Critiques pour l'événement Vies de Papier
14 janv. 2018
8,5/10
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L’album photo est le Macguffin du spectacle, un objet pas si anecdotique que cela, qui sera le point de départ d’une enquête menée par Tommy Laszlo et Benoit Faivre (avec l’aide de Pauline Jardel à la caméra) de Berlin à Bruxelles en passant par Ratisbonne.

Car comme l’ont souligné les artistes lors du bord plateau après le spectacle, ils auraient très bien pu se contenter d’aller au bureau des archives de Bruxelles pour trouver qui était la mystérieuse Christa. Or, comme souvent, c’est moins le résultat que le moyen d’y parvenir qui est le plus intéressant. C’est aussi l’aventure humaine qui prime, suivre l’album, retrouver des lieux, vivre quelque chose d’unique avec des partenaires, rencontrer les gens et voir ce que ça fait à l’intérieur.

Les deux artistes ont décidé de nous montrer leur passionnante enquête à travers un film documentaire, mais également un montage collage fait en direct (plans, dessins, photos, notes…), mais aussi leur témoignage. Certes il y a le passé (tout débute en Allemagne dans les années 30…), mais il y a surtout le présent, parce qu’on ne travaille pas sur le papier sans raison, parce qu’on ne part pas à la recherche de quelqu’un qu’on ne connait ni d’Eve ni d’Adam, sans qu’il y ait autre chose, en eux. Et cette autre chose va évoquer par ricochet quelque chose en nous, comme pour eux, des souvenirs, des non dits. Pour aller dans les clichés, comme on nous dit en cours d’histoire, c’est en comprenant le passé qu’on comprend notre présent.

Là où j’aurais pu trouver cela redondant (j’avais énormément apprécié ce qu’avait fait Isabelle Monnin dans « Les gens dans l’enveloppe » (livre/disque/bientôt film), à partir du même point de départ (l’achat d’un album photo ayant appartenu à des personnes inconnues), je fus captivé et touché par la sincérité et l’inventivité de Benoit Faivre et Tommy Laszlo.