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  • Théâtre Gérard Philipe
  • Saint-Denis

Bérénice (Lafon)

Bérénice (Lafon)
De Jean Racine
Mis en scène par Isabelle Lafon
  • Théâtre Gérard Philipe
  • 59, boulevard Jules-Guesde
  • 93200 Saint-Denis
Itinéraire
À l'affiche du :
17 janvier 2019 au 3 février 2019
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Bérénice, tragédie de la maturité racinienne, écrite en 1670, est remarquable par sa simplicité d’action. Bérénice, reine de Palestine, et Titus, empereur de Rome, s’aiment.

Mais l’accession au trône de ce dernier change le cours des événements : Titus revient sur sa promesse de mariage. Incapable d’affronter Bérénice, il demande à son ami Antiochus, roi de Comagène et héros de Rome, de lui annoncer la séparation à venir.

Antiochus nourrit depuis des années un amour fou pour Bérénice. Il se confie à elle, tout en lui annonçant la décision de Titus, s’avouant enfin, malgré lui, le rival de l’empereur. Tragédie de l’opposition entre les langues du cœur et de l’État, Bérénice est une élégie sans mort, un long poème des amours perdues.

À ceux qui reprocheraient à l’oeuvre le manque d’action, on pourrait répondre : aimer, n’est-ce pas agir ? Et décider de ne plus aimer ? Et finalement, arrêter la marche du destin, et décider de ne pas se sacrifier, de ne pas mourir ?

Le véritable engagement politique et poétique de Racine est ailleurs, dans la langue inventée. C’est l’alexandrin qui met la langue dans tous ses états, par cette hospitalité sans merci de la forme, à la fois extrêmement sophistiquée et hypnotique comme une litanie.

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20 janv. 2019
9/10
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Dans une petite salle du théâtre Paris-villette, il y a quelques années, Isabelle Lafon me fit découvrir Anna Akhmatowa, grande poétesse russe 1920-1960.
Je me souviendrai longtemps de l’émotion intense éprouvée ce soir-là.
Isabelle Lafon est incontournable pour moi.
*Les insoumises (Lydia Tchoukovskaïa/Anna Akhmatowa, Virginia Woolf, Monique Wittig).
*Une mouette (Tchekhov raconté par 5 comédiens).

Aujourd’hui Bérénice.
Bérénice Reine de Palestine et Titus futur empereur de Rome éprouvent un amour réciproque mais pour régner, Titus doit abandonner Bérénice. La raison d’Etat est plus forte que l’amour.
N’ayant point le courage d’affronter Bérénice. Titus demande à Antiochus de l’annoncer à Bérénice. Or Antiochus est amoureux de Bérénice.
Bérénice tragédie de l’amour…

Pour Isabelle Lafon, pas besoin de décors et de costumes.
Ce sont les mots, les émotions profondes qui vous cinglent en plein cœur.
On découvre la profondeur du texte, la difficulté de dire ou de ne pas dire le fond de nos pensées, de cacher la vérité par pudeur, par lâcheté ou pour ne pas blesser. Le pouvoir de décider d’aimer ou de ne plus aimer pour se protéger et continuer à vivre.

Sur le plateau, autour d’une simple table siègent 4 comédiens Karyll Elgrichi, Pierre-Félix Gravière, Johanna Korthals Altes, Judith Périllat.
Est-ce une lecture ? Se diront certains.
Dans la pénombre, un peu à l’écart Isabelle Lafon se profile avec majesté. L’émotion est intense.
Nous sommes surpris, impatients et subjugués.
Une voix s’élève, Bérénice prend vie.
C’est avec brio que ces 5 comédiens nous transportent sans artifices, avec sobriété et grande profondeur dans cette magnifique tragédie.
Sur l’immense scène dénudée du TGP où le jeu des lumières et la sobriété intensifient les émotions, les alexandrins de Racine prennent une envolée et une ampleur qui transpercent le cœur.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor