Critiques pour l'événement Trahisons, Roschdy Zem, Michel Fau
24 févr. 2020
4,5/10
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Trahisons c’est un l’histoire d’un trio amoureux montée à rebours : on revient sur les moments clés d’un couple Emma (Claude Perron) et Robert (Michel Fau) pour expliquer leur séparation. On remonte dans le passé pour explorer leur relation de couple et comprendre comment Emma a succombé au charme de Jerry, le meilleur ami de Robert.

Tout était réuni pour un très bon moment : Le plaisir de découvrir Roshdy Zem sur scène, la magnifique Claude Perron, un texte que j’apprécie d’Harold Pinter et Michel Fau à la mise en scène, ce Trahisons avait tout pour plaire… Mais voilà le soufflé retombe avant même d’être servi.

Il y a d’abord ce côté trop froid, trop lisse, trop sage pour un Pinter, sans doute le metteur en scène a-t-il voulu donné un aspect (trop) sophistiqué qui ne passe pas. J’avoue ne pas avoir compris le choix de Michel Fau de nous proposer des personnages très (trop) stylisés, surtout pour Emma qui n’est que froideur alors qu’elle a un amant dont elle est très amoureuse. Les scènes de retrouvailles des deux amants sont mornes et plates.

Face à elle, Roshdy Zem que j’apprécie beaucoup au cinéma, et que je découvrais sur les planches, fait aussi pâle figure. Sa voix part très régulièrement dans des aigus que nous lui connaissons pas, est-ce le tract si sa voix n’est pas posée comme les films ? Ce genre de détail se travaille il me semble.
Autant, j’ai apprécié les lumières de Joël Fabing qui suggèrent des ambiances, autant j’ai trouvé que les éléments de décor apportés puis déplacés pendant de nombreux noirs plateau et qui s’entassent en fond de scène n’apportent pas grand-chose à la mise en scène.

Voilà ce Trahisons est grande déception pour moi mais faites-vous votre avis afin que nous ne débattions.
19 févr. 2020
4/10
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Ha, Michel Fau ! Si vous me suivez un peu, vous connaissez ma relation tumultueuse avec cet artiste : le coup de foudre initial porté par des merveilles telles que Demain il fera jour ou Un amour qui ne finit pas s’est soldé par un divorce brutal lorsque j’ai vu Fleur de Cactus. J’ai bien essayé de renouer avec ce créateur que j’avais tant aimé mais mes diverses tentatives se sont toutes soldées en échecs. Mais je continue d’y croire, sans doute portée par le souvenir d’une esthétique et d’une théâtralité avec lesquelles j’étais en harmonie complète – et que je ne retrouve toujours pas dans ces Trahisons.

Qu’elle est belle cette pièce de Pinter qui revient dans le temps pour recomposer les détails et les discussions qui ont mené à la situation actuelle d’une séparation entre deux époux, Emma et Robert. On revient plusieurs années en arrière dans la vie des deux époux, et on comprend petit à petit comment leur mariage a tourné ainsi, quelle relation elle a entretenu avec Jerry, le meilleur ami de Robert devenu son amant, et comment ils se sont tous un peu trahis les uns les autres…

Il y a sans doute une grosse erreur qui plombe le spectacle et sans qui, peut-être, j’aurais pu passer un moment plus que correct. C’est une erreur de casting, et elle porte le nom de Roschdy Zem. J’étais pourtant super emballée devant cette proposition, parce que Roubaix une lumière, parce que Persona non grata, parce que découverte de cet comédien au théâtre, parce que ça pouvait marcher. Mais allez savoir pourquoi, ça ne fonctionne pas. Roschdy Zem est une coquille vide. Ses répliques se suivent et se ressemblent sans la moindre incarnation. Pire, il semble absent dès qu’il finit de parler, comme s’il se concentrait pour ne pas oublier sa phrase suivante.

Difficile pour sa partenaire Claude Perron de s’accrocher à une telle prestation. Est-ce pour cela que Michel Fau la dirige de manière aussi froide ? Son personnage, qui devrait quand même faire preuve d’un minimum de désir et de chaleur pour son amant, est glacial. Son jeu, trop stylisé, aurait pu être intéressant s’il n’était pas que stylisé. Résultat : les scènes entre les deux amants passent trop lentement et l’ennui s’installe. Pour essayer de pallier ce problème, le metteur en scène a tenté de monter certaines scènes avec des accents de boulevard, perdant tout le mystère, l’ambiguïté et la perversité propres à ces trahisons qui deviennent alors bien plates. Dommage car Michel Fau, lui, avait su adopter le bon ton.

Différemment entouré, cela aurait donné un tout autre spectacle ; j’aurais même pu me laisser convaincre par la mise en scène de Fau. Certes, j’ai trouvé les lumières trop agressives – on les connaît ces lumières radicales qui lui sont chères, et je dois même dire que je les ai beaucoup aimées avant mais là, peut-être était-ce dû à la mayonnaise qui ne prenait pas, mais je les ai trouvées justes radicales et comme déconnectées du spectacle dans son ensemble. Mais je dois dire que j’ai trouvé le décor très malin, cette reconstitution du puzzle comme des représentations des souvenirs des amants et des époux qui s’entremêlent au fil des révélations, c’est à la fois visuellement très réussi et très parlant. Une très chouette idée !
31 janv. 2020
5/10
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Malgré son casting *** , la mise en scène annoncée de Michel Fau et le texte d'Harold Pinter ... L’absence d'enthousiasme du public au lever de rideau final en dit long. Le public est plus que partagé...

Parce qu'il manque certainement, malheureusement, un grain de folie dans tout ça... les acteurs font le job et l'idée de commencer la pièce par sa fin est astucieuse mais le décor est à l'image de la pièce... bien fade ! Les acteurs sont presque trop dans la retenue... On aurait tant aimé être emportés par ces acteurs là ...
P B
30 janv. 2020
6/10
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Un vaudeville ... mais revisité... difficile d'en dire plus sans spoiler.

Très original avec 3 très bon acteurs et des jeux de scène et de lumière sophistiqués. J'ai aimé. Je pense que ça ne plaira pas à tout le monde.