7 juil. 2021
9,5/10
1
C’est un habitué du lieu qui revient cette année au festival Django Reinhardt.

Christian Sands.
Ce jeune pianiste de 32 ans originaire du Connecticut, l’un des plus enthousiasmants de la scène jazz américaine, était venu nous impressionner grandement voici deux ans, aux côtés du contrebassiste Christian McBride.

C’est en leader d’un épatant trio qu’il vient interpréter quelques titres de son dernier album en date, Be Water, lui aussi paru comme les deux premiers chez le label Mark Avenue.
Un trio « traditionnel », piano, basse, batterie.

Le trio, cette forme instrumentale qui est au jazz ce que le quatuor est à la musique de chambre.

A ses côtés, deux talentueux sidemen, le batteur Clarence Penn, et le contrebassiste Yasushi Nakamura.

Christian Sands, nous allons nous en rendre compte très très vite, se situe au carrefour de la tradition et de la contemporanéité jazzystiques.

Il commence bille en tête avec un premier titre survitaminé, presque hard-bop, avec un nombre impressionnant de notes à la minute.
Comme pour poser les choses, établir les bases de ce qui va suivre.

Une technique hallucinante ! Le clavier du Steinway & Sons doit être tout chaud !

La pulsation est sauvage, puissante, brute. Le rythme est furieusement endiablé.

De rage, Christian Sands jette à terre le masque avec lequel il avait commencé à jouer.
Comme un symbole !

Ce qui suivra démontrera les deux qualités essentielles à mes yeux de Mister Sands : un lyrisme époustouflant dans ses thèmes et improvisations, et un groove phénoménal.
On comprend évidemment pourquoi Christian McBride l’a casté pour jouer avec lui.

Avec le titre Crash, le discours musical de Christian Sands atteint son climax.
Le « chabada est bien là », pour reprendre l’une des expressions favorites de cette légende du jazz qu’est « notre » pianiste René Urtreger.

Crash, au swing lent, où s’exprime toute la sensibilité du jeune musicien.
Un musicien très expressif, et qui montre physiquement ce qu’il ressent.
Oui, un jazz très physique, très organique.

Les trois musiciens groovent grave ! En façade, tout le monde bouge.
Le titre devient envoûtant.
Les trois artistes s’amusent énormément, plaisantant même à distance.

Ensuite, voici que Yasushi Nakamura entame un furieux et très musclé solo, utilisant notamment sa contrebasse comme un instrument à la fois mélodique et percussif.
Avec des glissandi sauvages, M. Nakamura « maltraite » la touche du manche de son instrument, étonnant et ravissant le public.

Ce solo annonce une suite très funky.
Christian Sands articule alors très subtilement son discours autour de quelques accords pour nous plonger dans des limbes harmoniques envoûtantes.


Quant à Clarence Penn, lui aussi démontre tout son savoir faire.

Ce batteur délivre un rythme puissant, au fond du temps, avec beaucoup d’inflexions et de syncopes qui surprennent les spectateurs, voire les font sursauter.
Penn, c’est un véritable métronome, qui n’hésite pas à taper sur les cerclages de ses toms, ou encore sur les pieds de ses cymbales, afin de varier les sonorités.

Vient le dernier titre. Déjà.

C’est maintenant que va s’exprimer tout le lyrisme de Christian Sands, dont je parlais un peu plus haut.

Un climat de tranquillité, de sérénité s’installe, avec encore et toujours un groove lent sur une grille mélodique de quatre subtils chords.
Une boucle lancinante, délicate, toute en nuances toutes douces.

Une délicate harmonie règne alors.

Le jeune pianiste entame alors un stupéfiant « choral », digne de Jean-Sébastien Bach, d’une beauté harmonique sidérante.
J’aurai l’occasion de lui en parler après, derrière la scène, et cette référence musicale le ravira, en témoignera le check qu’il me proposera.

Au final, une ovation viendra saluer la prestation des trois guys.
Le public ne s’y trompe pas, qui leurs réserve des applaudissements rythmés.

Nous venons de vivre un autre moment passionnant de cette édition 2021 de ce festival !
6 juil. 2021
8,5/10
3
Vous qui prenez le RER tous les jours pour vous rendre au boulot, imaginez la chose suivante, vous emportez votre mallette on ne peut plus banale, et par mégarde sans faire attention vous l’échangez contre une mallette tout à fait semblable à la vôtre mais qui elle, est bourrée de billets de banque, alors que vous vous baladiez avec votre sandwich jambon-tomate… Voilà ! Que feriez-vous à la place d’Yvon ?

Ce sympathique comptable, découvre une somme considérable, il en a le souffle coupé lorsqu’il arrive chez lui, mais il se reprend vite et décide de partir très loin, avec sa femme, alors que celle-ci ne veut pas bouger, et qu’elle a préparé le gigot, c’est l’anniversaire d’Yvon et leurs amis vont arriver bientôt.

Alors la cascade d’ennuis, de mensonges, de quiproquos commence ! Il faut suivre, il a de l’imagination Yvon et il faut surtout se débarrasser d’un policier ripou, des amis qui ne suivent pas facilement l’histoire, du chauffeur de taxi pot-de-colle, d’un commissaire pas vraiment bon enfant et surtout du tueur qui veut récupérer l’argent de la drogue…

Une histoire menée tambour battant par Laurent Ournac, Arnaud Gidoin, Thierry Heckendorn, Yannik Mazzilli, Gaëlle Gauthier, Zoé Bruneau, Sébastien Pierre, Serge Da Silva, et qui ne peuvent contrôler le fou-rire, ça fait du bien et on en a besoin en ce moment.
5 juil. 2021
7/10
2
Une pièce consensuelle, à aller voir en famille !

En bref : Michalik s'intéresse aux illusions, et remonte l'histoire de Décembre, un orphelin à Georges Méliès, l'inventeur de cinéma puis à Robert Houdin, l'inventeur de la magie.

Ce qui m'a beaucoup plu c'est les liens que Michalik tissent entre tous les personnages. Il associe Décembre, à Georges M, puis à Robert H, avec des connexions de lieu, de livre qui tombent entre plusieurs mains, de famille, ca me fait l'effet d'une grande chasse aux trésors.

Aussi : le thème de la pièce est génial. Les illusions. Je trouve que les gens qui jouent avec le réel sont très forts. Le cinéma est bien sur une belle illusion.

Cette pièce est idéale pour y aller avec des personnes d'âges différents : mise en scène très didactique (partie filmée, partie jouée, flash-back) elle plait à tous les âges. Super mise en scène, et supers décors.

Bon spectacle.
4 juil. 2021
9/10
2
Cette pièce c’est précisément ce dont on a besoin aujourd’hui : du théâtre qui fait du bien ! En ce moment quand on me demande un conseil théâtre c’est toujours avec une petite précision : « attention, hein, pas un truc prise de tête ! » Ça tombe bien, c’est exactement ce qu’on a trouvé niché dans le si sympathique et historique théâtre de la Huchette. La pièce commence par un numéro étonnant et intrigant : mais où est-ce que je suis tombée ? Qui m’a conseillé ce plan bizarre ? Et puis tout prend son sens, on est emporté par leur aventure, on s’attache à ces trois personnages et l’on finit par redouter le dénouement…

Exit c’est une alternance de chansons et de scènes jouées qui s’enchainent parfaitement, une mise en scène simple et efficace et une histoire bien sympa. On y trouve un petit côté Jacques Demy comme on l’aime, mais aussi des chansons complétement délirantes très second degré pour éviter de se prendre au sérieux.
Les trois comédiens/chanteurs tiennent leur partition à la perfection : jolies voix et jeu sincère. Un plaisir !
C’est à la fois drôle, gai, émouvant et complètement déjanté.
Une comédie pétillante et « feel good » parfaite en ces temps bien moroses
A voir de toute urgence !!
3 juil. 2021
9/10
5
Une fois de plus, un bon moment passé avec une pièce de Michalik.

De l’émotion, un peu d’humour, une scénique et des acteurs à la hauteur.

A voir…