Braises et cendres

Braises et cendres
De Blaise Cendrars
Mis en scène par Jacques Nichet
Avec Charlie Nelson
  • Charlie Nelson
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 35,00
À l'affiche du :
16 janvier 2019 au 3 mars 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 19:00
Réservation de tickets

Adapté d’œuvres autobiographiques et de poèmes de Blaise Cendrars, Braise et cendres offre un aperçu de la vie, vécue ou rêvée du célèbre poète en faisant entendre sa voix, son écriture vive, évocatrice et brûlante.

Seul en scène, Charlie Nelson fait résonner la gouaille d’un homme fraternel, sa vivacité et sa puissance d’imagination face aux incertitudes d’un monde violent.

Non pensée pour la scène, la parole vive de Braise et cendres se révèle pourtant profondément théâtrale, dans sa capacité à croiser visible et invisible par la puissance d’incarnation charnelle qu’elle contient et déploie.

 

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17 janv. 2019
9,5/10
18 0
Bon. Comme tout le monde, de Blaise Cendrars, j'avais lu « L'or. »
Et puis après ? Rien de plus.
J'ignorais tout de cet écrivain. A ma grande honte !

Au sortir de cette heure et dix minutes, je n'avais hier soir qu'une seule envie : me précipiter chez un libraire et me procurer les deux volumes de la Pléiade, récemment édités, consacrés aux œuvres complètes de l'écrivain.

Charlie Nelson, mis en scène par Jacques Nichet (qui fut, faut-il le rappeler, le fondateur du théâtre de l'Aquarium, Charlie Nelson va nous faire sacrément voyager !

Un voyage au lointain, mais également un voyage intérieur.

Ce spectacle est un bouleversant périple constitué de récits autobiographiques de Cendrars. Des récits très peu connus.

Une fois le noir tombé sur la salle du Paradis, une allumette craque, éclairant le visage du comédien, la faible clarté modelant ses formes ou accentuant ses traits. Il va allumer une petite chandelle posée sur le sol

Cette entrée en matière est magnifique.

Il est vêtu d'un long manteau rapiécé, dont les pans touchent le sol.

Il commence à dire les mots de Cendrars.
Il ne nous lâchera plus. Impossible de ne pas être constamment suspendu à ses lèvres. Il est totalement captivant !

Devant un cyclo représentant une sorte de matière en fusion incandescente, une lave rougeoyante. (C'est l'oeuvre du grand décorateur Philippe Marioge), le comédien incarne l'écrivain.
Les deux vont nous emmener très loin, dans une chronologie logique, de la prime jeunesse à l'évocation de la vieillesse.

Il sera fœtus, s'allongeant à même le plateau, il sera enfant, puis adolescent demandant à son père de ne pas révéler ses égarements à sa mère. Une famille formidable...

Nous irons à Bâle, nous nous retrouverons en Russie, devant les tours à bulbe, sur la place Rouge.
Nous embarquerons sur le paquebot « Sans-nom », nous nous accouderons au bastingage, à côté de Cendrars.
Nous sentirons presque le goût salé des embruns et des paquets de mer, puis nous subirons le roulis dû aux grosses vagues.

Et nous nous retrouverons à New-York, ville détestée par l'auteur.
Charlie Nelson excelle à transmettre ces descriptions de Big Apple, ces américains hautains et condescendants.

« Strange fruit » de Billie Hollyday s'élève doucement, telle une plainte accompagnant le désespoir...

La mise en scène de Jacques Nichet repose beaucoup sur cet accessoire essentiel qu'est le long manteau du comédien.

Ce sera à la fois un manteau, une robe de bure avec sa cuculle, un grand drap lorsqu'il s'en recouvre, la muleta du toréador, la robe du derviche tourneur...
Et puis, soudain, il le retourne, il est réversible.
Et voici une capote militaire, avec une manche faisant disparaître la main. Cette main que Cendrars perdra dans les tranchées.

Et puis l'amour... « Quand tu aimes, il faut partir... »
Pas d'attaches, rien qui puisse retenir l'auteur-baroudeur.

Ce que nous offre Charlie Nelson est à la fois bouleversant et impressionnant.
De sa voix au léger accent de titi parisien, d'un ton parfois gouailleur, (il nous fera souvent rire), parfois grave, il subjugue les spectateurs.
Moi, j'étais souvent bouche bée, tellement ce qu'il nous dit et comment il nous le dit est passionnant.

C'est un magnifique moment de théâtre, un moment qui force l'admiration.
Merci beaucoup, Messieurs Nelson et Nichet !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor