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ça ira (1) Fin de Louis

ça ira (1) Fin de Louis
De Joël Pommerat
Mis en scène par Joël Pommerat
  • Le Centquatre
  • 5, rue Curial
  • 75019 Paris
  • Stalingrad (l.5, l.2)
Itinéraire
Billets à 28,00
Evénement plus programmé pour le moment
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« Il ne s’agit pas d’une pièce politique mais d’une pièce dont le sujet est la politique » dit Joël Pommerat à propos de sa nouvelle création.

Dans un monde bouleversé par les printemps révolutionnaires, alors que l’Europe est secouée par le retour des nationalismes et la radicalisation, l’auteur et metteur en scène interroge l’histoire de la Révolution française. Comment s’emparer de cette matière historique bouillonnante élevée au rang de mythe et éclairer ses liens avec notre présent ? Ça ira (1) Fin de Louis s’intéresse au processus révolutionnaire plutôt qu’aux héros, observe les mécanismes qui régissent l’action des individus, insiste sur la dimension collective de l’action politique. Les révolutionnaires étaient‑ils préparés à l’exercice du pouvoir ? Quelle fut la réalité de leur apprentissage, de leurs enthousiasmes et de leurs controverses ?

 

La Révolution française est le fondement de nos démocraties modernes, la base des idées et valeurs qui les constituent. Avec ce nouveau spectacle, Joël Pommerat opère une rupture esthétique, abandonnant les dispositifs circulaires ou en bi‑frontal qu’il avait explorés précédemment.

Il revient à une frontalité très simple qui met la parole de l’acteur au centre et la confronte à une large assemblée de spectateurs, rejouant dans les corps l’invention du contrat social. L’écriture de plateau est documentée par des archives, des discours et des improvisations, afin de « reconstituer une réalité dont nous n’avons pas été témoins ».

Ca ira (1) Fin de Louis a été récompensée de 3 Molières 2016 : du Théâtre Public, de l'Auteur et du Metteur en scène Public (pour Joël Pommerat).

  

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La critique de la rédaction : 7/10. Ça Ira (1) Fin de Louis donne un éclairage intéressant sur notre histoire et fait réfléchir sur ce que nous sommes devenus. Sa durée (4h20) la transforme quelque peu en expérimentation artistique. Cela la rend à la fois unique et difficilement accessible.

Les faits historiques sont transposés à notre époque, avec appareils photos, micros... À part les tenues et ces quelques rappels de notre siècle, c'est au spectateur de faire le rapprochement entre les idées (et les idéaux), les situations connues au XVIIIème siècle et celles que nous connaissons aujourd'hui.

La mise en scène et la mise en lumières sont très belles. Elles permettent une immersion complète au coeur de l'action, comme si ça allait bientôt être à nous de prendre part à la révolution qui nait devant nos yeux. Plusieurs acteurs s'immiscent dans le public et se manifestent, applaudissent, injurient ! Ça crie beaucoup, personne n'est d'accord, aucune décision n'est facile. Et c'est à plusieurs moments éprouvant pour nos sensibles oreilles.

Quelques scènes précieuses, sublimes dans les salons du roi, ou des discours passionnés devant notre tribune nous ont touché, ému, intéressé ou encore fait rire. Hélas, d'autres allocutions étaient plus plates, répétitives, moins utiles.
Pendant toute une partie de la pièce nous avions l'impression de regarder LCP-Public Scénat. Les débats de l'assemblée nationale... Mais en 1789.

Nous ne nous sommes pas ennuyés mais avons parfois trouvé que quelques scènes auraient méritées d'être coupées. Comme nous ne conseillerions pas à quelqu'un qui ne court jamais de participer à un marathon, nous ne recommanderions cette pièce qu'aux spectateurs avertis.

Note rapide
8,7/10
17 pour 17 notes et 10 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
24%
9 critiques
Note de 8 à 10
76%
Toutes les critiques
13 févr. 2018
9/10
76 0
Fresque historique très actuelle sur le chaos de la démocratie, ou on ne s'ennuie pas une seule seconde !

En bref, Joel POMMERAT nous fait revivre la Révolution Française du point de vue politique : à travers les revendications des parisiens dans les comités de quartiers, puis dans l'assemblée du Tiers Etat, en lutte contre les intérêts du clergé et de la noblesse.

Plusieurs choses supers dans le spectacle :
- l’amphithéâtre de Saint Quentin se rapproche de l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, on a vraiment l'impression d'être au coeur de Public Sénat, au milieu des députés ;
- la pièce est participative, les comédiens jouent beaucoup dans le public, et encouragent le public à applaudir pour soutenir leurs députés (pour soutenir les extrêmes aux côtés de M. Lefranc, ou les modérés aux côtés de M. Gigard). Vendredi soir, le public n'était pas forcément très actif, on a tellement l'habitue de d'être passif en même temps ;
- mise en scène contemporaine, dans les costumes (costard) et le vocabulaire, supers jeux de lumières (oppressant dans les heures sombres, pleins feux et paillettes à l'arrivée du Roi) ;
- les acteurs sont engagés pendant les 4.50 de spectacle et mettent une énergie folle dans leurs rôles, bravo !

Sur le thème de la pièce, ce spectacle est frappant d'actualité. On ne peut pas se dire que ce n'est pas parlant :
- la virulence des débats à l'hémicycle, les attaques dans la sphère privée ;
- le protocole autour du Roi, qui ressemble beaucoup au protocole autour du Président, notamment l'arrivée des ministres pour leur Conseil
- les revendications des comités de quartiers ont un écho actuel : notamment les revendications de la confiseur du Tiers Etat, dont l'activité est concurrencée par les confiseurs du clergé, qui ne paient pas les mêmes taxes, on reconnaît les revendications des régimes spéciaux versus régimes généraux ;
- les forces en présence dans l'hémicycle sont les mêmes : les modérés c/ les extrêmes, les réactionnaires c/ les progressistes. Il n'existe aucun consensus, chacun se bat pour son intérêt privé ;
- du coup, cette pièce pose la question de l'efficience de la démocratie, système dans lequel les représentants ont des intérêts inconciliables, dans lequel les mêmes forces politiques existent depuis la nuit des temps sans aucune entente possible. Comme le souligne l'Histoire et la pièce, dans les heures sombres, les extrêmes gagnent (M. Lefranc). Emmanuel Macron aurait probablement eu peu de succès en 1789.

Est ce que Joel POMMERAT a voulu dénoncer le modèle démocratique actuel, dont le fonctionnement est chaotique ?

On comprend le titre à la fin : Louis XVI pense que CA IRA ("vous verrez ca ira, les gens reviendront vers moi"), tout redeviendra comme avant, les français vont se calmer, la situation va s'apaiser. Il l'affirme à plusieurs reprises, sans comprendre la profondeur de la crise. Or, c'est sa fin.

Bravo à tous !
12 févr. 2018
10/10
69 1
Le spectacle s’ouvre sur un conseil rassemblant le roi, son premier ministre en charge des finances, ainsi que des membres de la classe noble et de l’Église. Ils discutent de la crise économique, et des solutions qui s’offrent à eux. Face au refus des notables, un Parlement national des États Généraux va être convoqué. De l’élection des délégués aux élections des députés, de l’ouverture des États Généraux à sa formation en Assemblée Nationale, des négociations entre le tiers et la noblesse à l’abolition des privilèges, Joël Pommerat nous fait revivre cette période agitée de l’Histoire de France, qui a vu naître entre autres la Déclaration des Droits de l’Homme.

A vrai dire, je n’avais rien lu sur le spectacle. J’avais même un peu peur – vous savez, cette appréhension commune avant un spectacle aussi long. Je ne savais donc rien de la merveille qui m’attendait. Je ne pouvais même pas me douter de ce que j’allais vivre. Les mots seuls ne suffiront pas à décrire l’expérience unique de Ça ira. Je vais tenter modestement d’essayer de transmettre ce que j’ai vécu sur le moment, mais le mieux serait que vous quittiez tout de suite cette page pour chercher les tournées de ce spectacle. Pour comprendre, vraiment.

Il faut me prendre au mot lorsque je dis que Joël Pommerat nous fait revivre cette période. Je m’attendais à assister sagement à un spectacle historique retraçant le déroulement de la Révolution. Je ne pensais pas prendre part à l’Histoire de cette manière. Rapidement après l’ouverture du spectacle, on se retrouve au centre des États Généraux. Si le procédé étonne tout d’abord – qui est-ce qui applaudit ainsi en fond de salle ? – la fiction prend rapidement le pas sur le réel et nous voilà plongés en pleine année 1789. L’immersion est une grande réussite : me voici à applaudir aux déclarations de l’un, à huer un autre qui vient de prendre la parole. Je commence à repérer les divers intervenants et à comprendre leurs penchants politiques. Je me prends au jeu.

Tout l’art de Pommerat est de ne pas faire de ce spectacle uniquement un grand terrain de jeu. Son travail est pointu : ses recherches minutieuses n’aboutissent pas à de longues déclarations ennuyeuses et monotones, mais bien à des débats enflammés qui reproduisent les réunions d’alors. L’évolution est parfaitement fluide, et les résonances actuelles tout à fait intégrées dans un texte jamais didactique. Simplement, Pommerat est maître absolu de son spectacle et nous emmène là où il souhaite. On devine les premières idéologies politiques et on se plaît à surnommer l’un Mélenchon, l’autre Wauquiez.

Mais on est au spectacle. Les lumières, toujours si importantes chez l’auteur, accompagnent les discours, ouvrent les déclarations ou ponctuent les discours avec brio. Elles sont un personnage à part entière, créant tout de suite une atmosphère spécifique. Pommerat ne craint pas l’anachronisme : une fois le spectateur pris dans ces débats fougueux de l’Assemblée, il est aussi subjugué que le reste des députés lorsqu’on lui annonce l’arrivée du roi sur l’air de The Final Countdown. Cette scène, magistrale, à la fois culottée et évidente, m’a donné la chair de poule. Soudain, j’ai eu l’impression que Louis XVI allait surgir. J’ai senti l’excitation liée à la présence du Roi, l’exaltation de la foule, l’impatience de le voir surgir, l’envie de le toucher…

J’ai remonté le temps. J’ai changé de vie. J’ai appris. J’ai compris. J’ai écouté. J’ai interrompu. J’ai élevé la voix. Je me suis tue. J’ai réfléchi. J’ai dénigré. J’ai appréhendé. J’ai vu. J’ai ressenti. J’ai trépigné. J’ai applaudi. J’ai encaissé. J’ai eu peur. J’ai fermé les yeux. J’ai grandi. J’ai pris sur moi. J’ai adoré. J’ai idéalisé. J’ai cru possible. J’ai interrogé. J’ai remercié. Je me suis levée. J’ai vécu un bout du passé. Et j’ai juste envie de dire : merci Joël Pommerat.
10/10
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Pour faire bref : brillante plongée au coeur de la démocratie en construction. Pommerat nous plonge au sein de l'assemblée constituante.

La mise en scène inventive et la remarquable interprétation en font un spectacle à voir et revoir.
24 oct. 2016
10/10
113 0
Cette pièce représente tout ce que l'on cherche dans le théâtre. A être embarqué dans une aventure incroyable. Durant 4h20, nous vivons cette Révolution comme un député. Ça prend aux tripes en transposant sur notre période actuelle.

A voir, à revoir et à re-revoir !

Chef d'œuvre !!!
27 sept. 2016
9,5/10
137 0
Quelle expérience incroyable !

Pour la première pièce que j'allais voir du désormais mythique Joël Pommerat, le thème me rebutait : les débats qui ont précédé la Révolution française, transposés au présent… et 4 h durant ? Moi qui m'endors dès qu'un homme politique ouvre la bouche, j'ai pourtant bien failli me retrouver debout et poing levé !

Les acteurs sont sur scène mais aussi dans la salle, l'écriture est puissante et vous emporte : et c'est toute la salle qui se transforme en hémicycle, tous les spectateurs, dans un même mouvement, qui ont l'impression de participer à l'élaboration de l'Histoire. Et chacun de s'interroger sur ce qu'il aurait fait, ce qu'il aurait dit, la place qu'il aurait tenue… Quelle force !

Toute petite note négative : vers la fin de la pièce, cela crie un peu trop violemment, tout devient confus voire un peu répétitif : mais on imagine que la réalité n'était sans doute pas bien différente.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor