mon enthousiasme récent concernant sa mise en scène de « La voix humaine » de Cocteau, avec la comédienne Yannick Rocher.

Ici, il va nous raconter un destin.
Non seulement une vie, mais un véritable destin.
Le destin d'une femme, d'une artiste, d'une créatrice « maudite ».

Créée en 2014, prix du OFF à Avignon, cette pièce consacrée à Camille Claudel conclut une trilogie qui décrivait deux autres femmes d'exception, à savoir la dramaturge Sarah Kane et Thérèse d'Avila.

Car voilà, le propos est bien de nous dire ou nous rappeler ce qu'est une existence exceptionnelle.
Le comédien va se servir de la fonction même du théâtre pour rappeler le sens de cette existence-là.
Les questions que se posent le comédien, sont probablement les mêmes que celles que s'est posé Camille Claudel : qu'est-ce que je fais là, à quoi je sers ?

Gonzales va être impressionnant.
Il va être devant nous celle qu'il décrit lui-même comme une « artiste sacrifiée sur l'autel de l'injustice ».
Il va lui-même endosser les robes de l'artiste Camille Claudel.

Ce qui se déroule sur la scène va alors relever, bien au delà de la simple dimension « un homme qui joue une femme », d'un très grand moment d'interprétation dramatique.

Il entre sur la scène, encore dans le noir.
Il s'immobilise, puis va commencer à bouger. Un corps meurtri s'allonge alors.
Le corps de l'acteur, le corps de glaise ou de bronze.

Puis le personnage s'adressera à son frère, le fameux Paul Claudel mais également et peut-être surtout à Rodin.
La descente aux enfers peut commencer devant nous.

J'ai été une nouvelle fois complètement époustouflé par le jeu de Charles Gonzales.
Sa voix, ses changements de timbres, de hauteur, ses nuances...
Il dit le texte, il chuchote, il vocifère, il apostrophe, il console, il maudit...

Le jeu du corps également est impressionnant. Il y a là une force, une énergie qui contrastent souvent avec une douceur, une intériorisation voire une introspection.

J'ai reçu tout ceci en étant subjugué, en oubliant même le processus dramaturgique. Ici, c'est une relation vraiment duelle qui s'installe entre un acteur et un spectateur, une multitude de relations duelles à double sens : pour que la mayonnaise prenne, encore faut-il accepter de la laisser prendre.
Une sorte d'alchimie totalement maîtrisée.

La fin du spectacle est bouleversante.
Ce sont les trente années d'internement dans l'asile (appelons un chat un chat...) de Ville-Evrard, en Seine-Saint-Denis.

Le comédien est alors déchirant.
Il fait passer le message : elle a tenu trente ans, la tête haute, fière.
Et surtout, elle a gagné : les sœurs ne réussiront jamais à lui faire replonger les mains dans la glaise.

Dans un très long fondu au noir, le dernier regard de Charles Gonzales, les bras levés, les mains dans des bandes Velpeau qui s'effilochent, ce regard est alors sublime.

Lors des saluts, le comédien, très applaudi, nous montre à quel point le personnage le touche : totalement humble et s'effaçant alors discrètement, il murmure à plusieurs reprises : « Merci pour elle ».

C'est là un spectacle d'une troublante beauté.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor