Il y a 13 heures
7/10
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Une pièce musicale sympathique.

Comment ne pas être fasciné par l'histoire de notre Tour Eiffel ? Ce monstre de 300 mètres planté au milieu de la capitale, qui avant de devenir le symbole grandiose du pays a été tant de fois décrié. Ce spectacle raconte la folle aventure de cette tour et de ses concepteurs, avec douceur et légèreté.

J'ai aimé le ton du spectacle, le piano en "live", l'histoire, l'ambiance Belle Époque.
J'ai moins aimé le manque de musicalité des chansons, la mise en scène minimaliste, les dialogues parfois un peu futiles.

À voir comme du théâtre musical plutôt qu'une réelle comédie musicale. En même temps les tarifs raisonnables sont très éloignés de ceux des grosses productions type "Mogador". On en a donc pour son argent et on passe un bon moment.
Il y a 15 heures
7/10
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Petite pièce jouée par des comédiens qui ne semblent pas tous être des professionnels (?).
On y passe un bon moment même si les acteurs n'ont pas tous le même niveau.

La salle et le lieu du théâtre restent confidentiels. L'histoire, qui est un classique, est reproduite assez fidèlement.

Je recommande pour le moment de détente.
15 juin 2019
8,5/10
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Bertolt Brecht nous conte la vie de Galilée grand savant Italien du 17ème siècle. Ecrite en 1938, Brecht la retravailla jusqu’en 1954.

Astronome, physicien, Galilée grâce à l’invention danoise de la lunette apporte les preuves de l'héliocentrisme dont Nicolas Copernic fut le précurseur.
Mais si la terre n’est plus le centre du monde où est donc la place de l’église ?
Galilée va lutter contre ignorance et le dédain des religieux, il souhaite transmettre son savoir mais malgré quelques soutiens dont le pape Urbain VIII, l’inquisition le condamne et le réduit au silence…
Galilée par peur de la souffrance physique, révoque sa théorie mais tout ceci n’est qu’une ruse et plus tard il confiera en secret tous ses écrits à Andrea son fidèle élève.

« La vérité est fille du temps, pas de l'Autorité.»

Sur le plateau, des reproductions géantes d’œuvres religieuses de Caravage, Raphael, Fra Angelico, nous émerveillent et nous conduisent à Venise, Florence, au Vatican… Où nous accompagnons avec passion Galilée dans sa lutte pour la vérité et la science contre la méconnaissance et la suffisance du pouvoir.
Nous sommes subjugués, lorsque Galilée observe l’univers à l’aide de sa lunette, un jet de lumière bleuté éclaire le magnifique plafond du théâtre. C’est fabuleux, le public lève la tête, nous observons le ciel avec Galilée…
Les costumes de Christian Lacroix se fondent dans ce splendide décor, nous voyageons dans l’Italie du 17ème.
N’oublions pas la surprenante chorégraphie des cardinaux vêtus de jupes gonflantes rouges, tournant comme des toupies ou comme des planètes…
C’est d’une grande esthétique.

Hervé Pierre incarne avec brio un Galilée enthousiaste, dynamique réjouissant et un peu cabotin.
Jean Chevalier (que j’avais déjà remarqué dans Fanny et Alexandre) interprète avec justesse et grand talent Andrea Sarti.
Guillaume Gallienne nous réjouit dans le rôle Urbain VIII.
Thierry Hancisse joue avec belle prestance ce cardinal inquisiteur.
Merci à tous ces comédiens, qui nous transportent, nous font rêver et nous questionnent.
C’est un grand moment de théâtre.

j'essaierai d'avoir une place à la rentrée.

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Lundi 17 juin 2019
15 juin 2019
10/10
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Et pourtant, elle tourne !

Elle tourne très très rond, cette version par Eric Ruf de la célèbre pièce de Brecht, écrite en 1938 et retravaillée jusqu'en 1954.
Elle tourne même à l'excellence !

Oui, durant presque deux heures et trente minutes, ce qui nous est proposé est une grande et magistrale leçon de théâtre !

Le patron du Français transporte le public de la salle Richelieu au sein d'une grande fresque historique, à la fois austère et flamboyante, dans laquelle il met en valeur à un point rarement atteint la troupe ainsi que tous les corps de métiers de la grande maison.

Je doute, donc je sais ? Je sais parce que je doute ? Je ne doute plus donc maintenant je sais enfin ?
La distance entre le refus de tous les dogmes et l'acceptation de la non-certitude scientifique, c'est à dire la question récurrente de la place du doute, voici quelle est le propos principal de Brecht.

Cet affrontement entre religion et science est le propos pour l'auteur d'affirmer non seulement sa dénonciation des totalitarismes nazis puis staliniens, mais également dans les dernières réécritures, à la toute fin de sa vie, le moyen de dire sa crainte de la toute puissance de la science livrée à elle-même, et notamment cette science qui a permis l'élaboration de la bombe nucléaire.

Bien entendu, pour le metteur en scène de 2019, la problématique résonne également furieusement.
Aujourd'hui, tout est fait pour que nous puissions engranger le maximum de connaissances, et pourtant, qui sait comment fonctionne véritablement Internet ou son portable, vecteurs de ce savoir soit-disant universel et pourtant générateur de tant de « fake-news » ?
On l'aura compris, la pièce de Brecht n'a jamais peut-être été plus actuelle.

Je n'aurai garde de passer sous silence les autres thèmes sous jacents de la pièce, à savoir la capacité de l'intime ordinaire de peser sur l'Humanité dans son entièreté au point de la chambouler physiquement et philosophiquement, ou encore la difficulté pour un homme d'accepter ou non son propre reniement.

Sans oublier le fait de rendre à Copernic ce qui lui appartient, à savoir l'hypothèse de l'héliocentrisme, démontrée par Galilée notamment au moyen de « sa » lunette. (Je n'en dis pas plus sur le « sa »...)

La mise en scène du patron est dénuée de toute esbrouffe inutile, de toute facilité ou autres artifices tellement vus ici et là, tellement galvaudés ou inappropriés.

Ici, un classicisme de très bon aloi règne en permanence.
Non pas le classique pour le classique, mais le classique pour mieux faire ressortir de flamboyants parti-pris esthétiques, scénographiques et dramaturgiques.

Les somptueuses et gigantesques toiles peintes servant de décors, et représentant des détails de toiles du Seicento, les sublimes (l'épithète est bien faible) costumes de Christian Lacroix réalisés par les petites mains de la Comédie-Françaises, (Ah ! Cet habit papal !...), les lumières délicates et subtiles de Bertrand Couderc, la création sonore et la musique originale de Vincent Leterme, tout concourt donc à une véritable démonstration d'excellence dans les savoir-faire.

Et puis, bien évidemment, l'excellence va une nouvelle fois concerner la troupe !

Sur le plateau, pas moins de vingt-trois Sociétaires, Pensionnaires ou Elèves-comédiens vont incarner pratiquement une quarantaine de personnages.
Je n'en finirais pas une nouvelle fois de narrer par le menu les hauts faits de chacun.
Ici, il n'y a plus aucun petit rôle.

Hervé Pierre, dans la peau de Galilée, force à nouveau le respect.
Son interprétation est phénoménale.
En jeune professeur d'université jusqu'à ce vieillard enchanté de recevoir des oies pour déjeuner, il va déployer son incroyable palette et son merveilleux talent.
Tous les élèves des Conservatoires nationaux et des autres écoles de théâtre devraient venir voir ce comédien jouer. Là aussi, nous assistons à une magistrale leçon.

Un autre qui m'a enchanté c'est le jeune Pensionnaire Jean Chevalier, dont j'avais déjà écrit tant de bien pour son rôle d'Alexandre dans cette même salle, voici quelques mois.
Ici, il est le disciple du maître. L'élève qui va exprimer son indignation devant le renoncement de son mentor, et qui finira par comprendre.
Jean Chevalier est décidément à nouveau excellent dans ce rôle aux multiples facettes. Il nous tirera des sourires et beaucoup d'émotion, notamment à la fin de la pièce.

Guillaume Galienne en cardinal mathématicien Barberini devenant pape, Florence Viala déchirante en servante et même sans doute un peu plus de Galilée, Elise Lhommeau dans le rôle délicat à appréhender de la fille du savant, Véronique Vella formidable en Côme de Médicis âgé d'une dizaine d'années (si si...), Jérémy Lopez en "Petit moine" bouleversé par l'exactitude des calculs galiléens, Gérard David pontifiant à qui mieux mieux en philosophe pathétique, tous sont on ne peut plus exemplaires.

De très nombreux et très longs applaudissements nourris viennent saluer cette vraie réussite de fin de saison.
Il faut absolument aller voir cette pièce, dont c'est la deuxième mise en scène dans la maison de Molière.
Ne passez surtout pas à côté de ce spectacle grandiose !
14 juin 2019
8,5/10
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« Homme encadré sur fond blanc » de et avec Pierric Tenthorey au théâtre Tristan Bernard est une pause poétique dans un monde clos.

Imaginez-vous enfermé dans une pièce à la blancheur immaculée, aux portes closes, et où repose un cube capricieux, il y a de quoi avoir des angoisses. A cent lieux de l’affiche du spectacle apaisante qui appelle à la méditation.

Pierric, pour les intimes, va en faire la rude expérience, il n’aura qu’un seul but : s’échapper de ce qui rapidement peut devenir un enfer, et l’enfer ce n’est pas les autres…
Un enfer qui est tout de même constitué de deux portes avec des poignées récalcitrantes, des portes qui semblent vouloir rester définitivement closes.

Il va falloir toute l’incroyable agilité de Pierric pour tenter, par moult expériences, de s’évader.
Seulement il y a un petit problème, quand il semble avoir touché au but, c’est le trou noir, et sa tentative recommence de zéro à chaque fois jusqu’à l’épuisement.
Pour les cinéphiles cela n’est pas sans rappeler le film « Un jour sans fin » ou plus récemment pour les théâtreux « Hier est un autre jour ! » avec Daniel Russo et Gérard Loussine.
Une situation qui peut faire rêver mais qui est en réalité très angoissante.

On a beau être champion du monde de la magie, avoir une dextérité sans failles, rien n’y fait quand vous êtes piégé, vous êtes piégé !

Au lever du rideau, ce spectacle accompagné de musiques psychédéliques de Jérôme Giller, nous avons l’impression d’admirer un tableau de Pierre Magritte, récemment exposé au Centre Pompidou.
Immobile dans son costume noir avec la tête rentrée dans les épaules, il donne l’illusion d’une toile que l’on scrute pour savoir s’il est vivant.
Un contraste en noir et blanc où de temps en temps des touches, via divers accessoires, de couleurs viendront donner un peu d’éclat à cette histoire, sans parler des éclairages de Nicolas Mayoraz d’une précision déroutante, au rendu éclatant.

Outre un sifflement parfaitement maîtrisé, dans l’économie des mots, seuls deux d’entre eux viendront rompre cette barrière qu’il s’est imposée, il nous fait voyager par la gestuelle dans son univers, un univers poétique, mêlant le jonglage, la magie, la danse, l’humour.
Cet humour que l’on peut qualifier de visuel est tout à fait étonnant. D’un premier abord on pourrait se dire que l’on va s’ennuyer, qu’au bout de quelques minutes on en aura vite fait le tour, eh bien détrompez-vous, c’est tout le contraire. On ne voit pas le temps passer et quand son enfermement explose c’est avec un énorme soulagement que l’on voit Pierric retrouver le monde sonore auquel nous sommes tous familiers.

Un humour pour certains qui rappellera celui de Jacques Tati ou bien encore celui de Buster Keaton. Pour ma part, j’ajouterai celui de Benny Hill avec son œil rieur, ses grimaces et ses sourires ravageurs : un spectacle en forme de dessin animé.
Pierric Tenthorey ne cherche pas à nous épater, ses tours sont distillés avec un naturel déconcertant, dans une finesse épurée, comme si cela ne pouvait être autrement. Le résultat est bougrement efficace et surprenant.

Le chapeau, son chapeau, sera le clou du spectacle, que je vous conseille d’aller applaudir : Chapeau l’Artiste !