Bohème notre jeunesse

Bohème notre jeunesse
De Giacomo Puccini
  • Opéra Comique, salle Favart
  • 1 Place Boieldieu
  • 75002 Paris
  • Grands Boulevards (l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 24,00 à 55,00
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Opéra-comique en français d’après Giacomo Puccini. Adaptation de Marc-Olivier Dupin.

Le Quartier latin, ses mansardes étudiantes et ses cafés, les années 1830, une jeunesse à l’aube de l’âge de raison, des artistes en ébullition, leurs amours passagères et leurs amitiés généreuses, leurs jeux et leurs drames : c’est la vie de bohème et l’histoire de Mimi et de Rodolphe.

Le chef-d’oeuvre de Puccini, quoique composé et créé en italien, est presque un ouvrage français par sa source littéraire – le roman de Murger – et par le triomphe qu’il connut à l’Opéra Comique à partir de 1898, dans une traduction de Paul Ferrier restée à l’affiche jusqu’en 1971.

Et la Bohème est le plus bel hommage, chaleureux et poétique, que la Belle Époque ait rendu au Paris romantique.

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15 juil. 2018
7/10
23 0
La metteuse en scène Pauline Bureau et le compositeur Marc-Olivier Dupin se sont emparés du chef-d'oeuvre de Giacomo Puccini crée en italien. D'ailleurs, c'est à l'Opéra Comique qu'il connut un triomphe à 1898 en français, traduit par Paul Ferrier. 80 ténors et 114 sopranos se sont succédés à la salle Favart. Le nombre de représentations s'élèvent à 1 522 représentations dont 13 fois en italien. Cette nouvelle version a été modifiée pour mettre en avant plus la relation de couple et mettre sur un pied d'égalité les femmes et les hommes.

La mise en scène très ingénieuse avec les projections permet de se plonger dans le Paris du 19ème. En plus, on découvre les modifications architecturales de la capitale avec les travaux du baron Haussmann et la construction de la tour Eiffel. Ces éléments se montrent aux yeux du spectateur grâce à une pièce centrale au milieu de la scène qui se modifie sous notre regard. Dans un premier temps cette structure d'apparence en bois est le logement de deux amoureux pour passer à une rue de Paris avec des bars et enfin un bar en travaux. J'ai particulièrement adoré la scène avec la vitre avec néons roses avec Marie-Eve Munger et Jean-Christophe Lanièce qui s'embrassent. L'ambiance qui n'est pas sans rappeler des vitrines à Amsterdam, était électrique.

Une très jolie aventure musicale qui sera plaire aux adeptes et aux néophytes. Laissez-vous bercer par ces magnifiques airs et l'Amour bohème.
13 juil. 2018
8,5/10
33 0
L’Opéra Comique renoue avec la tradition des opéras étrangers traduits en français, bien entendu quel plaisir aussi de les écouter dans leur version originale, mais l’adaptation et la traduction de Pauline Bureau et Marc-Olivier Dupin, sont très fidèles à la version italienne, quelques coupes certes, il faut alléger l’œuvre, en tirer la substance.

Ma foi, je l’avoue, je craignais un peu pour Giacomo ! Mais me voilà conquise par la beauté du timbre de Sandrine Buendia, la musicalité de Kevin Amiel, la sensualité de Marie-Eve Munger, la présence et le coffre de Jean-Christophe Lanièce, la puissance vocale de Nicolas Legoux, bien entendu ne sont pas en reste Ronan Debois, Benjamin Alunni et Anthony Roullier. Quelques petites réserves sur la diction, quel n’est pas le chanteur lyrique (français ou étranger) qui trouve que notre langue est bien difficile à chanter.

Une œuvre qui s’adresse à tout public, à ceux qui craignent de ne pas comprendre, mais pas besoin de faire partie d’une élite pour avoir le cœur et l’âme touchés.
10 juil. 2018
9/10
49 0
On l'appelle toujours Mimi, mais son vrai nom est toujours Lucie. Et que simple est sa vie...
Oui, sauf que...

On aura compris que rien ne change sous le soleil parisien, à part l'excellente idée de départ de cette dernière production de la saison 17-18 de l'Opéra-Comique : présenter une forme allégée de l'opéra de Giacomo Puccini, resserrée sur l'intimité des personnages et leur difficile condition de jeunes artistes dans une capitale en pleine mutation.
Lourde gageure !

Créée en France en 1898 ici-même salle Favart, la Bohème a été jouée jusqu'à hier 1522 fois en Français et 13 fois seulement en Italien.
113 sopranos et 80 ténors s'y sont relayés. Puccini était d'ailleurs un habitué de cette salle.

Alors, une Bohème light ? Une Bohème du pauvre ?
Pas du tout !
C'est une Bohème qui va à l'essentiel.

Le propos fonctionne parfaitement, et tout ceci est très habilement et très intelligemment réalisé.

C'est le compositeur Marc-Olivier Dupin et la metteure en scène Pauline Bureau (on se souvient des « Bijoux de pacotille » au Rond-Point cette saison) qui se sont attelés à la tâche.

Melle Bureau a elle-même adapté le livret, qu'elle a traduit dans une langue actuelle, vive et moderne. Oui, dans cette Bohême-là, on peut regarder sa chérie avec « des yeux de merlan frit ».

Elle n'a pas hésité à enlever des rôles masculins (très majoritaires dans l'oeuvre), et a tenu à ne pas déplacer la temporalité : nous sommes bien dans le Paris haussamnien de la fin du XIXème siècle.

L'orchestre « Les frivolités parisiennes », sous la dynamique et précise baguette d'Alexandra Cravero, va nous restituer de très belle manière le lyrisme très romantique de la partition.
On notera dans la fosse un accordéon chromatique qui donne un ton très « parisien » à l'oeuvre.

Un étonnement attend les spectateurs à leur entrée dans la salle.
Sur le plateau, nous voyons d'immenses panneaux entièrement noirs, très austères et finalement très inquiétants.
Il faudra attendre les somptueuses projections vidéo de Nathalie Cabrol pour comprendre l'utilité du dispositif.
A noter à un moment une petite "cabine" rose avec une vitrine donnant sur la rue et des rideaux de lamelles argentées, qui fait furieusement penser à ce qu'on trouve dans certains quartiers d'Amsterdam.
Les décors d'Emmanuelle Roy se révèlent magnifiques, pour ne garder au final que la fameuse mansarde dans laquelle on aperçoit des glaçons qui pendent aux poutres.

La volonté de Pauline Bureau étant de montrer les conditions sociales de cette jeunesse d'artistes confrontés à une grave crise du logement parisien (Tiens tiens... Déjà...), il fallait de jeunes chanteurs pour incarner les personnages.

Sandrine Buendia est une remarquable Mimi.
C'est un réel bonheur d'écouter sa voix à la fois puissante et douce, lumineuse et sombre.
Le Rodolphe de Kevin Amiel est lui aussi parfait de force et d'émotion.
Ces deux-là, qui plus est remarquables comédiens, insufflent une intense émotion à leurs rôles. Difficile de rester insensible , notamment à la toute fin, lorsque le drame atteint son paroxysme.
Je vous avoue que j'avais alors les larmes aux yeux.

L'autre couple Musette (Marie-Eve Munger) et Marcel (Jean-Christophe Lanièce) est lui aussi totalement crédible.

Tous ces jeunes chanteurs, très à l'aise dans leurs airs respectifs, mais également dans les duos et les quatuors démontrent une nouvelle fois s'il en était besoin, la vitalité et l'excellence du chant lyrique français.
J'ai beaucoup ri grâce au personnage muet de Loulou, cheveux longs plus ou moins sales et grosses lunettes, qui m'a fait penser à Julien Doré...

Je vous conseille donc plus que vivement d'aller voir et écouter tous ces jeunes gens, dans cette entreprise très réussie du point de vue artistique, certes, mais également du point de vue de la volonté de rendre l'opéra accessible à tous.

La production partira en effet en tournée partout en France, la dramaturgie, la scénographie permettant de s'adapter aux théâtre provinciaux ne disposant pas de fosse d'orchestre et de cintres.

Mais qui donc a décrété que la Bohême, ça ne voulait plus rien dire du tout ?
9 juil. 2018
8/10
42 0
C'est la fin de saison mais pas la fin des bons spectacle : la programmation de l'Opéra Comique mérite toujours le détour cet été !

En présentant 'Bohème, notre jeunesse', l'Opéra Comique suit son fil conducteur de faire connaitre l'opéra au plus grand nombre et c'est vraiment réussi avec cette oeuvre tirée du répertoire de Giacomo Puccini qui a été adaptée et raccourcie de moitié par l'excellent Marc-Olivier Dupin et mise en scène par la talentueuse Pauline Bureau (mon choc de l'année dernière pour sa pièce 'mon Coeur'). Attention qui dit raccourci, ne dit pas une version simplifiée mais une version concentrée sur l'essentiel : les personnages et la tempête de leurs sentiments fougueux.

Mais qui dit raccourci, dit aussi une version mobile pour permettre une tournée facilement avec seulement 8 chanteurs, 13 musiciens et des décors mobiles en 2019 entre autre en Normandie et région parisienne toujours dans l'optique d'aller à la rencontre de nouveaux publics. On ne peut que saluer la démarche !

L'histoire : dans le Paris de la Belle Epoque en travaux, de jeunes gens sans le sou mais plein d'espoir veulent vivre de leur art comme Rodolphe poète ou Marcel peintre. De jeunes gens qui profitent de leur jeunesse et qui ont des amoureuses : Mimi et Musette. C'est donc l'histoire de ces quatre là qui va se dérouler sous nos yeux. Le romantisme sera au rendez vous mais la réalité de l'époque aussi.

Par où commencer tellement il y a à dire ?
La mise en scène précise et actuelle de Pauline Bureau avec de nombreux décors vidéo totalement intégré dans l'histoire. C'est dans ce genre de spectacle où la vidéo est au service des comédiens et se confond avec le reste du décor qu'on apprécie toutes les possibilités offertes et pour une artiste comme Pauline Bureau, le rendu est merveilleux.

L'adaptation musicale de Marc-Olivier Dupin est sensationnelle : cette association des instruments de l'époque (dont une voluptueuse harpe qui m'a émerveillée) aux sons si particuliers de l'accordéon et du xylophone et on tient là une recette magique ! Quelle belle trouvaille !
Il propose comme Puccini, une partition riche et colorée, adaptée pour son petit nombre de musiceins.

L'orchestre restreint (à dessein) des Frivolités Parisiennes mené par une Alexandra Cravero dont la direction est exemplaire, est parfait comme d'habitude. J'ai beaucoup aimé la direction musicale précise et tonique.

Les chanteurs sont tous superbes : la palette de nuances pour Sandrine Buendia qui incarne Mimi est extremment riche, kévin Ameil est un ténor charmant en Rodlphe. Ces deux là forment un couple assorti que l"on oppose facilement à l'autre couple Musette , Marie Eve Munger (qui a été mon coup de coeur de la soirée) avec son rôle de femme qui sait ce qu'elle veut et son amant Marcel (Jean-Christophe Lanièce) qui vivent une passion dévorante et explosive.Dans les rôles secondaire, c'est le personnage de Colline (Nicolas Legoux) qui m'a beaucoup touchée par sa belle voix chaude.

Au final, l'émotion m'a submergée et c'est plutot rare alors je le signale car c'est un très bon signe.

Cet opéra d'après Puccini, revu par Marc-Olivier Dupin est une merveille de romantisme.
10/10
23 0
... Une gourmandise audacieuse par son adaptation qui s’avère alléchante et réussie. Un très grand plaisir lyrique à ne pas manquer.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor