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Alice et autres merveilles

Alice et autres merveilles
De Lewis Carroll
  • Espace Cardin
  • 1, avenue Gabriel
  • 75008 Paris
Itinéraire
Billets de 5,00 à 26,00
À l'affiche du :
18 décembre 2018 au 27 décembre 2018
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 14:30
    • 15:00
    • 19:30
Réservation de tickets

Un spectacle magique et enchanteur ! Dring, Dring debout il est l'heure...


Un lapin blanc très pressé surgit tic tac tic tac et entraine une petite fille Alice dans une aventure rocambolesque.
Au quatrième top, ils seront guidés par leur imaginaire, et nous emporterons à la rencontre de personnages loufoques et drôles, de tours de magie en chansons, de rires en farandoles au pays des merveilles.

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La critique de Pierre Galouise (rédac' AuBalcon) : 9/10. Quelques jours après Noël, les enfants qui peuplent la moitié de la salle sont encore sous l’emprise des effluves de sapin. Mais attention, on est au Théâtre de la Ville tout de même, bien que survoltés les bambins se contiennent docilement sur leurs sièges de velours.

On se plonge dans le noir quand soudain la lumière fût. Alice campée par l’incroyable Suzanne Aubert jaillit au milieu des rangs, espiègle. En suivant le lapin à travers le rideau rouge en guise de terrier, elle nous embarque de l’autre côté du miroir. Du côté de la fiction où l’imagination et le “nonsense”n’ont de frontières que les murs du théâtre et où la mise en scène parvient à s’affranchir du réel.

Dans cette adaptation, Fabrice Melquiot revisite le conte de Lewis Carroll en y intégrant d’autres figures incontournables de l’enfance. Alice croise ainsi le petit chaperon rouge qui s’est lié d’amitié avec le grand méchant loup, mais aussi Poupée Barbie et Pinocchio qui lui, veut devenir acteur (pourtant Alice souligne que pour être acteur “il faut être fait de viande” et non de bois !). 

Dans sa mise en scène, Emmanuel Demarcy-Mota s’approprie ces symboles, il en offre une relecture fine et drôle qui ne prend jamais les jeunes spectateurs de haut. Pour une fois, on offre aux enfants un spectacle qui ne les sous-estime pas.
Un bassin d’une vingtaine de centimètres de profondeur délimite la scène. Les projections numériques s’y reflètent dans une ondulation qui participe naturellement au paysage onirique du spectacle. Chaque personnage y flotte, dans un nénuphar géant ou sur une bicyclette. Alice patauge et finit le plus souvent la tête sous l’eau à travers cet autre miroir du dessous. Quant à ses allers et retours morphologiques à coup de champignon,  ils sont représentés par un ingénieux jeu de lumière qui comme tout le reste nous happe dans cette mécanique de l’étonnement.

L’ambition de ce premier épisode du triptyque (dont la suite sera prochainement à l’affiche du Théâtre de la Ville) est justement de se laisser aller à un laboratoire de créativité et d’envisager tous les possibles en la matière scénographique. C’est peut-être pourquoi la fin apparaît légèrement indigeste notamment par la présence un peu confuse des enfants dans le tableau final. Censés incarner les hérissons pour la partie de criquet de la reine, ils stagnent comme des potiches en fond de scène… A part ces petits excès de zèle, le résultat est évidement merveilleux et nous laisse ébahis, qu’on soit enfant, ado, adulte, vieillard ou chien de compagnie, la magie s’empare de nos pupilles.

Note rapide
8,6/10
pour 5 notes et 3 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
20%
2 critiques
Note de 8 à 10
80%
Toutes les critiques
17 déc. 2017
7,5/10
4 0
Pour ceux qui, comme moi, ne connaissait Alice qu’à travers les films de Tim Burton, une tentative de résumé s’impose. Tentative vaine par avance, tant ce roman a quelque chose d’indescriptible. Peut-être ai-je un esprit trop français ? Après tout, les histoires qu’on me racontait, enfant, étaient tellement plus rationnelles ! Bref, Carroll compte l’histoire d’une petite fille qui tombe dans un terrier de lapin et atterrit dans un monde étrange gouverné par une reine qui veut voir tout le monde avec la tête coupée, où chaque met qu’elle mange la fait changer de taille, et où les animaux ont des conversations douteuses (oui, voilà ma description du Pays des Merveilles).

Ici, on retrouve intégralement les diverses aventures d’Alice dans ce Monde, auxquelles Fabrice Melquiot a rajouté des personnages : en effet, au cours de ses aventures, Alice va également rencontrer Le Petit Chaperon Rouge, Le Grand Méchant Loup ou encore Pinocchio. L’ajout me laisse un peu perplexe car je trouve les univers totalement décorrélés. Et je ne comprends pas vraiment l’utilité de ces personnages dans l’histoire : le monde de Carroll, si on parvient à y entrer, se tient très bien de lui-même. Bref, petite incompréhension de ma part sur ce point-là.

Mais à part ça, j’ai retrouvé l’imaginaire que j’avais découvert le matin-même, qui prenait littéralement vie sur la scène de l’Espace Cardin. Alice ouvre le spectacle en apparaissant au milieu du public, et c’est une belle image que de la voir au milieu de tous ces enfants, dont on suppose que les imaginaires fourmillent d’inventions et de personnages aussi fous que ceux de Carroll. Les lumières sont impressionnantes et créent de véritables atmosphères fantastiques, la scénographie est inventive et permet de reproduire efficacement toutes les bizarreries qui arrivent à Alice. Ce spectacle est une explosion de couleurs et de musique, et même si je suis restée imperméable à ce monde, c’est une belle réussite sensitive.

Cependant, je ne suis pas sûre que ce spectacle est directement destiné aux enfants. Je pense en tout cas que moi, enfant, j’aurais pu avoir peur de ce qui se passait sur scène. Les animaux qui entourent Alice n’ont rien d’enchanteur, et sont au contraire plutôt laids. Le Chat du Cheshire, si convivial chez Disney, si mignon chez Tim Burton, est ici plutôt inquiétant et a des airs d’Homme qui rit. Pour la petite fille assise à côté de moi, la plupart des personnages, d’ailleurs, étaient « les méchants », ce qui ne semble pas être l’intention de Carroll. Par ailleurs, certains passages chantés reprennent des chansons anglaises, ce qui peut laisser certains enfants de côté. Un beau spectacle, donc, mais, si son fond est accessible à tous, il reste plutôt réservé aux adultes dans sa forme.

Pour les amateurs de Carroll, je pense que ce spectacle pourrait être enivrant !
2 janv. 2016
9/10
89 0
Alice surgit du public comme un songe plus vrai que nature. Après nous avoir présenté son illustre et réelle aïeule Alice Liddell, la petite fille qui inspira Lewis Carroll et dont la photo est projetée sur le mur en fond de scène, la malicieuse Alice nous entraîne sur l’immense terrain de jeu préféré des enfants : l’imaginaire.

Elle qui voudrait faire des rêves son métier « parce que derrière tes yeux, quand tu rêves, c’est toute une vie qui passe. Et c’est souvent une vie mieux que la vie, parce que c’est impossible », elle partage sa vision de l’existence et ses souhaits : « J’aimerais une vie qui soit une merveille à elle toute seule. Tant qu’à faire : j’aimerais être une merveille ». Alors pendant près d’une heure et quart, elle nous fera revenir à ce passage délicat entre l’enfance et l’adolescence, en route vers le monde inconnu des adultes mais avec une réelle volonté d’évoluer dans « un monde où rien n’a de sens que le rêve » à un moment où il est si difficile de grandir. « Si le monde n’a aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ? » nous interroge Alice avec sincérité. Et ce n’est certainement pas Fabrice Melquiot et Emmanuel Demarcy-Mota qui s’y opposeront.

Mêlant tradition et modernité, Fabrice Melquiot revisite le texte de 1865 en conservant ce qui en fait une œuvre classique, tout en injectant une formidable intemporalité. Alice (espiègle Suzanne Aubert, d’une spontanéité et d’une présence rafraîchissante) est une petite fille actuelle, issue d’un mythe désacralisé puisque selon elle, pleine d’insouciance, « un mythe c’est un trou dans un vêtement ». Elle voit le monde à sa hauteur, avec sa conscience enfantine et une innocence enviable. Alors, elle va tenter d’appréhender le monde qui s’offre à elle, peuplé de créatures issues de son histoire, de différents contes ou de l’univers de l’enfance : le Lapin Blanc, démultiplié et déambulant à toute vitesse dans les étages du théâtre pour une illusion totale, le Chat de Cheshire qui n’a rien de très rassurant, mais aussi le Grand Méchant Loup (fabuleux Jauris Casanova) avec qui elle dansera, séduite par son aspect et tout droit sorti de l’univers de Tim Burton (qui s’intéressa lui aussi au personnage d’Alice) dont les griffes surdimensionnées font référence à Johnny Depp dans Edward aux mains d’argent, garçon peu ordinaire qui ne connaît que l’innocence, le Petit Chaperon Rouge (étonnante Sarah Karbasnikoff), jalouse de la notoriété d’Alice et qui doit faire des courses pour sa grand-mère qui ouvre et lit son courrier, Barbie (sublime Valérie Dashwood) qui avec ses 43 de QI craint qu’Alice ne vienne lui faire concurrence sur le marché du jouet, Pinocchio (touchant Olivier Le Borgne) qui rêve de se rendre à Bergerac pour séduire Roxane et se glisser dans la peau de Cyrano même si pour être acteur « il faut être fait de viande et non de bois »... En plongeant avec elle dans le terrier du lapin (dont la chute est un impressionnant moment d’un réalisme flagrant avec Alice suspendue dans les airs et faisant des cabrioles au bout d’un élastique), c’est tout un imaginaire collectif qui nous apparait avec un plaisir non dissimulé. Nous poussons les portes du monde de l’enfance où le pouvoir de l’imagination règne en maître et serons les témoins privilégiés d’un tea-time en compagnie d’un chapelier fou et d’une partie de croquet organisée par la Reine de Cœur (charismatique Sandra Faure) avec des flamants roses comme maillets et des hérissons vivants comme boules.

Ici, Alice ne traversera pas le miroir mais la Mare aux Larmes qui reflète parfaitement le fantastique et l’imaginaire du conte ainsi que son passage onirique, à la frontière du réel. Loin d’être comme un poisson dans l’eau, Alice fera de nombreux allers-retours vers la rive ou plongera la tête la première vers un ailleurs merveilleux. La scénographie, signée Yves Collet, est véritablement impressionnante et magique. Elle sert parfaitement le texte, notamment les variations sur les différentes échelles, hauteurs, profondeurs et perspectives lorsqu’Alice grandit ou rapetisse en fonction de ce qu’elle mange ou boit. Elle est renforcée par les somptueux masques d’Anne Leray, les costumes de Fanny Brouste (dont la mémorable robe verte à paillettes de Barbie) et les jeux d’ombres et de lumière. Emmanuel Demarcy-Mota y injecte une touche musicale avec Hey teacher des Pink Floyds ou encore Mad World des Tears for Fears et l’alchimie fonctionne à merveille avec une seconde partie plus psychédélique mais qui fait renaître la magie du conte initial.

Véritable ode au pouvoir de l’imagination, la création de la troupe du Théâtre de la Ville, Alice et autres merveilles, est une version contemporaine et fantaisiste qui donne envie de retomber en enfance. Bien que le spectacle s’adresse à un jeune public, il ne prend pas les bambins pour des personnes naïves et élève l’œuvre de Lewis Carroll en mettant en scène l’univers de l’expression de tous les possibles qui fera rêver petits et grands à l’occasion des fêtes de fin d’année 2015 et dont nous attendons avec impatience les deux autres volets du triptyque.
29 déc. 2015
9/10
135 0
Une très belle adaptation moderne d'Alice au pays des merveilles. La mise en scène est ingénieuse : les comédiens sont sur un plan d'eau qui reflète toutes les lumières du spectacle. Lorsque Alice tombe dans le terrier du lapin blanc, la chute est impressionnante, réaliste.

Alice croise de nombreux personnages : de Pinnochio au petit Chaperon rouge, ajoutés à cette version amusante du conte de Lewis Carroll.

Les comédiens sont fabuleux, et le texte de Lewis Carroll est bel et bien respecté dans cette adaptation. Une pièce qui n'est pas seulement pour les enfants, car elle plaira vraiment aux adultes également !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor