Benjamin Walter

Benjamin Walter
  • Théâtre de la Cité internationale
  • 17, boulevard Jourdan
  • 75014 Paris
Itinéraire
Billets de 18,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment
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En 2011, le jeune Benjamin Walter cesse d'écrire, abandonne tout et s'efface dans la nature...

Frédéric Sonntag a parcouru 7 923 km pour le retrouver. Avec ses comédiens et musiciens, il raconte ici sa longue quête – roadtrip musical et littéraire à travers l'Europe –, livre des extraits des journaux de Walter et tente de comprendre pourquoi cet écrivain a préféré le silence.

Évidemment, Benjamin Walter ne doit pas être sans un certain rapport avec Walter Benjamin, disparu lui aussi sur les routes de l'exil, mais Benjamin revendique aussi sa dette envers une constellation d'artistes européens et crée ainsi un très subtil jeu de miroir entre passé et présent, vérité et fiction.

 

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Deuxième volet de sa Trilogie Fantôme, après « George Kaplan » en 2013, et avant « B. Traven en 2017, Frédéric Sonntag écrit BENJAMIN WALTER en 2015. Cette pièce revêt les habits d’un récit de voyage vécu au présent dont le parti-pris fictionnel se mêle à des données réelles tirées de l’Histoire ou de l’actualité sociale.

Le doute sur ce qui est vrai et ce qui est faux est maintenu délibérément tout le long, nous laissant voyager à notre tour, aux détours des propos et des images, sur la trace de Benjamin Walter, écrivain parti sans laisser d’adresse en 2011 pour vivre une odyssée solitaire aux allures de déambulation par l’errance.

Quand nous nous installons, une troupe de comédiens sur le plateau nous attend déjà comme ils attendront pendant tout le spectacle qu’ils construisent devant nous, les informations envoyées par Frédéric Sonntag, l’auteur, parti sur les traces de Benjamin Walter pour le retrouver, au prétexte d’un documentaire qu’il souhaite réaliser sur lui.

Des mails, des SMS, des envois de manuscrits courts ou élaborés, des photos, des cartes postales, des extraits de livres… Autant de données transmises en temps réel aux comédiens pour qu’ils élaborent, imaginent, répètent, discutent. Ils tendent tous vers une création artistique, se disputant leurs compréhensions des éléments signifiants parmi les informations reçues. Ils se perdent dans le doute, se retrouvent dans leurs désirs de transcender l’incertitude par l’imaginaire. Ils le vivent devant nous, prenant tour à tour les rôles de Walter, de Sonntag ou de personnes rencontrées dans le récit.

La mise en abyme de la création d’une pièce en même temps que se déroule le voyage se révèle une expérience théâtrale adroitement réussie. Elle nous fait partager une épopée où l’errance est confiée au hasard.

Que de questions posées au fil de la pièce qui distribue sans innocence une kyrielle de doutes et de possibles réflexions sur l’identité, la reconnaissance et la valeur de soi.

Qu’en est-il du vrai, du vécu, du dit, de l’écrit ? Construire sa vie, est-ce imaginer s’engager dans un labyrinthe et se perdre sans laisser de traces, au désir secret d’une renaissance possible ? Peut-on renaitre de son oubli ? Quel parcours emprunter pour une quête initiatique de soi ?

La contemplation de cette errance nous interroge également sur la perte volontaire de contrôle. Le contrôle de soi, de son rapport au réel, du sens de la réalité et de ses traces. Les mots seront les seules traces reconnues de l’existence possible de Benjamin Walter. Tirés de livres, de tags ou de manuscrits, ils subliment la pensée écrite et la hisse au rang de preuves tangibles de la réalité.

La mise en scène de Frédéric Sonntag donne tout le temps nécessaire à son texte pour faire son œuvre de trouble et d’envoutement du public. Nous sommes baignés dans l’irrationnel et pourtant touchés par des éléments plausibles qui nous déroutent. Savoureux et adroit maillage des jeux avec la musique aux accents d’une balade façon Léonard Cohen et la vidéo qui renseigne sur les lieux de l’errance. Maillage qui crée une ambiance où l’onirisme se confronte à la réalité comme ces rares moments où pris par le texte qu’il lit, un lecteur ne sait plus, un court instant, où il se trouve.

Une échappée quasi surréaliste dans l’imaginaire d’un écrivain qui ne dédicace pas. Une expérience théâtrale riche et laborieuse qui, trois heures durant, nous envoute et nous emporte dans un univers proche du merveilleux, truffé de fulgurances réflexives. Un spectacle impressionnant.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor