Chandala l'Impur

Chandala l'Impur
  • Théâtre du Soleil
  • Route du Champ-de-Manœuvre
  • 75012 Paris
  • Château de vincennes (l.1)
Itinéraire
Billets à 25,00
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

« Nous allons travailler sur une histoire d’amour entre un intouchable et une brahmane, en nous inspirant librement de quelques éléments de la tragédie de Roméo et Juliette.

L’effervescence des désirs de la jeunesse sous le couvercle de la tension familiale, l’union charnelle, l’improbable stratagème qui aboutit à la mort tragique des amants. »

Koumarane Valavane

Note rapide
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
2 critiques
Note de 8 à 10
100%
Toutes les critiques
13 nov. 2019
9/10
0 0
Inspiré de Roméo et Juliette tragédie de Shakespeare Koumarane Valavane nous conte la terrible et féroce histoire de Jack et de Janani :
Le dieu Kama (Cupidon) les a choisis et atteints avec ses flèches.
La guerre des castres est impitoyable et cruelle, le livre sacré de Manou sépare la société en différents rangs bien distincts où chacun doit rester à sa place, malédiction à celui qui si oppose.
Au sommet de la pureté se trouvent les Brahmanes,
les Ksatriya, les guerriers,
les Vaisya, les marchands,
les Sûdras, les serviteurs.
Puis les chandâlas, les impurs.
Or Jack vit dans le quartier des colonies, quartier des chandâlas, les impurs et Janani est une jeune fille de castre supérieure.
Jack est un grand romantique, il se prend pour Roméo. Il part en guerre contre cette société intransigeante et discriminatoire. Il espère la faire évoluer et vivre sa passion avec Janani.
A travers le théâtre, les chorographies, les chants, le cinéma, nous sommes transportés dans l'univers de la culture indienne et nous suivons ces amoureux dans leur lutte.
Les costumes sont flamboyants, la mise en scène vivante, les décors colorés.
Les comédiens nous entrainent avec grand brio dans cette dramatique histoire, ils bouillonnent de vitalité.
En parallèle, sur un écran vidéo, l’histoire vraie d’une jeune indienne Kawasalya nous est contée. Son mari appartenant à une castre inférieure a été sauvagement tué par ses propres parents en 2017.
C’est bouleversant, éloquent et dénonce une société ségrégationniste qui persiste de nos jours.
Bravo.
7 oct. 2018
9,5/10
31 0
La joie ! L'énergie ! Le bonheur de jouer, de dire les mots, de raconter une histoire.
Le plaisir de donner au public.

Voici ce qui pourrait qualifier le théâtre de la compagnie Indianostrum, qui nous propose un « plagiat » de William Shakespeare (c'est le terme employé par le metteur en scène Koumarane Valavane lui-même), par ailleurs ancien membre du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnchoukine.

Plagiat ? En tout cas relecture indienne de Roméo et Juliette.
Une East Side Story, en quelque sorte...

Jack et Janani s'aiment. Le dieu Kama, notre Cupidon à nous, a lancé ses flèches.
Seulement voilà...
Janani appartient à la haute caste indienne, Jack est quant à lui un chandâla, un impur, un intouchable.

Nous allons donc assister à une véritable lutte de castes. Malheur à ceux qui osent aller contre les préceptes du livre sacré de Manou, un très vieil ouvrage qui a édicté ce système de découpage d'une société, établissant ainsi discrimination et ségrégation.
Cette pièce criera haut et fort la dénonciation de ce monde de castes.

Shakespeare va rencontrer une histoire vraie, arrivée très récemment à Melle Kawasalya.
Une histoire qui se termine dans le sang. Le crime d'honneur. Le meurtre commandité par la propre famille de la mariée.
Le désir de deux êtres qui s'aiment face au joug et au poids familiaux.

J'ai vécu hier une véritable plongée dans la culture tamoul, par les biais des codes de ce théâtre.

Tout du moins au début, les codes.

En effet, nous allons nous apercevoir très vite du caractère encore très actuel de ce drame.

Il s'agira d'un mélange dramaturgique de conventions scéniques basées sur le grand livre de Nâtya-Shastra, le plus ancien traité de théâtre indien, de danses, de chorégraphies modernes, de cinéma d'action bollywoodien, de publicités pour arrêter de fumer et le safe sex, de musique et de marionnettes.
Un sorte de théâtre total.

Les comédiens vont donner sans compter, incarnant leurs personnages avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir.

Ca bouge, ça vibre, on est immédiatement embarqué dans ce tourbillon de culture indienne, nous sommes tout de suite séduits par la langue et le jeu des acteurs.
Des moments de grande émotion nous attendent.

Mais nous allons rire également beaucoup, notamment grâce à Aya, la nourrice de Janani.
La composition de la comédienne est magnifique des précision et de drôlerie.

Les deux acteurs principaux seront eux aussi parfaits. On adhère et on croit vraiment à leur histoire passionnelle.
Ils confèrent à la fin de la pièce une poignante dimension.
Une fin qui relie d'ailleurs le mythe shakespearien à l'actualité, puisque sur l'écran, apparaîtra celle qui a inspiré ce spectacle.
Une voix off révèlera les principaux tenants et aboutissants de ce récent drame.

Puis, les comédiens se déferont de leurs costumes, pour se retrouver en sous-vêtements.
Non pas pour symboliser le reniement de leur pays et de leur culture, mais pour s'élever une dernière fois contre cette organisation sociétale qui perdure encore et toujours.

Au final, voici ce qu'il faudra retenir d'essentiel : Love, Khadal, Ishy, Mohabbat, Amour !

Trois heures de pur ravissement saluées par une standing ovation de tout le public unanime !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor