Alba

Alba
  • International Visual Theatre IVT
  • 7 cité Chaptal
  • 75009 Paris
  • Blanche (l.2)
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En 1936, dans l’Andalousie profonde, à la mort du père, la mère enferme ses filles pendant huit ans, le temps du deuil.

Interprétation résolument contemporaine pour ce voyage poétique et cruel, dans une Espagne pré-franquiste où les jeunes filles étouffent leur envie de vivre sous le poids des conventions.

La mise en scène développe par le geste ce que le texte, de par sa réalité sociale et son réalisme familial, donne à comprendre sans presque jamais l’exprimer. Faire taire le mot et laisser libre cours aux corps pour mettre à nu le non-dit et l’inavouable dans une bonne société. Ce qui ne sera pas dit sera bougé, mouvementé, frémi, caressé.

 

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Adapté de la pièce « La Maison de Bernarda Alba » de Federico Garcia Lorca, ALBA est un bijou de théâtre visuel où le corps est parole et la tragédie devient poésie.

Bernarda Alba décrète, selon la coutume religieuse andalouse, un deuil de 8 ans suite à la mort de son mari. Leurs filles et la servante doivent s’y soumettre. Mais l’amour vient contrarier le dictat et bouscule aussi bien le mariage de la fille ainée, prévu par la mère. La mort fauche à nouveau et met fin à l’histoire.

Comme un tableau vivant en mouvement permanent, les scènes s’enchainent et se fondent dans une ambiance tendue ou relâchée à la cadence des péripéties de l’histoire, de ses moments de joie et souvent de tristesse, conduisant inexorablement au malheur.

Mime corporel et danse dramatique sont les deux flambeaux qui illuminent cette adaptation tonique et crue, sensuelle et voluptueuse, qui reprend tous les thèmes de la pièce et les fait vivre par les corps en mouvement, soyeusement drapés de noir ou de blanc.

Les artistes racontent sans parler, accompagné-e-s parfois par quelques disques anciens crachotant des musiques coutumières espagnoles et par un chant d'une brillante flamenca. Souvent, tout se noue et se dénoue en silences trahis par le froissement des déplacements et des percussions corporelles. Elles et il jouent les émotions en les vivant de leurs gestes avec une intensité farouche et une précision fine et élégante, qui savent devenir cruelles et passionnées.

La mise en scène d’Yves Marc et d’Estelle Bordaçarre privilégie la pureté et la force des sensations de chacun des personnages. Les comédien-ne-s, en corps et en chœur, jouent avec une puissance troublante leurs chants d’amour et de désespoir. Les scènes d’ensemble comme celles à personnage unique sont toutes impressionnantes.

Du bel art nous est offert par Mélanie Devoldère (magnifique servante) et Yves Marc (remarquable Bernarda Alba) et par Silvia Cimino, Elsa Marquet-Lienhart, Véronique Muscianisi et Elsa Taranis (époustouflantes de vérité en filles impétueuses, complices et rebelles).

L’émotion parle mieux que des mots par ces corps dont on ne sait jamais s’ils dansent ou s’ils miment, s’ils flottent ou s’ils glissent. La puissance artistique passe la rampe, nous sommes profondément touchés par ce drame familial traditionnel si bien conté.

Un superbe spectacle.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor