Critiques pour l'événement Tu te souviendras de moi
17 janv. 2019
7/10
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J’ai beaucoup aimé cette pièce et le jeu de Patrick Chesnais. Belle complicité entre lui et sa « baby sitter » jouée par Fanny Valette qui nous procure une belle émotion à la fin.
Par contre j’ai été gênée par le jeu de sa fille Émilie Chesnais qui surjoue beaucoup trop ça a gâché à mon sens la pièce.
C’est vraiment dommage.
Alors ?
Edouard (Patrick Chesnais), universitaire à La Sorbonne, perd la tête. Il se souvient des dates et radote des histoires (un comble pour un professeur d'Histoire). Il a des problèmes de mémoire sans que l'on sache précisément ce dont il souffre. De vieillesse ? d'Alzheimer ? On l'ignore.

Nous savons uniquement qu'Edouard est conscient de sa maladie et que celle-ci s'est manifestée il y a suffisamment longtemps pour que sa femme (Nathalie Roussel) ait "juste envie qu'il meure, qu'il crève !". Difficile de vivre avec un homme qui oublie ce qu'il a fait de sa journée. L'instant présent lui échappe complètement. Il n'est pas en phase avec l'époque actuelle, avide de sensations, de flash, de buzz, de temps qui va très vite. Le bon vieux papi qui méprise "la démocratisation de la connerie". Il en regretterait presque les années Mitterrand.

Ce pan de la pièce est un peu grotesque et simpliste (sans compter sur les répétitions inexorables à la maladie). Humain, cruel et répétitif, la pièce traite un sujet tragique. Patrick Chesnais incarne un homme cynique qui, malgré son amour propre, se laisse garder par des "nounous" (sa fille, interprétée par... sa propre fille, Emilie Chesnais, et son compagnon, joué par Frédéric de Goldfiem). Entre légèreté et gravité, le message délivré est salutaire : il est toujours possible de s'en sortir, même dans la difficulté.

Edouard est souffrant, et - paradoxalement - sa maladie, et l'aide complice d'une jeune fille (Fanny Valette), panseront ses blessures enfouies.
14 nov. 2018
5/10
7 0
Le sujet d'Alzheimer est plutôt bien amené et aborde le vrai problème d'Alzheimer : le lien entre les proches et le malade. Mention spéciale à P. Chesnais et surtout F. Valette qui sont très attachants et nous font vivre un beau moment.
Par contre le jeu d E. Chesnais est très décevant et même dérangeant à certains moments.
Tout est surjoué... Même au moment du salut final on avait l'impression que ça la "gonflait" d’être sur scène... C'est vraiment dommage car du coup c'est ce qui reste en tête a la sortie.
12 nov. 2018
9/10
14 0
On nous inquiète en long, en large et en travers à propos de la menace que représente la maladie d'Alzheimer.

François Archambault a renversé les codes. Certes Edouard, prestigieux professeur d’histoire à l’université, a perdu la faculté de la mémoire de court terme mais rien de sa capacité d'analyse et a des éclairs de perspicacité. Lorsque son gendre prétend avoir pris une année sabbatique il rétorque qu'à quarante ans on appelle cela un burn-out. Certes il entre dans des furies mais il offre de beaux moments de complicité. Il faut le voir faire griller des chamallows. Certes il est souvent fatigué et prompt à divaguer dans la campagne mais il sait écouter les confidences. Certes il a des pensées obsessionnelles mais il peut concéder leur remise en question.

Les caractéristiques médicales de la maladie d'Alzheimer sont présentes. Mais il est tout de même amusant de noter que lorsqu'elle touche une personne extrêmement cultivée (ici un professeur d’histoire à l’université) les dégâts sont moins visibles puisqu'elle n'altère pas la faculté d'entretenir une conversation qui peut avoir du sens. L'homme a une phénoménale mémoire des dates et il est capable de tenir des heures sur des sujets comme le règne d'Akhenaton, marqué par la révolution des dogmes égyptiens ancestraux.

Si le patient fait preuve d'un certain humour comme c'est aussi le cas d'Edouard, on peut goûter de savoureux moments, par exemple lorsqu'il raconte sa première journée d'enseignant à l'université. Et si l'individu fait preuve aussi d'un minimum de malice il usera de je ne sais pas pour faire passer ce qu'il ne veut pas, en vertu de l'adage qu'il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Patrick Chesnais est confondant de naturel et le public se régale à suivre ses joutes oratoires. L'homme s'exprime désormais sans filtre et la vérité sort brutalement de sa bouche. Il nous livre une interprétation toute en tendresse de cet homme qui oublie qui il est mais pas ce qu’il est.

Il n'a pas tort bien sur. Nous sommes nombreux à estimer comme lui que les gens ne lisent plus et ne réfléchissent plus. Que les sensations ont supplanté la réflexion. On like à tour de pouce, sans songer aux conséquences et si on n'existe pas si on n'est pas sur Amstragram (on rit de la confusion avec Instagram). On partage son opinion : la révolution est devenue numérique.

Comme il est malin d'avancer l'hypothèse que son cerveau aurait peut-être tiré le rideau face à la bêtise humaine.

Le sujet n'est pas nouveau mais il est traité avec une certaine originalité à la manière d'un thriller psychologique avec une direction d'acteurs très fine que l'on doit à Daniel Benoin. Madeleine (Nathalie Roussel), son épouse, craque et réclame le droit à prendre de l'air, avec le risque qu'elle ne finisse par respirer définitivement ailleurs, ce qui, après tout ne serait pas une mauvaise chose tant elle est effrayante quand elle exprime ses pulsions négatives à l'égard de son mari : j'ai juste envie qu'il meure, j'ai hâte qu'il crève !

La fille (Emilie Chesnais) prend le relai car le bonhomme, bien que n'ayant rien perdu de son intelligence, a besoin d'une surveillance étroite. Elle aussi a sa vie à mener et son aide est loin d'être sans faille. Alors elle délègue à Patrick (Frédéric de Goldfiem), son nouveau compagnon, plein de bonne volonté mais vite repris par ses démons, à savoir sa passion du jeu. Il va donc devoir s'appuyer sur une personne ressource et ne trouve rien de mieux que de demander à sa fille (Fanny Valette), laquelle est en difficulté d'insertion professionnelle, de jouer la baby-sitter, ce qu'elle accepte contre de l'argent.

Ce jeu de balle chaude donnerait le tournis à quelqu'un de bien portant. Edouard fait heureusement preuve d'une certaine placidité et accepte de bon coeur la valse de ses accompagnateurs. Sa mémoire étant défaillante chaque instant est nouveau et il faut souvent reprendre les présentations. On appréciera le second degré quand Edouard, Patrick dans la vraie vie, ne parvient pas à mémoriser le prénom de l'ami de sa fille, alors que c'est le même que le sien. Egalement de voir Patrick et Emilie père et fille sur scène comme dans la vraie vie.

L'auteur établit un parallèle intéressant entre la propagation de la culture de masse, étouffante, et celle du phragmite commun, une grande graminée robuste et traçante, extrêmement colonisante qui tue la diversité de la flore partout où il s'installe. Le plateau est d'ailleurs littéralement envahi par ces roseaux qui jouent le rôle d'une métaphore esthétique. Et l'usage de la vidéo renforce le phénomène.

La bande son agit finement. On entendrait presque fredonner retiens la vie au lieu de Retiens la nuit à chaque fois que résonne la musique du grand succès de Johnny Hallyday.

Ce qui est original c'est qu'il n'y a pas de vrai rôle principal. Chaque personnage compte et tente d'être maitre de sa trajectoire.

Rien ne se passe donc comme le spectateur imagine jusqu'à la fin où Edouard accepte la situation sans plus en souffrir, allant jusqu'à cette confidence à la jeune fille dont il s'est fait une amie et qui aurait pu être son enfant : Je m'excuse d'avoir essayé d'arrêter de penser à toi.

Son dernier cri : Je m'en fous ! J'ai envie d'oublier de toute façon, peut être entendu comme un signe de sagesse ... Entre rires et larmes, tu te souviendras de moi, nous raconte que même lorsque la mémoire s’efface, le principal reste.
12 nov. 2018
7/10
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Que d’émotions dans cette pièce sans doute grâce à la délicatesse et la pudeur qui se cachent derrière l’humour avec lequel François Archambault a traité ce sujet. Ça nous interpelle parce que tout le monde risque d’être confronté directement ou indirectement à la maladie d’Alzheimer. Même si le jeu des acteurs est inégal, on est touché par cette histoire.

Quand la mémoire vient à disparaitre seul le corps reste. L’excellent Patrick Chesnais est criant de vérité dans ce personnage sans avenir qui vit le présent en oubliant le passé. Enfin Fanny Vallette est touchante dans le rôle de « Bérénice » et, comme elle, on a la larme à l’œil à la fin de cette bouleversante comédie.
19 sept. 2018
6,5/10
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La maladie d’Alzheimer est traitée ici sous forme de comédie. Les spectateurs viennent pour voir Patrick Chesnais et ils ont bien raison. Son élégance et son jeu si naturel en font un personnage attachant et très agréable. C’est d’ailleurs essentiellement lui qui fait rire l’auditoire.

L’histoire est originale et l’on ne s’ennuie pas, même si cela finit par tourner un peu en rond. Fanny Valette est excellente également et le duo fonctionne parfaitement. C’est d’ailleurs leur relation assez étrange qui est au centre de l’histoire. On regrettera peut-être la présence de certains personnages peu ou pas assez développés, en particulier la fille de Patrick Chesnais (à la ville comme à la scène) dont le rôle reste assez flou.

Dans l’ensemble on passe un bon moment mais sans en garder un souvenir (sans mauvais jeu de mots) impérissable.
18 sept. 2018
7,5/10
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J'étais enthousiaste à l'idée de voir cette pièce et je n'ai pas été déçue.

La maladie d'Alzheimer traitée sous forme de comédie : j'ai trouvé P. Chesnais très convaincant dans son rôle ; les autres acteurs jouent également très bien, avec une mention pour la jeune F. Valette.
Un spectacle qui rend un bel hommage à la vie.
18 sept. 2018
7,5/10
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On ne dit jamais son nom et pourtant on la reconnait rapidement... Cette maladie qui altère la personnalité des gens, qui détruit les souvenirs en commençant par les plus récents... Elle a une place centrale dans cette histoire de Patrick Archambault et adaptée pour le théâtre par Philippe Caroit.

Nous partageons un moment de le vie d'Edouard et de sa famille. Edouard est un celèbre professeur et historien à la retraite qui démontre volontiers et avec une certaine lucidité que le monde moderne n'est pas bon pour l'humain car trop d'info tue l'info. Il a une mémoire exceptionnelle des dates, les dates de guerre surtout, les changements de régime... Mais Edouard ne se souvient pas de ce qu'on vient juste de lui dire...

La pièce est construite sur Edouard et sa maladie et il fallait un comédien de talent pour incarner ce grand homme qui perd ses capacités à vivre dans le même monde que sa famille : Patrick Chesnais est l'homme qu'il faut pour ce rôle à la fois fragile et bouleversant mais aussi drôle et colérique. Nous voyons comment la maladie mine un homme et son entourage, leurs souffrances et leurs déchirements. Cependant le ton n'est pas larmoyant, on n'est pas dans le pathos. On est plutôt dans des situations qui peuvent faire rire ou émouvoir. Néanmoins, la pièce nous interroge directement sur comment réagirerions nous si nous perdions petit à petit notre relation au monde réel ou si ça touchait un de nos proches.

Patrick Chesnais est parfaitement entouré par une jolie brochette de comédiens : Nathalie Roussel qui joue sa femme, Fanny Valette (?), Frédéric De Goldfiem (le compagnon de sa fille) et Emilie Chesnais (sa fille). Il faut noter que le personnage joué par Fanny Valette est particulier, vous le découvrirez en voyant le pièce. J'ai beaucoup aimé son jeu.

La mise en scène de Daniel Denoin avec ses projections floutées nous donne l'impression d'être dans la confusion de l'univers mental d'Edouard, c'est réussi ! Un léger bémol cependant : on aurait gagné à resserrer un peu la fin de la pièce qui tarde un peu à arriver.

Le public fait une ovation aux comédiens et plusieurs spectateurs ont les yeux humides tout comme les comédiens.
Un beau moment de théâtre.
17 sept. 2018
7/10
25 0
La maladie recouvre bien des formes différentes. Mais lorsque celle-ci s’attaque aux souvenirs, c’est véritablement à l’identité de la personne qu’elle s’en prend. Adaptée de la pièce du Québécois François Archambault, « Tu te souviendras de moi » met en lumière, dès son titre, cette maladie de l’oubli.. Une maladie omniprésente sur scène et pourtant à aucun moment nommée. Au demeurant, est-ce vraiment la peine ?

Édouard, éminent professeur d’université à la retraite, voit ses souvenirs lui échapper. Lucide sur son état, il semble vouloir se raccrocher au passé, seules flammes encore apparemment vives dans son esprit, pour oublier qu’il ne vit déjà plus dans le présent. Si le sujet est grave, le texte se garde d’adopter un ton moralisateur. La fuite de la mémoire est abordée sans périphrase, mais avec un certain doigté. Elle se perçoit même jusque dans le décor, s’incarnant tant dans ces vidéos floues ne laissant apparaître que quelques bribes d’images que dans ces rangées de roseaux réduisant l’espace scénique, à l’instar de cet oubli grignotant inexorablement la mémoire.

Si la souffrance, tant celle du malade que celle de l’entourage, est au cœur de cette pièce, cette dernière préfère l’émotion à la gravité. Bien sûr l’issue est tragique, mais l’histoire ne s’interdit pas l’humour. Un humour convenu, reposant essentiellement la nécessité pour le personnage d’Édouard de poser inlassablement les mêmes questions, mais un humour présent. Un humour triste, au final, car après le rire, vient la réflexion. Celle qui nous ramène à notre réaction face à la maladie des autres ou à notre peur face à notre propre dégénérescence. On ne parvient jamais totalement à la dédramatiser.

Le texte, bien que sérieux, est intéressant, car au-delà d’un mal humain, il n’hésite pas à pointer du doigt les maux de l’humanité. L’individualisme, l’image de soi, la généralisation du numérique, la folie de l’Homme. En substance, un passage de la pièce résume bien ce dernier point. Édouard se rappelle combien il aimait voyager en avion. Ce qu’il préférait c’était s’installer près d’un hublot, la nuit, et contempler les villes, émerveillé devant le génie qu’il faut pour réaliser les autoroutes, les ponts, les immeubles … Après sa longue contemplation, son regard revenait alors dans la carlingue et là, observant ses congénères, le génie humain s’évaporait …

Une pièce à thématiques multiples servie par une belle distribution. Fanny Valette, Nathalie Roussel, Emilie Chesnais et Frédéric de Goldfiem sont d’une belle justesse. Quant à Patrick Chesnais, il est impérial dans son rôle. Quel comédien !

Au final, suis-je totalement entré dans l’histoire ? Non, j’ai trouvé la dernière demi-heure, moins passionnante que le reste de la pièce. Toutefois, « Tu te souviendras de moi » n’en demeure pas moins une pièce bouleversante.
8,5/10
9 0
... Une pièce au sujet traité avec élégance et discrétion. Un spectacle agréable où le rire se fait sourire et où l’émotion jaillit par moments, admirablement interprété.
13 sept. 2018
8/10
65 0
Il a la mémoire qui flanche,
Il n'se souvient plus très bien !
Et pour cause...

Le personnage principal de cette comédie douce-amère de Patrick Archambault, adaptée par Philippe Caroit, c'est la maladie.
Alzheimer.

Edouard est ce célèbre professeur d'université, historien émérite à la retraite, bourru, un rien cynique, misanthrope, qui ne comprend pas tellement le monde actuel.

La mondialisation, Facebook, Youtube, « Am stram gram », très peu pour lui.

Lui, il n'a pas son pareil pour retenir les dates, les dates de guerre, surtout.
En revanche, le reste, tout le reste, le quotidien, tout se délite...
Sa mémoire le lâche, irrémédiablement, définitivement, insidieusement, en raison de la dégénérescence du tissu cérébral.

Edouard, c'est Patrick Chesnais.
Autant l'écrire tout de suite, la pièce est bâtie autour de lui.

D'ailleurs le public n'est pas dupe. Témoin cette spectatrice, devant moi, dans le hall du éthâtre des Variétés : « Nous, on vient pour Patrick Chesnais ! ».

C'est un bonheur de le voir interpréter cet homme qui petit à petit, perd la faculté de se projeter dans le passé et le futur.
Je n'apprendrai rien à personne, son jeu, ses intonations, ses ruptures, son air de personnage faussement dilettante, tout ceci relève du grand art.

Daniel Denoin, le metteur en scène, annonce tout de suite la couleur.
M. Chesnais et Nathalie Roussel, qui incarne son épouse, apparaissent face au public, avec pour tout décor des cyclos blancs dans le dos.
Cette scène d'exposition, (dont je me garderai bien de révéler la teneur), très pertinente, très maligne, va permettre d'exposer et de comprendre la problématique.
Son évocation reviendra tout au long de la pièce, comme un leit-motiv.

Cette problématique principale, c'est l'oubli.
L'oubli dû à cette saleté de maladie.

Certes. Mais pas que.

Certains oublis sont volontaires.
Des oublis plus ou moins assumés, parce qu'un drame familial est survenu, et qu'il est souvent pratique de vouloir tenter de l'effacer de ses neurones, ce drame.
L'oubli permanent qui affecte de plus en plus nos sociétés que l'on dit, que l'on croit modernes.
L'info qui en chasse une autre, immédiatement, effaçant la précédente.
Oui, ce thème est omniprésent dans cette pièce.

Outre celle de Patrick Chesnais, j'ai beaucoup aimé l'interprétation de Fanny Valette.
La comédienne insuffle à ce personnage de toute jeune fille qu'est Bérénice (et là non plus, ne comptez pas sur moi pour vous révéler les liens qui l'unissent aux autres rôles), elle insuffle donc une vraie fraîcheur, un dynamisme, une ingénuité certaine mais aussi une forme de rouerie.
Elle est épatante.

Alors oui, nous rions beaucoup.
Parce que bien des situations découlant d'Alzheimer s'y prêtent.
Mais souvent, beaucoup d'émotion se dégage.
Patrick Chesnais déclenche souvent l'hilarité de la salle, mais ils est également et très souvent bouleversant.

Bien entendu, la double énonciation fonctionne à merveille : combien sommes-nous à nous dire « Mais qu'est-ce que je ferais, moi, si ce drame frappait un membre de ma famille ? ».

La représentation est saluée d'applaudissements nourris, et ce n'est que justice.

Au fait, les phragmites, qu'est-ce que c'est ?
Au fait, on s'connaît ?