Carmen, opéra en plein air

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En Espagne, à Séville. Arrêtée à la suite d’une querelle, Carmen, bohémienne au tempérament de feu, séduit le brigadier Don José, fiancé à Micaëla, et lui promet son amour s’il favorise son évasion.

Don José libère Carmen, et se fait emprisonner à son tour. Il la retrouve deux mois plus tard parmi les contrebandiers. Pour elle, José se fait déserteur, et enchainé à sa passion dévorante pour Carmen, la poursuit de sa jalousie.

 

Chateau de Vincennes

 

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La critique de la rédaction : 6/10. 'Opéra en plein air' est une manifestation que je suis depuis plusieurs années avec à chaque fois le plaisir de faire découvrir un opéra à des proches pour un tarif raisonnable comparé au Palais Garnier ou l'Opéra Bastille.

Ainsi de grands opéras classiques ont été découverts par de jeunes oreilles (mais aussi de moins jeunes) de mes proches : La Flute Enchantée, La Traviata, les Noces de Figaro et cette année, nous avions Carmen de George Bizet au programme. De plus, j'ai suivi cette prestation dans différents lieux pour découvrir ou redécouvrir des cadres chargés d'histoire : Les Invalides, le chateau d'Haroué ou pour cette dernière édition : le chateau de Vincennes. Petite note d'attention : il ne faut pas s'attendre à un son de la même qualité que dans les grandes maisons précédement citées où l'accoustique est divine mais le résultat reste particulièrement honorable pour une découverte. La prestation technique de ce week end mérite d'être saluée car en dépit d'un vent particulièrement taquin, le rendu était de fort bonne facture.

L'histoire : Carmen, la belle andalouse, séduit le brigadier Don José, qui était promis à Micaëla, comme elle séduit tous les hommes de Séville. Ils s'aiment,... puis Carmen a un nouvel amant et Don José n'est pas d'accord... Oui, ça va mal se terminer... Le plateau sur deux niveaux nous propose un joli décor de Séville dans la première partie mais stoppons là les discussions.... l'opéra commence.... et de suite on sent que l'orchestre 'Music Booking Orchestra' d'Anne Gravoin va nous servir une bien belle partition, le chef Vincent Renaud les dirige en expert accompli. Effectivement, nous sommes charmés par un joli mélange bien nuancé de l'ensemble des sentiments de Carmen reproduit avec brio par l'orchestre : passion, fougue, colère,...

La grande révélation vocale de cet opéra est Olga Tenyakova, soprano russe qui tient le rôle de Micaëla. Une voix admirable, pure et cristalline allié à un jeu de scène réussi et voilà que nous succombons au charme de la belle russe. A priori, je ne fus pas la seule quand on voit le triomphe lors des saluts. J'ai donc hâte de la revoir sur une autre scène dans des rôles plus importants : artiste à suivre ! Le metteur en scène Radu Mihaileanu, que je connais pour ses films dont le très beau 'va, vis et deviens', a proposé une mise en scène un peu chargée à mon gout et j'ai eu la sensation qu'il a voulu utiliser une technique cinématographique lors de la déclaration d'amour entre Carmen et Don José qui ne se regardaient pas mais il aurait sans doute fallu des caméras et un écran pour que son intention soit plus compréhensible.

Néanmoins, je suis sortie de la cour du chateau de Vincennes en fredonnant Toreador comme les autres spectateurs autour de moi en étant contente de ma soirée. Petite interrogation personnelle : Carmen porte trois tenues vives : une bleue, une blanche et une rouge... Un message subliminal en cette période de coupe du monde ? :-)

Note rapide
7/10
pour 4 notes et 3 critiques
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Note de 1 à 3
0%
2 critiques
Note de 4 à 7
75%
1 critique
Note de 8 à 10
25%
Toutes les critiques
12 août 2018
8/10
2 0
Carmen est l'opéra le plus joué au monde. Ce fut pourtant ce qu'on appelle un bide à sa création. Parce qu'on jugeait tout à fait indécente la volonté de la jeune femme de séduire.

Huit ans après Patrick Poivre d'Arvor cette héroïne est de nouveau à l'affiche d'Opéra en plein air. C'est cette fois Radu Mihaileanu qui en signe la mise en scène. J'attendais un manifeste féministe, dans la lignée de La source des femmes, que j'avais tellement plébiscité au cinéma.

Cette session est un bon cru. J'ai entendu quelques reproches au décor, trop sobre au goût de certains. C'est précisément la qualité que je lui reconnais. Quand on dispose de monuments historiques comme fond de scène il n'est pas nécessaire de surcharger le plateau, surtout avec des éléments ultra contemporains.

Par contre l'accent est mis sur les costumes, et là encore j'approuve. Ils sont magnifiques et très colorés. Notamment le toréador qui sera habillé sur l'air du Quadrille. Avec cependant une interrogation sur la couleur de la jupe de Micaela que le livret annonce bleue ... et que l'on découvre totalement différente, rouge carmin. Un détail ...


Les voix n'étaient pas toutes exceptionnelles, peut-être parce que je suis venue le soir de la Première et que l'émotion a impacté certaines. Ce n'est pas un souci pour moi. C'est le jeu d'Opéra en plein air de propulser l’insertion professionnelle de jeunes artistes lyriques. J'attends une implication plus qu'une performance au sens strict du terme.

Les choeurs des enfants comme des cigarières sont très beaux, parfaitement harmonieux. Les chorégraphies tout autant réussies.

Cet opéra est marqué par la passion, la jalousie et la liberté. Les personnages osent leur sensualité. Ces sentiments sont exacerbés et paradoxalement, la musique de Georges Bizet est simple, avec une ligne mélodique d'une telle fluidité que tout le monde connait plusieurs airs par coeur, ce qui est très agréable.

C'est sur l'air célébrissime de l'amour est un oiseau rebelle que le public découvre Carmencita. Les scènes d'intimité sont jouées au premier plan, devant les musiciens et l'émotion s'en trouve renforcée.

L'acte II s'achève sur une ode à la liberté dans un nuancier de rouges. Après l'entr'acte ce sont les tons bleutés qui vont dominer. La pauvreté et la guerre civile sont sous-jacentes. La pièce mérite une lecture politique. Carmen réaffirme son point de vue : je ne veux pas être tourmentée, commandée, mais être libre.

Carmen devait initialement être une comédie mais le drame s'y est faufilé. les cartes annoncent la mort ... pour les deux protagonistes principaux.

C'est vêtue de blanc (comme une sainte) que Carmen revient. Elle n'a jamais menti, son âme est inflexible. les lumières découpent la silhouette d'un taureau sur la façade du château. Un immense drap évoque une mer déchainée.

La pièce s'achève sur l'aveu de Don José : Vous pouvez m'arrêter, c'est moi qui l'ai tuée, oh ma Carmen, ma Carmen adorée.

Nous sommes toujours surpris du nombre de personnes impliquées dans une telle entreprise. le plateau semble trop juste pour toutes les contenir.

Aux saluts, et après que l'équipe artistique ait longuement été applaudie, le metteur en scène rend hommage à tous ses collaborateurs, ce qui n'est pas si fréquent.

Cette Carmen offre encore une certaine modernité en ce sens qu'elle témoigne d'un conflit culturel entre deux mondes qui n'ont pas les mêmes valeurs ni les mêmes codes, Don José, issu de l'armée, et Carmen, née bohémienne. On aurait envie de croire le contraire mais l'amour n'évite pas le drame.


Il m'a semblé que quelques libertés avaient été prises avec le livret en faisant alterner les voix chantées avec des épisodes récités (et c'est très bien ainsi d'ailleurs). Par contre, mille fois hélas, la fin reste intangible. Carmen meurt.

Est-ce le prix à payer pour son intransigeance ? Je rêve d'un opéra qui ne s'achèverait pas dans le sang. S'il n'existe pas il faudrait l'écrire !

Une opération comme Opéra en plein air assure la promotion de cet art auprès d’un nouveau public et notamment des jeunes qui n'oseraient peut-être pas franchir la porte d'un établissement dédié à cet art. Puisse longtemps encore une telle oeuvre enchanter nos soirées estivales !
6/10
4 0
... Carmen ou Micaëla ?... Avec notamment la brillante Olga Tenyakova et sous la baguette majestueuse de Vincent Renaud à la direction musicale.
30 juin 2018
6,5/10
20 0
Décidément, l'Europe est une indéniable réalité : de la grand place de Séville, Carmen, Don José et consorts ont émigré dans la cour du Château de Vincennes !

Dès l'ouverture, nous entrons dans le vif du sujet : voici Escamilo porté en triomphe, du sang sur son habit de lumière.

(Hashtag Balance ton Taureau...)

L'histoire, on la connaît bien.
Encore cette fois-ci, Carmen veut, Don José aussi, Carmen et Don José font, Don José veut encore, Carmen ne veut plus, Don José tue.
C'est un rien raccourci, mais enfin, l'essentiel y est...

D'emblée, à la tête du Music Booking Orchestra de Anne Gravoin, le chef Vincent Renaud nous montre qu'il tient parfaitement ses troupes. L'orchestre va rendre un très bel hommage à la partition de Georges Bizet. Il y aura du souffle, de l'épique, de l'héroïsme, mais également beaucoup de sensualité, de douceur et d'émotion dans cette interprétation musicale.

Il faut être très clair : nous sommes en plein air, et donc tout est amplifié. Il serait donc vain de comparer l'acoustique des lieux, les grands équilibres des masses sonores à ce qui peut constituer une production à Bastille ou à Garnier.

Néanmoins, il faut tirer un coup de chapeau à la société belge Sans Frontières et à Vincent Donat, l'ingénieur du son, qui malgré un vent assez fort, ont réussi à donner une belle restitution sonore de cette oeuvre. (Trente-six sources HF en plein air, tout de même...)

Le metteur en scène Radu Mihaileanu est un cinéaste. Son travail sur cette Carmen le prouve.
Ici, il privilégie les visages, les expressions de ses chanteurs, délaissant souvent les corps, et les interactions entre ces corps.
A l'opéra, sur scène, pas moyen de procéder par successions de champs/contre-champs.
Il me semble par exemple quant à moi que lorsqu'on déclare sa flamme à quelqu'un, on regarde plutôt ce quelqu'un droit dans les yeux. On ne reste pas côte à côte sans se dévisager l'un l'autre.

Côté chanteurs, la soprano russe Olga Tenyakova a illuminé la soirée.
Dans le rôle de Carmen ? Non, dans celui de Micaëla !

Melle Tenyakova, qui continue d'étudier au Conservatoire national de Saint-Pétersbourg, a donné à son personnage une très belle dimension et une réelle présence. Comme elle était crédible !

Sa technique irréprochable, sa tessiture, sa puissance, son absolue justesse, mais aussi ses nuances, le timbre de sa voix, plein, rond, suave, velouté, tout ceci a déclenché bien des bravi lors des saluts. Votre serviteur n'a pas été le dernier à ovationner la chanteuse.
Comme j'aurais alors aimé que MM Bizet et les librettistes Meilhac et Halévy eussent eu la bonne idée d'écrire plus d'airs pour cette Micaëla-là !

Retenons bien son nom : Olga Tenyakova !

Bien entendu, l'immense avantage de cette opération « Opéra en plein air » est de démocratiser la chose lyrique et de permettre à un grand nombre de spectateurs peu enclins naturellement ou financièrement à fréquenter les théâtres lyriques d'avoir accès à cet art encore trop élitiste.
C'est également un moyen d'aborder ces œuvres emblématiques d'ordinaire réservées à quelques privilégiés, ainsi que de donner envie de poursuivre le chemin.

Hier, ces missions étaient complètement remplies, notamment vis-à-vis de jeunes et à n'en pas douter futurs aficionados.

Vous trouverez ci-dessous les prochaines dates de cette Micaëla (oh pardon...) de cette Carmen prenant ses quartiers dans de magnifiques bijoux architecturaux et patrimoniaux français.
Pour une agréable soirée estivale.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor