Cantate pour Lou von Salomé

Cantate pour Lou von Salomé
De Bérengère Dautun
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 40,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Écrivain et première femme psychanalyste : Lou suscita les passions. Nietzsche, Paul Rée, Frida Von Bulow et R M Rilke... 15 personnages renaissent !

Tout en elle était exceptionnel : beauté, intelligence, amour de la vie. L'attraction qu'elle exerçait, révélait les êtres à eux-mêmes et suscitait les passions : Nietzsche, Paul Rée, Frida von Bulow... Mais aussi et surtout Rainer Maria Rilke. 

Née en 1861, elle connut le meilleur et le pire : l'âge d'or viennois (Klimt, Schnitzler) comme l'ascension d'Hitler au pouvoir. 

 

Note rapide
Toutes les critiques
4 avr. 2018
3,5/10
19 0
Je n’ai pas compris l’intérêt de cette pièce.

On arrive difficilement à comprendre les différents personnages que jouent Bérangère Dautun et surtout au final on n’apprend pas grand chose de la vie de Lou Von Salomé.

Une grosse déception!!!
26 mars 2018
7,5/10
20 0
Cantate pour Lou est à l'affiche depuis un moment mais une série de contretemps m'a contrainte à venir plusieurs fois pour voir le spectacle, en faisant démentir l'adage jamais deux sans trois puisque la représentation a bien eu lieu ce soir.

Les dates sont maintenant restreintes mais vous pouvez toujours voir la pièce jusqu'au 26 mars, les dimanche (15h) ou lundi (20 h).

Le travail d'écriture entrepris par Bérengère Dautun, qui signe sa première pièce est remarquable et elle a eu pleinement raison (à l’heure où, comme elle le souligne, certains droits de la femme -acquis depuis des années- risquent d’être remis en cause) de retracer la destinée de cette grande figure féminine chez qui tout était exceptionnel : beauté, intelligence, amour de la vie.
Bérengère est une comédienne exceptionnelle dont je découvre à chaque fois une facette différente.

Le duo qu'elle compose avec Sylvia Roux (qui est aussi la directrice du théâtre) fonctionne parfaitement pour faire vivre une quinzaine de personnages aussi célèbres que déterminants. Il faut dire qu'elle sont complices depuis un moment puisqu'elles ont joué dans Compartiment fumeuses, qui est repris en ce moment dans ce même Studio Hébertot.

La scénographie retenue est simple mais permet d'installer des atmosphères différentes, évoquant chacune un épisode particulier de la vie par la projection d'images sur un immense voile blanc. Le choix de Stéphane Cottin est judicieux et très esthétique. C'est d'abord la neige qui tombe à flocons serrés sur Saint Pétersbourg le jour de la naissance de cette petite fille qu'on appellera Lou en hommage à sa mère Louise et dont le prénom, Salomé, est dérivé de shalom et signifie donc paix.

Le tempérament fougueux de l'enfant est immédiatement installé alors que Sylvia se balance sur un cheval de bois. Née en 1861, elle connut le meilleur et le pire : l’âge d’or viennois (Klimt, Schnitzler) comme l’ascension d’Hitler au pouvoir. Sa vie ne commence pas légèrement : son père meurt le 1é février 1878 alors qu'elle n'a que dix-sept ans. Elle reçoit alors le titre d'excellente qui justifie l'emploi de ce petit mot "von" qui peut surprendre a priori.

Les épisodes se succèdent assez vite. Les deux actrices campent aussi bien des hommes que des femmes.

Vêtues toutes deux de la même longue et sobre robe noire, elles sont comme interchangeables et un détail permet d'identifier le personnage, comme un haut-de-forme pour Nietzsche. On reconnait par ailleurs Lou chez Sylvia au début de la pièce et chez Bérengère à la fin. La mise en scène d'Anne Bouvier est simple, et soignée, comme à son habitude. Il n'est pas indispensable de connaitre la vie de Lou pour apprécier ce spectacle même si ça aide.

L’attraction exercée par Lou est perceptible. Bérengère voulait montrer combien cette femme a révélé les êtres à eux-mêmes et suscitait les passions : Nietzsche, Paul Rée, Frida von Bulow... Mais aussi et surtout Rainer Maria Rilke qui sera son véritable premier amour... alors que c'est Andreas qu'elle aura épousé. Elle a tenu à souligner qu'elle n'avait jamais accepté de prendre le nom d'Andreas. Ce mariage n'a d'ailleurs jamais été consommé. Voilà ce qui justifie que la cantate soit dédiée à Lou von Salomé.

Le terme même de cantate est un petit clin d'oeil à Claudel qui a écrit la cantate à trois voix. Nietzsche écrira Zarathustra parce qu'elle ne l'aura pas eue, et pour se prouver sa puissance. Paul Rée se suicidera des années plus tard, faisant dire à Lou je ne fais donc que semer la mort et détruire ceux qui m'aiment.

La personnalité de Lou est complexe à bien des égards. Mais son intelligence est flamboyante, ce que reconnaitra Freud qui fut son maitre ... et admirateur, l'exhortant à se ménager parce qu'une fois devenue elle-même psychothérapeute elle n'hésite pas à suivre ses patients dix heures par jour.

Elle prend position contre la guerre que l'Allemagne déclare à sa chère Russie, qui provient de ce que les états ne se font pas psychanalyser.

C'est sincère, remarquablement documenté, envoutant du début à la fin quand la signature de Lou s'inscrit sur le vol d'un canard.
2 déc. 2017
8/10
14 0
Pour la première fois de sa longue carrière, Bérengère Dautun prend la plume et signe une belle histoire sur le destin singulier de Lou Von Salomé.

Oui, voilà bien un destin particulier : c'est la première femme psychanaliste, élève de Freud, mais aussi elle défraya la chronique car elle était une féministe convaincue et une érudite qui fit l'admiration de contemporains célèbres (Nietzsche, Freud,...) et malgré tout ça elle n'est pas très connue de nos jours.

Elles sont deux sur scènes : Sylvia Roux (la directrice du Studio Hebertot) et Bérengère Dautun, toutes deux habillées de façon identique, une longue robe noire, que j'ai d'abord confondu avec une soutane. Elle sont si proches, si complices, on pourrait les prendre pour des soeurs et pourtant l'une sera Lou en permanence sur scène (Sylvia Roux) alors que Bérengère Dautun incarnera toutes les personnalités que Lou croisera : Freud, Paul Rée, Maria Von Bulow, Nietzsche et puis à des moments clés, elle sera aussi Lou.

Elles sont donc deux et ça tombe bien car c'est une cantate (un texte à plusieurs voix). Elles s'emparent de la vie de Lou et nous la restituent avec bonheur.

La mise en scène d'Anne Bouvier complète admirablement ce tableau grâce à un voile tendu qui perment des projections videos et un décor qui nous plonge dans le début du XX ème siècle.

Merci chère Bérengère de m'avoir fait découvrir la vie de Lou Von Salomé.
27 nov. 2017
8,5/10
48 0
Bérengère Dautun, 450ème Sociétaire de la Comédie Française passe (enfin!) à l'acte littéraire !

Elle a écrit sa première pièce de théâtre, consacrée à une figure d'exception, féministe assumée à la fin du 19ème et au début du 20ème, première femme psychanalyste, et paradoxalement assez peu connue du grand public : Lioulia Andreas-Salomé, plus connue sous le nom de Lou von Salomé.

Une femme libre, indépendante, une femme de caractère.
Un vrai personnage de théâtre, donc.

Une femme, qui, à la fin des années 1880, vivra en ménage à trois, bravant le scandale, en entretenant une relation purement intellectuelle et platonique avec un philosophe, Paul Rée, et un certain Friedrich Nietzsche.

Elle consentira finalement à se marier à un orientaliste, Friedrich Carl Andreas, à condition que cette union ne soit jamais sexuellement consommée.
Un caractère, non ?

Elle deviendra par la suite la muse de Rainer Maria Rilke, (peut-être son seul amour), elle rencontrera Sigmund Freud, et deviendra amie avec sa fille Anna.

On comprend aisément que pour côtoyer intellectuellement ces gens, et être acceptée d'eux, il fallait soi-même être vraiment brillante.

Bérangère Dautun a donc imaginé la rencontre de son héroïne avec les intellectuels sus-nommés.

Elle a évidemment dû rassembler une solide documentation biographique, qu'elle maîtrise à la perfection.

Au Studio-Théâtre, Lou von Salomé est interprétée par Sylvia Roux, et tous les autres rôles par Melle Dautun.
Les deux comédiennes ont exactement la même robe noire très sévère, (uniforme, soutane?) créée par Mine Vergès, et qui est une réplique de la célèbre photo du trio Salomé-Rée-Nietzsche de 1882.

Bien entendu, nous ne tardons pas à comprendre que les deux comédiennes incarnent toutes les deux les multiples facettes de leur personnage principal, cette femme brillante et indépendante.

L'auteure a mis beaucoup d'elle dans ce besoin de narrer ces éléments biographiques, et notamment d'évoquer d'un point de vue purement psychanalytique la figure du Père, une figure planant en permanence sur cette heure et dix minutes de spectacle. (La scène figurant cette mort paternelle est d'une troublante beauté.)
Se ressent également la lutte qu'a dû mener cette femme pour s'imposer, pour exister entant qu'être pensant, très intelligent, et non pas seulement en tant que femme.

Entre les deux demoiselles, sur le plateau, la complicité est totale.
Leurs regards sont empreints de tendresse, de sollicitude, de respect mutuel. De connivence, également. Comme peuvent-être les relations entre deux sœurs jumelles qui s'adorent .

Leurs jeux respectifs sont totalement complémentaires, j'ai été subjugué, envoûté par l'articulation de leurs partitions pour raconter cette vie-là. Bérengère Dautun, de sa voix si reconnaissable est parfois très cassante, très autoritaire, très directive, Sylvia Roux est plutôt dans la douceur, le charme et la suavité.

L'on voit bien qu'il s'agit d'une cantate : deux voix se croisent dans un subtil contrepoint, générant de suaves et délicates harmonies scénographiques.

En quinze tableaux, la vie de Lou von Salomé défile.
Parfois, au lointain, sur un large panneau de lin faseyant probablement grâce à un ventilateur, sont projetées de très belles illustrations en camaïeu de gris, dues à Léonard.

Tout ceci génère un sentiment presque onirique, un sentiment d'exaltation des symboles religieux ou psychanalytiques. (Qui a dit "c'est la même chose" ? )
Nous sommes alors amenés nous-mêmes à nous regarder dans ce théâtre-miroir, et à nous questionner à notre tour, fonction essentiel du théâtre.

C'est un nouveau moment très fort au Studio-Théâtre, qui décidément s'attache à nous faire découvrir des personnages plus intéressants les uns que les autres.
Un moment auquel il serait dommage de passer à côté.
8,5/10
10 0
Bérengère Dautun, illustre comédienne, ex-sociétaire de la comédie française, écrit pour la première fois un texte théâtral. Pour que cette grande dame des arts de la représentation décide de prendre la plume, il fallait que le sujet en vaille la peine, la passion et l’envie d’un partage évident et généreux.

C’est la personnalité hors du commun et les grands moments de l’histoire de vie sublime de Lou von Samolé qui feront cette cantate, cette ode à deux voix écrite pour nous. Pour connaître, découvrir ou redécouvrir une femme d’exception, un exemple de féminisme aboutie, totalement iconoclaste pour son époque, peu connue de nos jours.

Écrit avec la sincérité du cœur et la précision d’une documentation fournie et choisie pour la transmission de l’essentiel, le texte est riche, vibrant et merveilleux à la fois. Une narration jouée et stimulée par une parole didactique pénétrante, envoutante presque comme une confession dévoilée par une femme brillante qui se livre, stimulant la hargne d’agir pour être celle qu’elle décide d’être et qui combat pour le devenir.

Quinze tableaux parsèment le chemin de cette rencontre passionnante et singulière avec Lou von Salomé. De son enfance heureuse et protégée à la femme indépendante et libre qu’elle devient très tôt, elle parcourra le monde et les idées, s’engageant toujours et encore dans des recherches progressistes.

Passant de découverte en découverte, de la philosophie à la psychanalyse, de la littérature à la peinture et au théâtre, de la pensée politique à la question théologique, elle croisera des personnages importants de son temps, par amour, par affection et par intérêt mutuel pour les arts et les lettres, nourrissant sa quête incessante de liberté et de bonheur.

Nietzche, Rée, Klimt, Schnitzler, Frieda von Bülow, Anna Freud ou Sigmund Freud, seront notoirement des compagnes et des compagnons de parcours. Un amant romantique, Rainer Maria Rilke et un mari fidèle Friedrich Carl Andreas, seront ses deux repères affectifs dont elle saura s’éloigner à l’occasion pour vivre sa vie de femme émancipée.

La mise en scène d’Anne Bouvier tisse savamment les liens entre narrations et jeux, laissant aux illustrations musicales et filmées le soin de dresser le décor des tableaux qui se suivent et qui nous interpellent.

Il y a comme une allure de poésie impressionniste dans les jeux, du symbolisme lyrique dans les expressions.

Bérengère Dautun et Sylvia Roux incarnent Lou par opposition ou renforcement. Troublante sensation de miroir temporel entre ces comédiennes qui représentent la même femme. Nos impressions sont marquées tout autant, qu’il s’agisse de l’autre ou de l’autre. L’ardeur de cette femme, égérie d’une époque, passe la rampe et résonne avec force et vibration au travers de ces deux présences qui n’en font qu’une.

Sylvia Roux joue Lou du début à la fin de la vie représentée. Bérengère Dautun joue Lou par éclats de présence. L’une et l’autre semblent jouer en écho, une combinaison réussie, onirique et enivrante. D’autres personnages joués par Bérengère Dautun, à l’aide d’accessoires signifiants, accompagnent le personnage de Lou.

Une narration jouée précise, haletante et passionnée qui éblouit le spectacle par la virtuosité et la musicalité des jeux.

Bérengère Dautun fait briller ses personnages d’une vigueur farouche et d’une incroyable volonté de convaincre. Sa diction parfois martelée et ses intonations ciselées nous touchent. Sylvia Roux irradie de son charme et de son engagement dans l’interprétation. Une magnifique comédienne qui incarne une Lou von Salomé solaire et fascinante.

Un temps de théâtre singulier, riche et prenant. Une très belle présentation d’une égérie peu connue.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor