12 août 2019
5,5/10
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Assez mitigé sur cette exposition.

J'y suis allé en période de très forte affluence ce qui évidemment ne met pas dans les meilleures conditions pour apprécier et prendre le temps de comprendre et réfléchir.

Je n'ai ainsi pas pu lire les textes, écrits petits et parfois difficiles d'accès. Les pièces étaient jolies mais un peu étroites. On suit le flux et on a du mal à s'arrêter et prendre le temps de regarder.
Les oeuvres sont assez différentes, il y a des vêtements, des maquettes, du mobilier et des bijoux. C'est très intéressant pour ressentir une époque.
Bizarrement, ce que j'ai le plus apprécié, ce sont les intermèdes musicaux le long de l'expo. Des banquettes (très prisées) étaient présentes où était diffusées des musiques de l'époque. Cela permettait de développer l'imaginaire. Et cerise sur la gâteau, un pianiste nous a joué quelques morceaux en fin d'exposition.

Une exposition à faire que dans les heures creuses.

Expo très riche, très dense, j'en avais un peu ma claque. Heureusement j'ai une carte qui me permet d'y retourner.

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Jeudi 15 août 2019
8 août 2019
8/10
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Le spectacle ‘En mode projet’ m’a interpellé car le titre me rappelle mon intitulé de poste et c’est donc le nouveau spectacle de Philippe Fertray qui s’est fait connaitre avec son spectacle précédent : ’Pas d’souci.’

Je n’aime pas vraiment les one man show mais celui-ci a pour thème l’absurdité de notre monde du travail et Pôle Emploi se fait sévèrement étrillé au travers des aventures d’une série de personnages au parcours un peu déjanté mais pas si éloigné de la réalité. Ce spectacle est particulièrement bien écrit, truffés de bons mots (presque trop, j’ai eu la sensation d’en rater quelques-uns ou de sourire à retardement) et de concepts abscons en novlangue. L’humour est grinçant mais jamais gratuit, il y a toujours un sens. Voilà un one man show corrosif totalement sous contrôle !

L’histoire : Alfred, est tombé de sa chaise de bureau pour atterrir chez Pol Empoil assez rudement mais le coach le prend en main et faire participer à un stage où il faut se mettre en mode projet afin de retrouver un emploi.

Le regard de Philippe Fertray se pose avec une acuité mordante sur l’urgence de la situation du monde du travail ! Quand il incarne le coach de Pol Empoil qui baragouine en novlangue, il est fantastique ! La taille de la salle donne l’impression de faire partie du stage de motivation, j’ai bien cru que Philippe Fertray allait nous interpeller pour que nous présentions notre projet.

On retrouve à la mise en scène Marc Pistolesi (c’était lui aussi pour le chouette spectacle ‘Ivo Livi ou le destin d’Yves Montand’).

Je n’ai pas hurlé de rire tout du long du spectacle mais j’ai vraiment apprécié ce texte intelligent et ciselé qui mériterait d’être lu à tête reposée pour profiter de toutes les perles dont il regorge.
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7 août 2019
9/10
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Vous avez toujours rêvé d’écrire un polar, mais vous ne savez pas comment vous y prendre ?
Vous pensez l’exercice trop technique, trop complexe, trop chronophage … enfin trop quoi, alors que vous, vous estimez que vous n’êtes pas assez … enfin pas assez quoi. Surtout, pas de panique, la compagnie « Le retour de Nabot Léon » est là pour vous aider.

En un peu moins d’une heure trente, grâce à « Polar », vous disposerez de toutes les ficelles pour écrire un best-seller (et qui plus est facilement transposable au cinéma … oui, car le succès littéraire induit souvent une transposition cinématographique). Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le polar ! Du choix de la victime à celui de la vie (plus ou moins trépidante) de votre héros ; de la description des lieux à celle (sans concession) des personnages ; sans oublier le « cliffhanger » et bien évidemment l’inévitable « comment réaliser un dénouement efficace et vendeur ».

Inspiré de la bande dessinée d’Henrik Lange « Comment écrire un polar suédois sans se fatiguer », Polar remporte aisément la palme de l’originalité théâtrale. Qui a dit que le théâtre n’était qu’une succession de Vaudeville ? Voilà donc une bonne bouffée d’oxygène que je vous conseille de saisir.

D’ailleurs, prenez autant d’oxygène que possible avant le début de la pièce, car vous allez en avoir besoin tellement vous allez rire. Si le thème pourrait, à première vue, se rapprocher d’un titre d’émission littéraire de deuxième partie de soirée à la télévision sur une chaîne hautement culturelle, les premières minutes du spectacle ne laissent aucun doute au spectateur : c’est une comédie ! Et une comédie particulièrement bien réussie.

Une réussite due déjà à une mise en scène soignée, signée Marc Riso. La pièce regorge de trouvailles toutes plus hilarantes les unes que les autres. Je n’en citerai aucune pour laisser la surprise, mais en faisant fonctionner vos petite cellules grises et en associant le mot « Suède » à ce que vous connaissez de ce pays, vous devriez en trouver une ou deux aisément. Puisque j’en suis à la mise en scène, j’y reste encore un instant. Le rythme est soutenu, le spectateur ne risque pas l’ennui. Ça entre, ça sort, ça joue sur scène, ça joue dans la salle … Bref un feu d’artifice théâtral. Mention spéciale à la bluffante chorégraphie des bagarres.

Sur scène, maintenant. Cinq comédiens se partagent les planches. Rien à redire, ils sont tous excellents, brillants dans leurs interprétations. Quelle énergie ! Spectateur, reste attentif, car il se pourrait qu’au milieu de ce scénario très nordique, tu reconnaisses d’autres célébrités policières provenant d’outre-Manche, d’outre-Atlantique ou du plat pays. Chapeau bas Madame et Messieurs, voilà un travail magnifiquement exécuté.

Alors bien sûr – je ne saurais terminer ce texte sans l’évoquer -, il se pourrait que la Providence (ou quelques amis bien intentionnés …) vous amène, à l’invitation d’un des comédiens, à devoir incarner, un instant fugace, le rôle d’un écrivain célèbre sur scène. Surtout, si cela vous arrive, n’ayez crainte, la troupe est particulièrement bienveillante avec ce comédien d’un moment. Je parle en connaissance de cause !

Alors si vous voulez tout connaître du polar suédois (mais surtout rire), savoir comment devenir le prochain romancier à succès (mais surtout rire), acquérir toutes les subtilités de la dépression nordique (mais surtout rire !), une seule adresse : le théâtre Funambule Montmartre et une seule pièce : POLAR !
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6 août 2019
7/10
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Cyrano d’après Edmond Rostand au Théâtre Funambule Montmartre avec le Théâtre Les Pieds Nus, jusqu'au 27 octobre du mercredi au samedi à 19h ou 21h et le dimanche à 18h ou 17h30 selon les semaines. Avec @théâtre les pied

-26 ans : 11€ sur le site du théâtre et 10€ par téléphone au 01 42 23 88 83

Primo spectateurs ou amateurs de Cyrano de Bergerac, allez-y sans crainte. Voir trois actrices interpréter successivement tous les personnages de la pièce cela fait son effet. Tout comme les masques, l'éclairage à la bougie, et l'éternelle énergie du personnage qui vous emporteront et sauront sans aucun doute vous émouvoir. Le rythme et la magie des vers de Rostand sont toujours aussi efficaces.

Connaisseurs, habitués ou passionnés de Cyrano, vous pourriez être frustrés. Un texte de 3h réduit à 1h40 de spectacle, cela créer nécessairement quelques frustrations. Chez les puristes le « sang se coagule en pensant qu'on y peut changer une virgule ». Les masques éclairés à la bougie sont du plus bel effet mais ils contraignent parfois les actrices à hausser la voix à outrance, si bien qu’avec ou sans le masque elles « [gueulent] […] le vers qu’il faut laisser s’envoler ! ». Ici Cyrano a beau en imposer, il lui manque cette tristesse tendre et mélancolique qui donne à ce héros tout son pouvoir et toute sa force.
6 août 2019
6,5/10
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Belle pièce, émouvante mais pas très réaliste ;)

En bref, M. Haffman, un juif qui a une bijouterie, est contraint de céder sa bijouterie à son employé, car les juifs ne peuvent pas gérer de commerce en 1940. Il vit dans une cave. En échange de l'hébergement, l'employé lui demande d'avoir des relations sexuelles avec sa femme, car l'employé est stérile. Finalement, l'employé se met à vendre + en + de bijoux aux allemands à tel point qu'il sympatise, et invite / Otto et sa femme à diner. La femme de l'employé, qui tombe alors enceinte de M. Haffman, annonce pour protéger M. Haffman qui s'est invité à dîner, que son mari est stérile, et qu'elle porte un enfant de M. Haffman.

Ce qui m'a plu :
- j'aime bien la manière dont on devine que M. Otto connaît l'existence de M. Haffman, ca arrive petit à petit et on comprend qu'il sait tout
- je ne m'attendais pas à cette fin-là ; je pensais que l'employé livrerait M. Haffman, or il se repend à la fin et protège son ancien patron
- je trouve que le thème de la stérilité est traité avec pudeur, et de manière délicate.

Ce que j'ai moins aimé :
- toutes les réserves, le côté poli, patiné du spectacle. J'avais l'impression que les personnages étaient tous faux, et qu'ils sortaient d'un joli roman. Ils manquaient tous un peu de caractère. C'est très polissé comme pièce, et dans le jeu des comédiens.

Bon spectacle en tous les cas ;)