Bérénice, Bouquet

Bérénice, Bouquet
  • La Scala
  • 13, boulevard de Strasbourg
  • 75010 Paris
  • Strasbourg Saint-Denis (l.4, l.8, l.9)
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Bérénice, sommet du théâtre classique français, exige des interprètes exceptionnels et un soin tout particulier de la mise en scène.

Rencontre au sommet donc entre une actrice de premier rang, Carole Bouquet, et la metteuse en scène Muriel Mayette-Holtz, directrice du Théâtre national de Nice, pour servir le chef d'œuvre de Jean Racine.

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24 sept. 2022
7/10
3
A l'évocation de "Bérénice" certains en auront des frissons liés à un traumatisme scolaire. Sans oublier ceux qui voudront fuir rien qu'à lire le nom de l'auteur Jean Racine. Pourtant, ils auraient tort de passer à côté de ce texte du 17e siècle.
Pour résumer assez rapidement l'histoire, Titus va accéder au pouvoir suprême. Il a fait sonder les assemblées romaines concernant son mariage avec Bérénice, reine de Palestine. Elles s'y opposent fermement. Titus n'a pas le choix, même s'il aime passionnément Bérénice, il faut la chasser. Il charge son ami, Antiochus, roi de Commagène, de lui faire la commission. Mais l'homme est secrètement amoureux de la belle. Peut-être qu'elle pourrait alors se tourner vers lui? Bérénice est très contrarié de la situation. Elle refuse de rester proche de TItus qui ne veut plus l'épouser et même bilan pour l'autre. Ils iront se faire voir ailleurs si elle y est.

Rien de bien complexe dans cette tragédie. Alors se pose toujours la question quelle mise en scène faire, avec quel décor et quels costumes. Et rarement le choix se pose sur quelque chose se rapprochant des représentations d'époque. On sait que Muriel Mayette-Holtz aime la modernité comme elle l'a montré lorsqu'elle était à la tête de la Comédie Française. On ne s'étonne pas totalement avec cette chambre à la couleur pâle et ces deux grandes fenêtres. Très vite quand la représentation commence on reste stupéfait devant les jeux d'ombre et les variations de teintes. Les impressions de déjà vu se bouleversent comme si nous étions dans une innovation d'une autre époque, des références à des films policiers américains des années 60, les peintures de Turner voir même "Sin City" de Frank Miller ou des photos de Weegee. Cette fausse maîtrise de perfection se voit dans le détail de la moquette irrégulière avec les traces de pliage pour le rangement. Et surtout sur les tenues que portent Carole Bouquet. Pourquoi une telle actrice qui joue une reine porte une robe de secrétaire mal coupée? Et pourquoi doit-elle porter une nuisette en dentelle transparente où l'on voit son soutien gorge et une culotte gainante? Surtout que son pendant homme lui garde ses vêtements avec le détail de la cravate sur la lampe. Un choix esthétique surprenant par son inélégance. 

Par chance, le talent des comédiens est là pour nous emporter de bout en bout. Carole Bouquet arrive avec beaucoup de pudeur et de sensibilité à incarner Bérénice. Une femme honnête et passionnée qui se fait rejeter car elle ne plaît pas au pouvoir. Elle insuffle une force incroyable car elle refuse d'être un vague objet de satisfaction pour ces messieurs. Une icône féministe avant l'heure avec son amour propre et la connaissance de sa valeur. Son rôle est mis en avant grâce à Titus incarné par Frédéric de Goldfiem. Droit, ferme et tendre à la fois, il est celui devant faire face au conflit entre pouvoir et passion. Celui qui sublime vraiment ce classique est Jacky Ido, Antiochus. On ne doute jamais de son exaltation, de son bouillonnement et de sa flamme. Son oeil brille de ce qui lui dévore le coeur jusqu'à en se jeter au sol. Il est rare de voir un amant éconduit aussi convaincant, vibrant et palpitant. Même si leur présence reste discrète Augustin Bouchacourt et Eve Perreur contribuent à ce moment de vie épique.

Une équipe mettant son énergie au service du théâtre.
22 sept. 2022
9/10
3
Racine a écrit Bérénice en 1670, Muriel Mayette-Holtz a choisi de transposer ce drame amoureux à notre époque.

Appartement simple, lumineux, un lit jonché de coussins. C’est le matin.

Antiochus entre, c’est un grand prince d’Orient, Titus a pu compter sur lui pour vaincre la Judée. Et comme Titus, Antiochus aime Bérénice. Il souffre pour elle, il fait tout pour elle, Bérénice le considère comme un ami, rien d’autre.

Bérénice, reine de Palestine a été ramenée à Rome par Titus, ils s’aiment depuis plusieurs années. Elle est amoureuse de l’homme, pas du prince, mais celui-ci vient de succéder à son père, et son devoir exige qu’il choisisse entre son amour et la raison d’Etat.

Voilà donc le sujet de cette tragédie, qui est peu jouée et c’est bien dommage, un beau texte pourtant.

Carole Bouquet apporte sa féminité et sa douceur à cette reine aimée mais rejetée, elle aura le courage d’affronter son destin.
Frédéric de Goldfiem est un Titus profond, malheureux, mais déterminé. Jacky Ido est tout en douleur, Augustin Bouchacourt et Eve Perreur sont les confidents discrets mais importants.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor