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ça ira (1) Fin de Louis

ça ira (1) Fin de Louis
De Joël Pommerat
Mis en scène par Joël Pommerat
  • Théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 18, boulevard Saint-Martin
  • 75010 Paris
  • Strasbourg-Saint-Denis (l.4, l.8, l.9)
Itinéraire
Billets à 28,00
À l'affiche du :
16 juillet 2018 au 30 juin 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 17:00
    • 19:00
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« Il ne s’agit pas d’une pièce politique mais d’une pièce dont le sujet est la politique » dit Joël Pommerat à propos de sa nouvelle création.

Dans un monde bouleversé par les printemps révolutionnaires, alors que l’Europe est secouée par le retour des nationalismes et la radicalisation, l’auteur et metteur en scène interroge l’histoire de la Révolution française. Comment s’emparer de cette matière historique bouillonnante élevée au rang de mythe et éclairer ses liens avec notre présent ? Ça ira (1) Fin de Louis s’intéresse au processus révolutionnaire plutôt qu’aux héros, observe les mécanismes qui régissent l’action des individus, insiste sur la dimension collective de l’action politique. Les révolutionnaires étaient‑ils préparés à l’exercice du pouvoir ? Quelle fut la réalité de leur apprentissage, de leurs enthousiasmes et de leurs controverses ?

 

La Révolution française est le fondement de nos démocraties modernes, la base des idées et valeurs qui les constituent. Avec ce nouveau spectacle, Joël Pommerat opère une rupture esthétique, abandonnant les dispositifs circulaires ou en bi‑frontal qu’il avait explorés précédemment.

Il revient à une frontalité très simple qui met la parole de l’acteur au centre et la confronte à une large assemblée de spectateurs, rejouant dans les corps l’invention du contrat social. L’écriture de plateau est documentée par des archives, des discours et des improvisations, afin de « reconstituer une réalité dont nous n’avons pas été témoins ».

Ca ira (1) Fin de Louis a été récompensée de 3 Molières 2016 : du Théâtre Public, de l'Auteur et du Metteur en scène Public (pour Joël Pommerat).

  

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La critique de la rédaction : 7/10. Ça Ira (1) Fin de Louis donne un éclairage intéressant sur notre histoire et fait réfléchir sur ce que nous sommes devenus. Sa durée (4h20) la transforme quelque peu en expérimentation artistique. Cela la rend à la fois unique et difficilement accessible.

Les faits historiques sont transposés à notre époque, avec appareils photos, micros... À part les tenues et ces quelques rappels de notre siècle, c'est au spectateur de faire le rapprochement entre les idées (et les idéaux), les situations connues au XVIIIème siècle et celles que nous connaissons aujourd'hui.

La mise en scène et la mise en lumières sont très belles. Elles permettent une immersion complète au coeur de l'action, comme si ça allait bientôt être à nous de prendre part à la révolution qui nait devant nos yeux. Plusieurs acteurs s'immiscent dans le public et se manifestent, applaudissent, injurient ! Ça crie beaucoup, personne n'est d'accord, aucune décision n'est facile. Et c'est à plusieurs moments éprouvant pour nos sensibles oreilles.

Quelques scènes précieuses, sublimes dans les salons du roi, ou des discours passionnés devant notre tribune nous ont touché, ému, intéressé ou encore fait rire. Hélas, d'autres allocutions étaient plus plates, répétitives, moins utiles.
Pendant toute une partie de la pièce nous avions l'impression de regarder LCP-Public Scénat. Les débats de l'assemblée nationale... Mais en 1789.

Nous ne nous sommes pas ennuyés mais avons parfois trouvé que quelques scènes auraient méritées d'être coupées. Comme nous ne conseillerions pas à quelqu'un qui ne court jamais de participer à un marathon, nous ne recommanderions cette pièce qu'aux spectateurs avertis.

Note rapide
Toutes les critiques
26 mai 2019
3,5/10
1 0
J'ai longuement hésité avant d'écrire un avis car après avoir lu les critiques dithyrambiques, je me suis sentie bien perdue devant cette pièce. Aussi parce que de la part du Théâtre Saint-Martin, programmer cette pièce est un choix courageux et sans doute peu rentable.
La pièce, d'une durée d'environ 4h30 est entrecoupée de deux courts entractes de 10 minutes. Je suis partie au 2e entracte, ce qui n'est pas dans mes habitudes.

Pourquoi?
- malgré un propos intéressant sur le papier, les débats s'enchainent mais se répètent, la pièce ne décolle à aucun moment. Alors oui ça retentit avec notre actualité, si l'on met une chaine diffusant des débats politiques ou ceux de l'Assemblé nationale nous avons la même chose : mauvaise foi, retournement de veste, ton qui monte vite jusqu'aux cris... Mais sur le fond... au milieu de tout ça on parle de la déclaration des droits de l'homme quand même.
- un choix de direction d'acteurs qui m'a laissée dubitative : demander à chaque comédien d'endosser plusieurs rôles n'ayant rien à voir, en leur mettant une perruque ou un sweat shirt, ça ne fonctionne pas toujours. Et là cela donne des moments où on se demande qui chacun joue, où on se demande pourquoi Louis 16 est là, puis s'il s'est déguisé en espion (non en fait ce comédien doit lui aussi jouer un autre personnage). Cela empêche un jeu correct pour certains selon moi.
- pour ajouter à la confusion, une mise en scène bruyante jusque dans la salle, qui part dans tous les sens, assez brouillonne en somme.
13 mai 2019
9/10
4 0
Aux armes Comédiens !

Ils sont plus de trente à nous offrir 4h durant ce spectacle grandiose ....
Quelle mise en scène !
Quelles performances !

La résonnance entre cet épisode mythique de notre histoire et la situation actuelle est fascinante, perturbante, inquiétante, poignante.

Par ce jeu de miroir entre hier et aujourd'hui, Pommerat nous pousse à réfléchir sur les fondements même de notre Démocratie.

Liberté, égalité, fraternité.
Mais aussi ....
Humanité, absurdité, férocité !
6 mai 2019
9,5/10
2 0
Troisième fois que j’y vais et je reste toujours intéressée par cette pièce. Le petit bémol est que le théâtre de la Porte Saint-Martin n’est peut-être pas assez grand pour cette pièce qui demande une grande salle. C’était plus impressionnant aux amandiers ou au 104.

Joël Pommerat nous propose un travail de réflexion sur la constitution, la démocratie. Que contient une constitution ? 4h30 de réflexion où je passe invariablement de « il a raison », à « elle a raison », à « mais pas du tout » dans ma tête. Réflexion passionnante.
Le début est impressionnant. Le premier ministre explique que la France est en faillite et qu’une réforme fiscale doit être faite. Aussi, le clergé et la noblesse vont devoir payer des impôts et pas seulement le tiers Etat. Et là, grande sortie de l’Evêque de Narbonne qui explique combien l’Eglise aime le peuple et combien elle ne paiera pas d’impôts. Applaudissements dans la salle (sic). Et là le public se crispe (qui applaudit ?). La noblesse explique aussi pourquoi elle ne paiera pas d’impôts. Et là, nouveaux applaudissements. Mais que se passe-t-il dans la salle ?
Et puis, le roi convoque les assemblées avec un reportage passionnant de la télévision ????
On comprend rapidement que nous sommes l’assemblée du Tiers Etat et les débats vont avoir lieu tout autour de nous. Immersion totale. Les débats s’enchainent.
On alterne avec les comités de quartier, la vie au château, les émeutes dans Paris. Les informations viennent en live à l’assemblée. Et peu à peu, nous deviendrons assemblée nationale. Le roi vient à l’assemblée nationale et quelle entrée !!!
Le montage est fabuleux. Les lumières sont très bien organisées et permettent les transitions de lieu. La pièce est une réflexion politique. Ce n’est pas une pièce historique au grand regret de mes voisines de derrière qui ont été offusquées des inexactitudes historiques ????. Tellement que Pommerat réussit l’exploit de raconter précisément la révolution sans jamais nommer un personnage historique. Seul Louis XVI est nommé, pas même la reine. Son objectif est bien de nous obliger à penser à l’aspect politique.

On se laisse porter par la polémique. On rie des commentaires lancés dans l’assemblée. Bref, le temps vole et ne construit toujours pas notre constitution.
La fin est fabuleuse car le roi est sûr que tout ira bien…

Impressionnant le nombre d'acteurs qui saluent (45 ou plus peut-être).

A voir et revoir.
2 mai 2019
8/10
3 0
Une pièce captivante et immersive où le spectateur est plongé au sein de la révolution française ! La salle du théâtre fait corps avec ce qui deviendra l’Assemblée Nationale : les comédiens éparpillés dans l’espace débattent, développent leurs argumentaires, applaudissent, s’indignent...

Le jeu des acteurs est super, tout comme la mise en scène. On ne voit pas passer les 4h20 et on ressort de la pièce avec un seul souhait : ré-ouvrir un bouquin d’histoire pour en apprendre davantage !

La deuxième partie du spectacle est un peu répétitive mais cela n’enlève rien à la puissance et à la richesse de cette pièce que je recommande !
13 févr. 2018
9/10
91 0
Fresque historique très actuelle sur le chaos de la démocratie, ou on ne s'ennuie pas une seule seconde !

En bref, Joel POMMERAT nous fait revivre la Révolution Française du point de vue politique : à travers les revendications des parisiens dans les comités de quartiers, puis dans l'assemblée du Tiers Etat, en lutte contre les intérêts du clergé et de la noblesse.

Plusieurs choses supers dans le spectacle :
- l’amphithéâtre de Saint Quentin se rapproche de l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, on a vraiment l'impression d'être au coeur de Public Sénat, au milieu des députés ;
- la pièce est participative, les comédiens jouent beaucoup dans le public, et encouragent le public à applaudir pour soutenir leurs députés (pour soutenir les extrêmes aux côtés de M. Lefranc, ou les modérés aux côtés de M. Gigard). Vendredi soir, le public n'était pas forcément très actif, on a tellement l'habitue de d'être passif en même temps ;
- mise en scène contemporaine, dans les costumes (costard) et le vocabulaire, supers jeux de lumières (oppressant dans les heures sombres, pleins feux et paillettes à l'arrivée du Roi) ;
- les acteurs sont engagés pendant les 4.50 de spectacle et mettent une énergie folle dans leurs rôles, bravo !

Sur le thème de la pièce, ce spectacle est frappant d'actualité. On ne peut pas se dire que ce n'est pas parlant :
- la virulence des débats à l'hémicycle, les attaques dans la sphère privée ;
- le protocole autour du Roi, qui ressemble beaucoup au protocole autour du Président, notamment l'arrivée des ministres pour leur Conseil
- les revendications des comités de quartiers ont un écho actuel : notamment les revendications de la confiseur du Tiers Etat, dont l'activité est concurrencée par les confiseurs du clergé, qui ne paient pas les mêmes taxes, on reconnaît les revendications des régimes spéciaux versus régimes généraux ;
- les forces en présence dans l'hémicycle sont les mêmes : les modérés c/ les extrêmes, les réactionnaires c/ les progressistes. Il n'existe aucun consensus, chacun se bat pour son intérêt privé ;
- du coup, cette pièce pose la question de l'efficience de la démocratie, système dans lequel les représentants ont des intérêts inconciliables, dans lequel les mêmes forces politiques existent depuis la nuit des temps sans aucune entente possible. Comme le souligne l'Histoire et la pièce, dans les heures sombres, les extrêmes gagnent (M. Lefranc). Emmanuel Macron aurait probablement eu peu de succès en 1789.

Est ce que Joel POMMERAT a voulu dénoncer le modèle démocratique actuel, dont le fonctionnement est chaotique ?

On comprend le titre à la fin : Louis XVI pense que CA IRA ("vous verrez ca ira, les gens reviendront vers moi"), tout redeviendra comme avant, les français vont se calmer, la situation va s'apaiser. Il l'affirme à plusieurs reprises, sans comprendre la profondeur de la crise. Or, c'est sa fin.

Bravo à tous !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor