Il y a 1 heure
9/10
1 0
Mais quelle pièce !
Décors sublimes, acteurs parfaits, on passe du rire aux larmes à toute vitesse. Certains plans mettent franchement mal à l'aise, mais pas une seule fois je n'ai décroché de cette pièce de 3 heures.

A voir absolument !
Il y a 16 heures
6,5/10
3 0
C’était un plaisir de retrouver Tchékhov et les thématiques russes.
Ces deux courtes pièces parlent de dettes, de propriété, de demandes en mariage, d’honneur, de deuil... Tout cela dans un univers paysan typique. Un régal.

D'autant que le décor et les costumes nous mettent bien dans l’ambiance.

Nous avons en revanche eu du mal avec le parti pris de direction des acteurs. Ils crient, exagèrent beaucoup. Certes, cela déclenchait de nombreux rires, mais de notre côté, nous aurions aimé un jeu plus subtil, plus mesuré.

Néanmoins, le texte est beau, les dialogues assez drôles !
Il y a 1 heure
5/10
2 0
Les spectateurs déambulent dans les décors d'une maison close du début du siècle et au milieu des comédiens.

On est invité au mariage de Blanche dont la fin est laissée au choix des témoins du mariage. En d'autres terme aux spectateurs VIP qui bénéficient d'un accueil privilégié et peuvent boire quelques coupes de Champagne.

Le spectacle qui dure 1 heure est original car on est au cœur de l'intrigue. Les comédiens sont attentionnés et font participer les spectateurs aussi souvent que possible.

Pour ma part, j'ai trouvé cela sympathique mais j'ai été un peu déçue. Je m'attendais compte tenu de la bande annonce à plus d'intrigue, de dialogue et de rythme.

J'attends avec impatience d'autres avis sur ce spectacle.
Il y a 5 heures
10/10
2 0
Une phénoménale leçon de théâtre !
Un pur enchantement !

En montant ces deux pièces de jeunesse du grand Anton, écrites à l'âge de 28 ans, Jean-Louis Benoît plonge le Poche-Montparnasse dans un complet bonheur et une totale frénésie !
Ce qui se passe sur le plateau nous ravit, nous passionne, nous fait rire aux éclats, nous émeut également, nous bluffe par l'énergie déployée et nous fait également réfléchir.

Jean-Louis Benoît connaît bien son Tchékhov.
Il sait que l'auteur considérait ces deux pièces comme des « plaisanteries », même si l'on peut penser qu'un peu de fausse modestie caractérisait ce terme.

Nous allons énormément rire, à suivre les aventures des protagonistes de ces deux farces.
Le sociologue qu'est Tchékhov, avec son regard acéré sur ses concitoyens va s'en donner à cœur joie.
Car bien entendu, nous sommes au-delà de la pure farce, certes drôlissime,. Nous assistons à une féroce et néanmoins très réaliste peinture de la société russe du moment.

Il sera question d'une demande en mariage ô combien étonnante, entre deux caractères bien trempés. Puis nous sera contée l'histoire d'un petit propriétaire terrien, un véritable ours, venu demander le remboursement d'un prêt à une créancière voisine.

Jean-louis Benoît s'est attaché à nous disséquer de façon on ne peut plus subtile les thèmes chers au futur auteur d'Oncle Vania et de la Cerisaie.

La première réussite de cette entreprise dramaturgique, c'est d'avoir mis en avant la terre, le monde de la paysannerie. Ce sont des gens attachés à leur terre qui sont mis en scène. La propriété foncière va générer bien des péripéties et des situations de pure comédie. Je vous conseille d'être très attentifs à la bande son.

La deuxième réussite du metteur en scène, c'est d'avoir mis l'accent sur l'image ambivalente que pouvait avoir Tchékhov des femmes. Ici, Emeline Bayart va camper deux femmes qui finalement seront les personnages principaux de la soirée.

Des femmes qui veulent certes assumer leur féminité, mais pas seulement. Dans la deuxième pièce l'héroïne, veuve éplorée et inconsolable, veut également se comporter en homme. Son personnage sera d'ailleurs presque plus homme que les deux autres.

Et puis bien entendu, un autre grand mérite de Jean-Louis Benoît est d'avoir réuni un époustouflant casting.
Les trois comédiens, Emeline Bayart, Jean-Paul Farré et Manuel Le Lièvre vont déployer une énergie, une vis comica, un rythme, une puissance furieuse presque grotesque, une violence et à la fois une subtilité dans leur jeu qui forcent le respect.

Ce qui se joue sur le plateau, pendant cette heure vingt, est véritablement passionnant.
Ces trois-à nous proposent un véritable cours de comédie.

Ils nous embarquent dans un tourbillon, un maelström. Une sorte de folie complètement maîtrisée monte progressivement dans chacune des pièces.
Chacun parvient à faire évoluer subtilement son personnage, en partant d'un état initial relativement calme, pour arriver à des situations et des échanges paroxystiques au possible.

Jean-Louis Benoît a su placer le curseur à son exacte place. Les cris, les vociférations, les scènes de disputes sont à la fois réalistes et exagérées. Une vraie folie et en même temps de vraies situations très réalistes.

Une nouvelle fois Emeline Bayart est absolument hilarante. Ses expressions, sa gestuelle, sa façon d'écarquiller les yeux, ses ruptures, ses envolées lyriques, ses cris, ses rugissements déclenchent des fou-rires nourris.
Quelle puissance comique ! Quelle nature !

Jean-Paul Farré est à son habitude magnifique de drôlerie, de folie. Son interprétation de cet « ours » est un grand moment de jeu. Il fait passer son personnage du plus extrême et intraitable des misogynes au plus transi des amoureux avec une incroyable finesse et une progression tout en subtilité.

Quant à Manuel Le Lièvre lui aussi fait fonctionner nos zygomatiques à plein régime. Il faut le voir, un pulvérisateur de Fly-Tox à la main menacer ses partenaires, ou aux prises avec un rouleau de papier tue-mouche.

Je ne voudrais pas passer sous silence le magnifique décor de Jean Haas, qui participe à a vision tchékhovienne d'une société russe en déliquescence.

Oui, ce merveilleux spectacle est d'ores et déjà un incontournable de cette fin de saison.

Vous l'aurez compris, il faut vous ruer au Poche-Montparnasse !
Et moi de me répéter : c'est une magistrale leçon de théâtre qui vous y attend !
Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas...

Je vais d'ailleurs y retourner !

1
Mercredi 17 avril 2019
Il y a 17 heures
8,5/10
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« Le Désir attrapé par la queue » de Pablo Picasso, mis en scène par Thierry Harcourt dans le cadre de l’exposition « Picasso et la guerre » dans la très belle salle Turenne de l’Hôtel National des Invalides, est une histoire surréaliste, sur fond de l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, écrite en janvier 1941.

Cette photo est le point de départ du travail effectué par Thierry Harcourt pour sa mise en scène de cette pièce qui raconte une histoire comme il aime les mettre en scène. Une histoire sur fond de guerre, d’occupation de l’ennemi.
Une photo qui rassemble les « amis intellectuels » et les artistes qui entouraient le peintre, et qui ont participé à la lecture de la pièce en juin 1944.
Mais cette histoire a une écriture particulière, déstabilisante, qui nous met dans un état d’éveil permanent : celle de l’écriture automatique.
Pablo Picasso qui était aussi prolixe en écriture (une autre pièce « Les quatre petites filles » fait le pendant à celle-là) qu’en peintures, bien que ses peintures aient pris le dessus sur ses écritures, a concocté une pièce en six actes ayant pour thèmes, la faim, le froid et l’amour. Ces thèmes faisant écho aux privations que les français pouvaient ressentir pendant la guerre ; une pièce de théâtre comme un acte de résistance.

Un texte qui fait tout de suite penser à l’écriture de Raymond Queneau. Mais celle de Picasso était précise et chaque mot avait sa valeur, sa pensée précise et ses répétitions dans le texte voulues et contrôlées ; tout comme les didascalies dont Thierry Harcourt s’est servi pour les mettre en scène.
D’ailleurs afin de mieux appréhender, de mieux recevoir cette pièce, Thierry Harcourt a par la voix de Pablo Picasso ajouté quelques répliques de présentation des personnages et de l’action que nous allons suivre.

Le texte est un mélange de surréalisme et de poésie, à l’avant-goût du théâtre de l’absurde, qui met en scène « Gros pied » qui est amoureux de « La Tarte » sans compter « Oignon » qui a les mêmes vues que lui sur « La Tarte ». Mais « La Tarte » aime « Angoisse grasse » et « Angoisse maigre »… alors…
D’autres personnages aux noms farfelus sont aussi de la partie comme le Bout Rond, les Rideaux, la Cousine ou encore le Silence…

Des scènes remplies d’humour et de dérision à la vision d’une farce ubuesque qui permettent de lutter contre les sévices subis et imposés par l’occupation allemande : sa façon d’exorciser les démons allemands.

Un texte sans queue ni tête, sans ponctuation, très difficile à apprendre, mais que les comédiens ont restitué, joué à la perfection.
Le travail en amont fait autour de la table avec Thierry Harcourt y est pour beaucoup et le résultat est saisissant.
Le rythme très soutenu du jeu, sur une scène ouverte aux quatre côtés, donne encore plus de fantaisie et une vision subtile du texte ; dans la partie chantée, une chaleur se dégage tout particulièrement avec la voix puissante de Laurent Arcaro.

Pour jouer cette farce, il fallait des comédiens de talent et Thierry Harcourt s’est entouré d’une troupe remarquable avec Delphine Depardieu dans le rôle de Simone de Beauvoir, Axel Blind dans le rôle de Raymond Queneau, Laurent Arcaro dans le rôle d’Albert Camus, Stéphane Peyran dans le rôle de Jean-Paul Sartre et Robin Betchen dans le rôle de Pablo Picasso.
Leurs costumes donnaient une touche, une atmosphère, bien réaliste de cette époque funeste.