Au plus noir de la nuit

Au plus noir de la nuit
  • Théâtre de la Tempête
  • Route du Champ-de-Manœuvre
  • 75012 Paris
  • Château de vincennes (l.1)
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André Brink prend conscience, dans les années soixante, de l’ignominie du régime de l’apartheid : « Je découvrais avec horreur ce que les « miens » faisaient depuis toujours, sur quelles atrocités et perversions notre fière civilisation blanche avait construit son édifice de moralité et de lumière chrétienne. » 

Au plus noir de la nuit relate l’histoire tragique d’un jeune Noir et d’une femme blanche. Publiée en 1974, l’oeuvre est censurée et son auteur menacé. Lui s’appelle Joseph Malan : il est noir, né en plein apartheid ; son ascendance a connu un destin à la fois pathétique et fascinant, et s’il grandit à la ferme, c’est au théâtre plus tard qu’il découvre la liberté… jusqu’à devenir comédien et remporter à Londres un certain succès.

De retour au pays natal, il rencontre Jessica, une Blanche avec qui, malgré les interdits, il vit une passion amoureuse.

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4 oct. 2018
9/10
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Afrique du Sud. 1948-1991 – L'Apartheid.
Le racisme, la discrimination, la ségrégation. L'inhumanité incarnée.
Toute relation entre les deux races est réduite au minimum, voire supprimée.
La couleur de peau détermine la place dans les transports, la nature du travail, le lieu d'habitation...

Joseph Malan, le Black, a pour compagne Jessica Thomson, la White.
L'interdit suprême.
Toute relation sexuelle entre deux personnes de couleur différente est purement et simplement illégale. Pour les Afrikaners, il faut à tout prix préserver la race blanche et donc pure...

Entre les deux personnages, les choses vont mal tourner.
Dans sa cellule, Joseph, au plus noir de la nuit, va se raconter et va raconter l'Afrique du Sud de cette époque pas si éloignée que ça...

Flash-Back...
Dès l'âge de huit ans, il commencera à percevoir les premières discriminations.
Et puis, il y aura sa carrière théâtrale, qu'il va embrasser. Elle le mènera pendant neuf ans à Londres, jusqu'au moment où il décidera de rentrer au pays natal, convaincu de faire bouger les choses par le biais de son art.

Pour lui, le théâtre deviendra un objet de lutte, un vecteur de combat à l'encontre de l'ignominieux régime politique en place.

André Brink qui a bien connu cette funeste époque, a donc écrit son roman-manifeste Looking on Darkness, qu'a décidé d'adapter et de monter Nelson-Rafaël Madel.

Le metteur en scène a fait de cette adaptation un spectacle très charnel, très sensuel. Très physique.
Ici les corps auront autant d'importance que la parole exprimée.
Le mouvement, la danse, les chorégraphies seront sur un pied d'égalité avec le texte.

Six excellents comédiens vont nous conter et nous montrer cette histoire-là.
Avec une folle énergie, avec une incroyable rage de jouer !
Tous nous prennent dans leurs rêts pour ne plus nous lâcher. Impossible de décrocher. Ce qui se joue sur le plateau est passionnant !

Sans autres décors que deux barres verticales et un portant horizontal au ras du sol en fond de scène supportant nombre de projecteurs, ils vont par la force de leur jeu recréer quantité de lieux.

Mexianu Medenou est Joseph.
Le comédien est formidable de justesse et de crédibilité. Donnant et se dépensant sans compter, il nous fait parfaitement croire à son personnage persuadé que le théâtre sauvera le pays.
Il est souvent bouleversant, conférant à son personnage une incroyable humanité dans ce milieu inhumain.
Il nous propose une magnifique composition. J'ai découvert un sacré comédien !

Les cinq autres acteurs interprètent chacun plusieurs personnages.
J'ai eu un faible pour Karine Pédurand qui déchaîne bien souvent les rires du public, notamment dans son rôle de Sophie la maman de Joseph. Quelle vis comica, quelle énergie !

Gilles Nicolas, en impayable metteur en scène « plus folle tu meurs », nous fait lui aussi beaucoup rire.

Cette pièce pose donc de vraies questions sociétales et politiques, des interrogations qui touchent au libre-arbitre aux prises avec la fatalité, avec en plus l'immense mérite de nous remettre en mémoire un temps encore très proche de nous.

Un spectacle qui nous fait nous positionner : comment chacun d'entre nous aurait-il réagi face à cette ségrégation raciste ?

Les lycéens présents hier soir faisaient leurs ces interrogations au sortir de la salle, avec force arguments.
Voici effectivement un spectacle qui devrait être montré à bien des jeunes gens.

Sans compter qu'il s'agit également d'une magnifique et touchante ode au théâtre !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor