2 mètres 74

2 mètres 74
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Un héritage inattendu et encombrant qui change la vie.
Rebondissements, humour et tendresse sont au rendez-vous.
2 Mètres 74 est une vraie comédie teintée aussi de romantisme.

Note rapide
7,3/10
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33%
2 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
12 août 2018
8/10
2 0
2 Mètres 74 est une vraie comédie, et c'est agréable d'assister à un spectacle drôle et si bien écrit. Je ne suis pas sûre que ce soit légion.

Vladimir (Frédéric Jacquot) et Pierre (Nicolas Georges) se connaissent depuis vingt-cinq ans. Ils sont devenus des amis et entretiennent chacun des passions diamétralement opposées. Le premier ne vit que pour les courses hippiques, le second vibre pour la musique.

La vie est apparemment mal faite puisque c'est Vladimir qui hérite d'une célèbre pianiste récemment disparue, un objet inattendu, d'exactement 2,74 mètres, matérialisé sur le sol par un contour de chatterton, un peu à la manière d'une scène de crime.

On reconnait la silhouette d’un Steinway de concert, le pur-sang de la musique, très beau mais encombrant. Quand il apprend sa valeur, autour de 100 000 € il le regardera d’un autre œil parce que le vendre pourrait lui permettre de concrétiser son rêve, à savoir déposer ses couleurs. Même si une telle somme ne suffit pas pour acquérir un cheval entier. Il se contentera volontiers d'une part car un cheval de courses se vend en parts de société à plusieurs propriétaires actionnaires.

Pierre est directeur d’agence bancaire. Il est prêt à débourser la somme pour réaliser son propre objectif et quitter un métier qui ne le satisfait pas du tout.

La pièce ferait long feu si la vie était aussi simple. Les deux potes ne se sont jamais livrés à des confidences et le public apprend que l'un comme l'autre ignorait avoir eu un challenger dans le coeur de Jeanne Donati ... que Vladimir consent avoir à peine connue. Le ton monte vite entre eux.

Personne n'est au bout de ses surprises car arrive Alma (comme l'épouse de Gustav Mahler), la fille unique de la disparue. C'est une jeune fille plutôt désorientée mais aucunement triste, qui s’étonne que chacun ait connu sa mère et dont on ne comprend pas que sa mère l'ait déshéritée. Résultat des courses : deux vrais cons.

Une autre partie va se jouer ensuite qui redistribuera les cartes. Impossible d'en dire davantage mais vous pouvez aisément deviner qu'entre rêve et filiation il va falloir faire un choix. Si on peut jouer du piano à quatre mains, on pourra peut-être conjuguer la paternité de la même manière ...

J'ai beaucoup aimé cette pièce en raison du jeu des acteurs, toujours juste, sans verser dans ce qui aurait pu être un mélo. L'écriture de Martine Paillot est finement documentée. Elle connait autant le monde hippique que la scène musicale. Elle a donné au cheval le nom de Peintre célèbre qui a vraiment gagné le prix de l’Arc de triomphe. Des extraits du Concerto numéro 14 de Mozart ponctuent chaque nouvelle scène. L'humour est constant, sans jamais verser dans la facilité. On va de surprise en rebondissement.

2 Mètres 74 a été un succès au festival d'Avignon trois ans de suite et a déjà beaucoup tourné. Mais c'est la première fois que le public parisien peut la découvrir parce que le studio Hébertot a eu la bonne idée de lui ouvrir ses portes.

L'auteure a déjà deux romans à son actif, notamment Le manoir (co-écrit avec Dominique Marny, publié en 1983 chez Olivier Orban), quelques chansons, et de la poésie. Elle a repris le piano il y a dix ans mais s’ennuyait et a décidé alors de s’inscrire à un cours de théâtre près de son domicile. C’est ainsi qu’elle a découvert Frédéric Jacquot. 2 Mètres 74 est sa première pièce. On espère que ce ne sera pas la dernière.
17 mai 2018
6,5/10
28 0
Peut on vivre sa passion à 1 000% et ne pas négliger ou blesser ses proches ?

C’est quelque part la question posée par 2m74 au travers d’un splendide piano de concert qui est légué à Vladimir, amour de jeunesse de la célèbre pianiste Jeanne Donati au détriment d’un legs à sa propre fille Alma ou à un autre proche…

Jeanne était une concertiste de talent qui vivait pour sa musique mais Alma a souffert toute sa vie de son manque d’attention à son égard. Vladimir est un turfiste acharné, un brin égoïste (je l’aurai bien vu remplacer qui vous savez pour la pub ‘le tiercé ? c’est mon dada !’) qui ne vit que pour jouer l’argent qu’il n’a pas toujours en poche. Pierre, l’ami de Vladimir est un grand sensible amoureux de la belle musique et un peu mystérieux.

Alma, Pierre et Vladimir vont se trouver réunis par ce piano. Des regrets et des secrets vont voir le jour dans une ambiance qui démarre sur un ton léger.

Nicolas George est un Pierre tout en retenue et sensibilité que l’on devine blessé. Leïla Tabaï incarne Alma avec une force impressionnante. Frédéric Jacquot, qui signe aussi une jolie mise en scène de proximité, excelle dans ce rôle grandiloquent.

Au final, il y a l’histoire attachante qui se déroule sous nos yeux et il y a ce qu’on retiendra sur la passion : à gérer avec tact si on veut une vie satisfaisante à tout niveau.
... En conclusion : Une histoire prenante et bien jouée. Un spectacle sympathique pour un moment de théâtre plaisant.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor